CPI : Ce que Me William Bourdon et Cie demandent à Fatou Ben Souda…

Guinée
De gauche à droite, Maître Willam Bourdon, la procureure de la CPI Fatou Ben Souda, et Me Vincent Brengarth, Photomontage Africaguinee.com
De gauche à droite, Maître Willam Bourdon, la procureure de la CPI Fatou Ben Souda, et Me Vincent Brengarth, Photomontage Africaguinee.com

LA HAYE-Nous l’avions annoncé précédemment. La procureure de la Cour Pénale Internationale, Fatou Ben Souda a de nouveau été saisie par les avocats internationaux du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Par cette saisine, le FNDC déclenche « une procédure d’alerte précoce pour l’adoption de mesures urgentes aux fins de la prévention de crimes potentiels ».

Dans un communiqué dont copie est parvenue à notre rédaction ce soir, Maître William Bourdon et Vincent BRENGARTH, indiquent avoir alerté aujourd’hui, en qualité de Conseils des membres du FRONT NATIONAL DE DEFENSE DE LA CONSTITUTION (FNDC), la Cour Pénale Internationale de la tenue prochaine d’une manifestation citoyenne le 20 juillet 2020 et qui doit rassembler des milliers de personnes contre le pouvoir actuellement en place.

Alors que le gouvernement a annoncé ce soir l’interdiction de cette manifestation, les avocats du FNDC  disent avoir attiré « l’attention de la CPI sur le risque de répression policière à l’occasion de cette nouvelle mobilisation et dans le prolongement de la dérive autoritaire à l’œuvre depuis plusieurs années ».

Les forces de l’ordre ont été réquisitionnées pour faire aux fauteurs de trouble, prévient Bouréma Condé, le ministre en charge de l’administration du territoire et de la décentralisation.

Maître William Bourdon et Vincent BRENGARTH  rappellent que « les derniers rassemblements ont en effet donné lieu à des violences inacceptables dans un Etat se revendiquant comme démocratique. La répression des opposants a notamment été dénoncée par l’ONG Human Rights Watch, Amnesty International, la FIDH… L’ONU, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), les Etats-Unis, l’Union européenne et la France ont appelé au respect des libertés ». 

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L’escalade despotique s’inscrit dans l’obstination d’Alpha CONDE de se maintenir à tout prix au pouvoir contre la Constitution et la volonté des citoyens guinéens, soutiennent les avocats qui rappellent qu’en avril 2020, ils avaient saisi au nom et pour le compte du FNDC la CPI sous la forme d’un signalement pour dénoncer les graves violations des droits fondamentaux qui se répètent et s’intensifient en Guinée depuis plusieurs années.

Procédure d’alerte précoce…

« Ayant à l’esprit l’effet dissuasif potentiel et réel que la Cour Pénale Internationale (CPI) inspire, de par son existence même et sa compétence, sur la commission de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, et sa vocation à rendre une justice non pas exclusivement punitive mais aussi préventive, le FNDC déclenche, par la présente, une procédure d’alerte précoce pour l’adoption de mesures urgentes aux fins de la prévention de crimes potentiels », lit-on sur la note annexée au communiqué.  

Selon maitres Maître William Bourdon et Vincent BRENGARTH , l’inertie, l’inaction ou encore les réponses tardives ne sauraient convenir face à la nécessité impérieuse de protection des personnes contre les risques bien réels de violations massives et graves des droits de l’homme, dans un contexte où l’impunité garantie aux auteurs d’atrocités commises ex ante ne fait qu’accroitre la probabilité de la commission ex post de crimes tout aussi atroces.

C’est pourquoi le FNDC, par le biais de ses avocats, attire l’attention de la CPI sur la nécessité d’assurer le suivi de l’évolution de la situation en Guinée en vue de prévenir la naissance de violations graves et massives des droits de l’homme et d’empêcher l’utilisation illégale, abusive et disproportionnée de la force par les forces de sécurité et de défense.

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Les avocats observent que les manifestations qui ont secoué les fiefs du parti au pouvoir n’ont pas fait de victimes. Ce qui, à leurs yeux démontrent qu’un déroulement pacifique est bien possible si les forces de l’ordre font preuve de conduite exemplaire.

« Nous attirons tout particulièrement votre attention dans la perspective de la manifestation devant se tenir le 20 juillet prochain. Nous redoutons en effet une recrudescence de la répression policière à l’occasion de cette nouvelle mobilisation. Il sera observé qu’il y a eu des manifestations hebdomadaires qui se sont tenues dans les fiefs du pouvoir, à Kankan notamment, et qu’aucun mort, aucun blessé n’a été déploré. A Kankan, les forces de défense et de sécurité font preuve d’une conduite exemplaire démontrant qu’un déroulement pacifique est possible », ont-ils observé.

Affaire à suivre…

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Lundi 20 juillet 2020 à 0:11

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