Conakry: Le difficile quotidien des vendeuses de fruits le long des routes…

Reportage
Mama Adama Bangoura  à côté de son étal
Mama Adama Bangoura à côté de son étal

CONAKRY-De nos jours, elles sont nombreuses ces femmes confrontées à de véritables difficultés dans leurs différentes activités, notamment dans l'informel. C'est le cas de celles qui exercent le commerce des fruits le long des routes de la capitale guinéenne, Conakry. Mama Adama Bangoura en est une illustration.

Agée d’une cinquantaine d’années, cette mère de famille vend toutes sortes de victuailles depuis 8 ans à Entag dans la commune de Matoto. Elle s'assoie au bord de l’autoroute Fidel Castro. Elle se dit consciente du danger qu’elle encoure, mais faute d’alternative, elle est obligée de vendre des oranges, ananas et concombres au bord de la route, pour subvenir aux besoins de sa famille et payer la location.

«Avant, je vendais des bananes et des mangues. Aujourd’hui, nous souffrons beaucoup à cause de la hausse du prix du transport. On est obligeé de vendre maintenant des concombres, des ananas et des oranges au bord de la route. Mais, comment faire puisqu’il n’y a pas de place dans le marché. On s’assoit ici la peur au ventre, mais on n’a pas le choix parce que je dois subvenir aux besoins de mes 10 enfants et assurer leur scolarité. Certains sont à l’école primaire et d’autres à l’université. Chaque matin, je laisse mon mari malade à la maison pour venir vendre au bord de la route. C’est vraiment difficile. Sinon, nous aussi on connait que c’est un danger avec les accidents de la route. Mais, on nous a déguerpies là où on était au marché pour construire des boutiques. Donc, on n’a pas où aller sinon, on ne peut pas rester ici jusqu’à ce qu’un véhicule vienne nous tuer. Les services de sécurité nous ont déguerpis ici à plusieurs reprises mais on est là», explique Mme Bangoura.

Malgré cette situation de la crise économique liée à la Covid-19 dans le pays, cette mère de famille se démarque tant bien que mal par son activité qui lui permet d’assurer la prise en charge scolaire et alimentaire de ses dix enfants et de son mari alité à la maison.  

 «Avant le prix d’un sac de concombre était à 100 mille Gnf. Actuellement, c’est à 300 milles Gnf. Comment faire pour gagner de l’argent ? On fait deux jours entre Conakry et Kindia, la marchandise pourrie. Avant on pouvait revendre à 1000 francs guinéens un gros tas. Aujourd’hui, c’est carrément impossible.  Le matin, je sors à 6 heures pour venir vendre.  Mais, je rentre à la maison à 17 heures, sans avoir vendu un sac de fruits. Mes clients qui achetaient avant 10 mille, aujourd’hui, ils ne paient que 2000 Gnf. Cela nous inquiète et on se demande quoi faire. Je nourris, habille mes enfants et paye le prix de la location grâce à ce commerce-là. Depuis l’arrivée de Coronavirus, nous avons peu de clients. Si cette situation continue on va mourir de faim avec nos enfants», témoigne-telle interpellant le gouvernement à réduire le prix du transport en levant l’Etat d’urgence sanitaire et réaménager le marché.

Même cri de cœur chez cette nourrice qui confie qu'elle enregistre des pertes fréquemment dans ses activités de vente.

 «Le prix des fruits est vraiment cher. C'est comme si on les importait alors que ce n'est pas le cas. Tout est cultivé ici. Actuellement, les agriculteurs récoltent les fruits avant leur maturité et on n’accepte pas qu’on achète par sac. Les ananas, actuellement on nous vend par unité. On négocie 1 petit ananas immature à 4000 pour venir revendre à 500 mille francs. La route est très mauvaise. Le transport est très cher, on paye le double. On nous dit confinement et le gouvernement continu à faire la campagne. Donc, je demande au Président Alpha Condé de nous aider…», a lancé Fatoumata Soumah.

Bah Ayissatou

Pour Africaguinee.com

Tél : (+224) 655 31 11 14

Créé le Lundi 28 septembre 2020 à 14:58