Obtention du passeport : un vrai "casse-tête" pour les guinéens de la diaspora…

Diaspora guinéenne
Image d'illustration
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PARIS- L’obtention ou le renouvellement du passeport est un véritable "casse-tête" pour les guinéens de la diaspora. Pourtant faute de ce fameux sésame, certains ne peuvent ni avoir un titre de séjour, ni obtenir un travail encore moins voyager pour une destination quelconque.

Depuis la France où il vit, Kalil Kourouma se décrit comme «un prisonnier à ciel ouvert».  Interrogé par Africaguinee.com, ce ressortissant guinéen basé dans l'hexagone a expliqué les difficultés auxquelles les guinéens sont confrontés.

 «Le coronavirus m’a empêché d’aller en Guinée pour renouveler mon passeport qui a expiré au mois d’avril. C’est compliqué. Il n’y a pas que moi, il y a beaucoup d’autres guinéens qui sont dans cette situation. Maintenant, je ne peux pas prendre un avion pour aller en Guinée parce que mon passeport n’est plus valide. Pour renouveler son passeport, il faut obligatoirement se rendre en Guinée avec tous les aléas liés à cette démarche comme le coût du billet d'avion aller-retour, la demande de congés auprès des employeurs qui ne sont souvent pas réceptifs à ces demandes inopinées. Donc, il y a un risque de perte d’emploi... Conséquences, sans passeport valide, pas de titre de séjour, pas de travail, impossibilité pour la personne de prendre un avion même au sein de l’Union européenne à plus forte raison vers l’Afrique ou une autre destination. Le manque de passeport nous plonge dans une situation de catastrophe avec le sentiment d’être dans une prison à ciel ouvert, car ne pouvant rien faire désormais».

 Poursuivant, Kourouma interpelle les autorités guinéennes. «On ne demande pas à l’Etat guinéen de déplacer s'il le faut, l’Océan atlantique, mais il faut juste donner à ses citoyens le droit le plus élémentaire qui est celui de l’acquisition ou le renouvellement d’un passeport. Depuis 2017, les Guinéens de France attendent ces fameuses opérations d’enrôlement pour la délivrance des passeports, sans succès. On nous apprend qu’il n’y a pas d’argent. Or, ici en France, un passeport coûte 150 euros soit plus d’1 million 500 mille Gnf. Faisons un calcul élémentaire, pour enrôler ou délivrer un passeport biométrique à 2000 personnes à raison de 150 euros l’unité, cela nous donne 300 000 euros soit plus de 3 milliards Gnf. C’est beaucoup de sous, surtout quand on sait qu’il faut 500 000 GNF (environ 50 euros) pour avoir le même passeport en Guinée, la différence est sans appel. Mais là n’est pas le problème, on ne fait pas là une comparaison entre les guinéens. On demande tout simplement un droit celui d’avoir nos passeports partout où nous sommes », crie ce guinéen de la diaspora.

 Kalil Kourouma dénonce aussi le manque d'équité. «Il y a un autre détail dont je voulais partager avec vous, c’est la ‘’sélection’’ par le gouvernement dans la délivrance des passeports. En effet, personne ne s’est posé la question de savoir pourquoi les guinéens des Etats Unis ont subitement arrêté de réclamer les passeports ? Parce que tout simplement, lors de la dernière visite du président Alpha Condé aux USA en 2019, il a décidé de faire enrôler ces guinéens, tant mieux pour eux. Mais, la question est de savoir pourquoi eux et pas nous ? Y a-t-il une classification de guinéens ? Si oui, sur quelle base ? Si non, pourquoi cette sélection ? Sommes-nous des sous-guinéens ?», s’interroge-t-il.

 Sur la question, le conseiller chargé des questions de la diaspora et des carrières internationales au ministère des Affaires étrangères a rassuré que des mesures sont en train d’être prises pour faire face à ce problème.

«Il y a des dispositions en cours pour soulager les compatriotes dans leur quête de passeport. Dans les prochains jours, on va communiquer un plan où les équipes seront déployées en vue d’enrôler le maximum de compatriotes qui sont dans le besoin. C’est une question très sensible et on comprend toutes les difficultés qu’ils traversent actuellement et ce sont des documents dont l’établissement répond à un certain nombre des préalables mais actuellement des dispositions sont en train d’être prises et dans les prochains jours on aura des annonces à faire sur les prochains pays où les enrôlements seront faits», annonce le conseiller.

 A suivre…

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

Créé le Dimanche 20 septembre 2020 à 22:40