Conakry: Douleur et consternation dans la famille de N’Famoussa tué par balle…

Insécurité à Conakry
Aissatou Camara la veuve de N’famoussa Soumah
Aissatou Camara la veuve de N’famoussa Soumah

CONAKRY-Vives consternations à Sonfonia après le meurtre de N’Famoussa Soumah, un pêcheur âgé de 36 ans et père de 4 enfants. Des proches du défunt accusent trois hommes armés encagoulés venus à bord d’une moto, d’avoir ouvert le feu sur la victime.  N’Famoussa Soumah était au mauvais moment et au mauvais endroit. Ce jeune pêcheur était en communication au téléphone lorsqu'on lui a tiré à la tête.  Sa mère et femme sont inconsolables. Nous les avons rencontrés à Sonfonia. Elles réclament justice.

Habillée tout en blanc, la veuve de N’famoussa Soumah allaite son bébé de trois mois. Aissatou Camara est sous le choc de la perte de son bien-aimé après seulement 10 ans de vie commune. La nourrice exprime sa douleur.

« Mon mari m’a laissé à la maison en me disant qu’il arrive.  Après on m’informe que des bandits l’ont tué par balle. Du coup j’ai piqué une crise et je suis tombée.  Il se débrouillait et nous sommes en location. Il allait pêcher du poisson en mer pour subvenir à nos besoins. Actuellement mon cœur saigne, parce que depuis qu’on a tué mon mari, je suis malade. J’ai pris des médicaments pour calmer la douleur, mais je ne me sens pas bien. Mon cœur bat très fort. Il m’a laissé avec des petits enfants et je n’ai pas de moyens pour prendre soin d’eux. Je ne sais pas comment faire. On a tiré sur mon mari alors qu’il n’a rien fait. Je demande à Dieu de nous rendre justice.  Je me remets à Dieu. Je demande au gouvernement de faire une enquête pour retrouver les coupables et m’aider à élever mes enfants », a lancé Aissatou Camara, en sanglot.  

 

En larmes, madame Fatou Bangoura la maman du défunt se souvient de la dernière fois qu’elle a parlée avec son fils. « Toute la famille comptait sur l’aide de mon premier fils. Aujourd’hui on l’a tué. J’ai mis au monde N’Famoussa mais c’était un l’enfant de tout Sonfonia à cause de son comportement. J’ai vu du monde derrière lui quand on l’a tué, j’ai compris combien de fois les gens l’aimaient ici. Mon fils m’a soutenue et aimée plus que tout au monde (pleure…) quand je tombe malade, je viens chez lui pour mes soins. A la veille de sa mort, il est allé chez moi, il a dit maman je n’ai pas d’argents, prend les 30 mille francs là pour ta dépense mais c’est petit.  Je lui dis l’argent que tu me donnes c’est des millions mon fils et quand je vois combien de fois tu t’occupes de la famille ça me va droit au cœur.  Nous avons rigolé ensemble ce jour. Ce qu’il a fait pour moi c’est trop je ne peux pas citer. Il n’est pas riche mais sa femme allait chez moi pour laver mes habits, me nourrissait et m’habillait. Tout le monde savait que si tu voulais t’entendre avec lui il fallait passer par moi », s’alarme-t-elle. 

 

Comment N’Famoussa Soumah a été tué par balle ?

Sur les circonstances du meurtre, le beau-frère du défunt a témoigné que c’est un groupe de bandits armés venus à bord d’une moto. Après avoir cambriolé une boutique Orange Money, ils ont tiré à bout portant sur N’Famoussa aux environs de 20 heures à Sonfonia. Il a rendu l’âme sur place.

« Le jour de son décès, je l'ai appelé pour lui demander les nouvelles de ma sœur. Il m’a dit qu’il n’est pas à la maison mais il est assis avec des amis au bord de la route. Après dix minutes, un petit est venu en courant en me disant qu’on a tiré sur lui. Je me suis rendu directement là-bas pour voir. J’ai trouvé qu’ils ont transporté le corps. Donc j’ai demandé des témoins qui m’ont expliqué ce qui s’est passé. On m'a dit qu’on a tiré sur lui, la balle l'a atteint au niveau de la tête et il est mort sur place. Ce sont des bandits encagoulés qui ont attaqué une boutique Orange Money, après leur opération de cambriolage, ils ont tiré trois coups de fusils. Après le premier coup de fusil, toutes les personnes qui étaient dehors ont pris la fuite.  Le deuxième coup, les bandits ont pris l’argent. Mon beau-frère n’était dans la boutique Orange Money, il parlait au téléphone. Les bandits en sortant pensaient qu'il ’appelait des secours pour les dénoncer alors qu’il ne savait pas. Celui qui détenait l’arme a tiré sur lui. Donc les gens n’ont pas pu identifier les trois personnes qui étaient à bord de la moto », a raconté Mohamed Soumah.   

Selon le beau-frère du défunt, une plainte contre X va être déposée. Des enquêtes ont été ouvertes par les services de police qui se sont déjà rendus en famille. 

« Nous réclamons la justice, parce qu’on ne peut pas venir tuer comme ça un innocent comme un animal. On a besoin de la justice. La plainte est en cours », a-t-il dit.

Bah Aissatou

Pour Africaguinee.com

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Créé le Dimanche 27 septembre 2020 à 16:02

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