Manque de solidarité vis-à-vis des migrants dénoncé

Immigration
 Le navire humanitaire Ocean Viking a porté secours à 180 migrants en mer Méditerranée
Le navire humanitaire Ocean Viking a porté secours à 180 migrants en mer Méditerranée

La présidence allemande de l’UE évoque la nécessité d’une solution de sauvetage et de prise en charge des migrants en détresse.

Il est «honteux» que l'Union européenne n’ait toujours pas trouvé de solution pour la prise en charge des demandeurs d’asile, cinq ans après la crise migratoire, a dénoncé mardi le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer, dont le pays assure la présidence de l’UE.

Il s’exprimait à l’occasion d’une réunion des ministres européens de l’Intérieur par vidéoconférence, au moment où les 180 migrants du navire humanitaire Ocean Viking ont finalement été autorisés à débarquer en Sicile au bout de neuf jours de blocage.

Situation indigne

«A chaque bateau, il faut de laborieux efforts pour parvenir à une distribution (des migrants) parmi les Etats membres. Et à chaque fois, seule une petite partie d’entre eux est prête à le faire», a déploré le ministre allemand, alors que l’UE s’attend à une augmentation des traversées en Méditerranée au cours de l’été.

«Sur le long terme, on ne peut pas laisser l’Italie, Malte, la Grèce ou l’Espagne gérer seuls cette question», a-t-il dit, déplorant que «de très nombreux Etats membres refusent de s’impliquer». Le ministre allemand souligne que ce n’est pas une situation digne de l’UE.

Un appel à la solidarité

L’Allemagne, la France, l’Italie et Malte se sont mis d’accord en septembre dernier sur un mécanisme temporaire, basé sur le volontariat, pour une répartition des migrants sauvés en mer, mais seuls quelques pays comme le Portugal, le Luxembourg et l’Irlande se sont ralliés à cette initiative.

Horst Seehofer compte sur la «persuasion» pour amener plus d’États membres à la solidarité. Il a toutefois reconnu que la tâche est «très, très difficile» et n’a pas exclu le recours à des moyens de pression, sans les détailler.

«Je ne vais pas commencer la discussion lors de cette présidence de l’UE avec des menaces (…) je compte sur la force des arguments mais je ne suis pas naïf», a-t-il lancé.

Répartition problématique

Alors que la Commission doit présenter en septembre une proposition très attendue et plusieurs fois repoussée de réforme de la politique migratoire et de l’asile dans l’UE, Horst Seehofer a espéré qu’un «accord politique puisse être trouvé sur les points les plus importants» de ce «Pacte» d'ici la fin de la présidence allemande, qui s’achève en décembre.

Une telle réforme a jusqu’à présent achoppé sur la question de la répartition des demandeurs d’asile, que refusent de se voir imposer des pays comme la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie notamment.

ATS

Créé le Mardi 07 juillet 2020 à 20:53