RN1 Mamou-Kindia : l’enfer des voyageurs englués dans le bourbier de Yombokouré…

Transport inter-urbain
Embouteillage de Yombokouré
Embouteillage de Yombokouré

MAMOU-Les usagers de la route nationale n°1 Mamou-Kindia traversent un calvaire depuis plusieurs jours. Un blocus total s’est crée sur les hauteurs de Yombokouré, devenu un véritable goulot d’étranglement. Des centaines de poids lourds remplis de marchandises sont bloqués. Certains sont remplis de bétails embarqués depuis l’intérieur du pays, destination Conakry pour la fête de Tabaski.  De nombreux bœufs meurent dans les camions dans ce bourbier.

Face à cette situation, les commençants tirent la sonnette d’alarme. Amadou Sadjo Bah a passé deux jours dans le bourbier de Yombokouré alors qu’il transportait un camion rempli de bœufs. Ce commerçant affirme avoir été obligé d’égorger sur place quatre de ses vaches qui ne pouvaient plus tenir jusqu’à Conakry.

« De mardi à 1h du matin jusqu’à mercredi à 21h nous étions bloqués à Yombokouré. On était obligé d’égorger quatre (4) bœufs et on a envoyé la viande à Linsan. Un de nos amis avait lui perdu une vache parce qu’elle était morte avant qu’on ne se rende compte. Nous souffrons sur la route, de Kissidougou jusqu’à Conakry, normalement nous qui transportons des bœufs, les autorités devraient nous favoriser en nous laissant circuler 24h/24h mais imaginez avec ce couvre-feu, si les vaches restent trois à quatre jours sans boire ni manger elles vont mourir forcément », a-t-il témoigné.

C’est une période très dure pour les usagers de cette route. La dégradation très poussée de la route sur les hauteurs de Yombokouré a entrainé d’énormes bouchons. Sur les lieux, on dénombre des centaines de camions et des milliers d’autres véhicules transports ou personnels (minibus, taxis, 4×4 et autres) qui pataugent dans la boue. Mais le calvaire ne se limite pas là. Les usagers sont aussi confrontés aux rackets policiers.

« Sur chaque barrage on paye de l’argent avant de passer. Avant de sortir Kissidougou, on paye 100 mille fg. Au km 36 on paye 50 mille fg sans compter les 20 mille et 30 mille fg qu’on laisse  au niveau des autres barrages installés tout au long de la route », déplore Amadou Sadjo Bah.

Cet autre usager de la route explique son amertume, dénonçant les fausses promesses du gouvernement, qui selon lui, ne se soucie pas réellement de la souffrance des populations.

« On est là depuis 3 jours. On a trouvé que des véhicules sont bloqués sans issues. D’autres peuvent passer, mais pour les camions c’est impossible. La route est impraticable. Pourtant, nous on transportait des légumes à Conakry. On risque de tout perdre ici. On vient de Mamou et on envoie ça à Conakry. Les revendeurs nous ont appelé mais on n’y peut rien. D’autres engins glissent,  on risque gros. Ici à Yombokouré c’est l’enfer. Moi depuis hier je n’ai pas mangé. On est dans de sérieux problèmes comme ça. L’Etat fait semblant de travailler, depuis longtemps on nous parle d’une autoroute qui va traverser Mamou, mais  on ne voit rien », fustige Abdoulaye Bah chauffeur de taxi.

A suivre…

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

 

Créé le Samedi 18 juillet 2020 à 19:29