Présidentielle en Guinée : Alpha Condé pourrait passer dès le 1er tour…

Election présidentielle en Guinée
Alpha Condé, président de la République de Guinée
Alpha Condé, président de la République de Guinée

CONAKRY- Au Pouvoir en Guinée depuis 2010, Alpha Condé, 82 ans, qui a brigué un troisième mandat très controversé lors de la présidentielle du 18 octobre 2020, arrive largement en tête, selon les résultats provisoires partiels proclamés officiellement par la commission électorale nationale indépendante (CENI), mais contestés par Cellou Dalein Diallo qui revendique sa "victoire".

Les résultats de 37 sur les 38 circonscriptions électorales que compte le pays sont connus. Il ne reste que la circonscription électorale de Mamou qui a moins de 145.000 électeurs et les résultats du vote dans deux pays à l'étranger (Gambie, RDC). Mais même avec le cumul de voix de ces trois circonscriptions qui restent, Alpha Condé ne peut plus être rattrapé par ses adversaires.

L'octogénaire arrivé au pouvoir en 2010 en Guinée, a récolté près 2.5 millions de voix contre environs un millions trois cent-mille pour son rival Cellou Dalein Diallo (vainqueur autoproclamé du scrutin). Le candidat du RPG Arc-en-ciel qui dispose d'une marge largement suffisante pourrait passer dès le 1er tour, si l'on se fie aux résultats officiels jusque-là publiés par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Alpha Condé a littéralement battu ses adversaires dans ses fiefs en Haute Guinée avec des scores à la soviétique, mais également en forêt. Toutefois, dans certaines villes de la basse Guinée il était coude à coude avec son rival Cellou Dalein Diallo, qui, du moins reste toujours le maitre dans ses fiefs traditionnels, en moyenne Guinée. 

Des résultats sur fond de contestations 

Les résultats publiés par l'organe électoral sont contestés par l'UFDG et son alliée l'ANAD (alliance nationale pour l'alternance démocratique) qui revendiquent la victoire de son candidat Cellou DALEIN DIALLO avec 53% des suffrages.

Les résultats povisoires globaux sont attendus ce vendredi 23 octobre 20 alors qu'au sein même de l'institution électorale, la sérénité n'y est plus de mise. La preuve : deux commissaires de l'institution se sont retirés du processus de totalisation des voix. Ils dénoncent des anomalies graves

Accoutumée des manifestations violentes souvent réprimées dans le sang, la Guinée est plongée dans une crise postélectorale qui était prévisible. L'escalade des violences ces dernières 48heures a atteint un seuil inquiétant. Notamment lorsque la répression sanglante de la contestation contre les résultats partiels de la présidentielle a touché des enfants. Des morts par balles jonchent le long de la route le Prince, réputée favorable à l'opposition. Signe apparent du pourrissement de la situation et surtout de la montée des violences, ce jeudi soir, le Gouvernement a réquisitionné l'armée pour venir en appui à la police et à la gendarmerie dans le maintien d'ordre.

Focus

Créé le Vendredi 23 octobre 2020 à 4:16