Rackets policiers et dégradation de la route: Des chauffeurs entrent en "débrayage"

Transport inter-urbain
Gare routière de Mamou
Gare routière de Mamou

MAMOU-Extenués par la dégradation de la route et les rackets policiers, certains chauffeurs de taxis qui roulent sur l'axe "Mamou-Conakry", ont décidé garer leurs véhicules. Ce dimanche 16 août 2020, aucun véhicule quasiment n'est sorti de la gare routière de la ville carrefour pour prendre la route de la capitale. Ce qui n'est pas sans conséquence, puisque de nombreux voyageurs ont payé les frais.

Se rendre à Conakry est devenu un vrai calvaire pour les citoyens de Mamou. Les chauffeurs de taxi ont décidé de garer leurs véhicules. Ils dénoncent les rackets des agents de sécurité installés tout au long de la nationale Mamou-Conakry, mais aussi le mauvais état de la route. Ce dimanche 16 août 2020, de nombreux voyageurs qui voulaient se rendre à Conakry, n'ont pas pu trouver de véhicules.

Les passagers qui tiennent forcement à aller sont obligés de payer plus que le prix normal pour avoir le privilège de monter sur les rares taxis qui sortent de Mamou pour Conakry ce dimanche. Pire, les chauffeurs n'arrivent pas à destination. A cause de la dégradation poussée de la route, ils s’arrêtent à Kouria, située dans la périphérie de la préfecture de Coyah. Arrivée-là, chaque passager doit se débrouiller.  

 « Depuis 6h je suis là. Il n’y a pas de véhicules. Les chauffeurs refusent de partir. Plusieurs passagers sont là et d’autres même sont rentrés à la maison. Nous on a été obligé de payer 170.000 GNF et ça aussi c’est jusqu'à Coyah, on n'arrive pas à Conakry. Normalement le prix du transport Mamou Conakry c’est 150.000FG. Mais les chauffeurs profitent de la crise pour augmenter le transport", dénonce ce jeune passager.

Interrogé, un chauffeur de cette gare défend leur position et la justifie par l’état de la route et les rackets sur la route. « C’est avant-hier que j’ai quitté Conakry pour Mamou. On n’a fait 2 jours entiers. La route n’est pas bonne. Les agents nous réclament sur la route plus que ce qu’on gagne dans un voyage. Vraiment on n’aime pas stationner nos véhicules. Mais là, on est obligé car on ne tire aucun bénéfice", explique maitre Alphadio, chauffeur qui fait la navette entre Mamou-Conakry.

Pour le syndicat des transporteurs, plusieurs véhicules sont calés à Coyah. C’est pourquoi, les chauffeurs de Mamou ne veulent pas aller. 

« Plusieurs véhicules sont bloqués vers Coyah. Ils ne peuvent pas passer. Aussi, les gens ne voyagent pas vers l’intérieur du pays. Donc, s’ils partent c’est sans retour. La route est mauvaise et les policiers aussi fatiguent les chauffeurs en les rackettant », avance le secrétaire général du syndicat des transporteurs.

Habib Samake

Correspondant régional

D’Africaguinee.com à Mamou

 

Créé le Dimanche 16 août 2020 à 19:13