Ousmane Gaoual : "Un dialogue ne pourra pas faire plier Alpha Condé…"

Interview
Ousmane Gaoual Diallo
Ousmane Gaoual Diallo

CONAKRY-Alors que l’élection présidentielle prévue cette année approche, Ousmane Gaoual Diallo prône la fermeté pour faire plier le président Alpha Condé. Le directeur de la cellule de communication de l’UFDG estime qu’aucun dialogue ne pourra faire reculer le chef de l’Etat quant à ses ambitions de s'éterniser au pouvoir. Entetien.

 

AFRICAGUINEE.COM : Le secrétaire général des Nations-Unies a appelé les Etats et les acteurs politiques à ouvrir un dialogue inclusif pour permettre un consensus autour du report ou du maintien des élections présidentielles. En Guinée, selon vous quels préalables doit-on régler avant d’entamer ce processus ?

OUSMANE GAOUAL DIALLO : Je pense que si on devait accueillir favorablement à cette demande du  secrétaire général des Nations-Unies, il faut d’abord au préalable qu’on revienne à la constitution de 2010 et qu’on mette entre parenthèse l’Assemblée Nationale issue du Putsch constitutionnel. En suite que la feuille de route soit très bien établie avec l’objectif de procéder à la reprise totale du processus électoral et donc du règlement des contentieux électoraux. Moi je pense qu’il y a un tel défi et un tel mépris du gouvernement actuel  et du chef de l’Etat à répondre à ce type d’attitude qui ne cherche en réalité qu’à renforcer l’Etat démocratique de notre pays. Mais Alpha Condé n’en a  cure de ça et je suis persuadé qu’il va continuer à jouer à l’autiste face à ces souhaits des Nations-Unies. Il va procéder à l’organisation des élections présidentielles au mois de Novembre au mépris des principes démocratiques et de l’Etat de droit. Ce sont des choses qui ne doivent pas faire rêver les guinéens. Je pense que le peuple de Guinée, dès à présent doit enfourcher son cheval de combat pour entamer le bras de fer avec le pouvoir puisqu’en réalité il ne faut pas s’attendre à ce qu’il ait le bon sens pour ouvrir un dialogue. Il faut le faire plier parce que je ne vois pas une autre manière de faire respecter l’Etat de droit en Guinée. Alpha Condé doit replier devant l’exigence de la population parce qu’un dialogue ne pourra pas le faire plier.

Le FNDC promet de nouvelles manifestations que le gouvernement promet d’empêcher. Qu’en dites-vous ?

Disons que cela ne nous surprend pas. C’est un gouvernement qui n’a su apporter que des réponses dans la brutalité à l’aspiration de sa population lorsque celle-ci s’exprime. De quelque sujet qu’il soit, l’Etat a toujours réagi en procédant à des assassinats. Pour une simple revendication de la population pour la levée des barrages on a vu ce qui s’est passé à Coyah. Donc avec ce gouvernement ça ne nous surprend pas. Mais aussi brutale que sera la réaction du gouvernement, notre détermination sera sans faille et nous sommes déterminés à croiser le fer jusqu’à ce que la vérité des populations triomphe sur la volonté anachronique du pouvoir des cleptomanes qui sont à la tête de cette nation. Nous allons y veiller et nous nous battrons par tous les moyens pour faire respecter l’Etat de droit. Pour l’instant la manifestation qui est annoncée concerne l’exigence de la libération de nos camarades qui sont arrêtés depuis un certain temps au mépris de la loi et qui sont kidnappés chaque jour dans les rues de Conakry.

Le procureur de Kankan a porté de lourdes charges contre certains de vos militants les accusant notamment d’être derrière les atrocités survenues en forêt les 22 er 23 mars dernier. Que répondz-vous ?

La justice guinéenne ne s’est  pas distinguée par l’observation des principesdémocratiques de la loi. La dernière turpitude de ces institutions c’est la cour constitutionnelle après avoir émis un arrêt qui devait donner le pouvoir aux avocats de remplacer l’ancien président de la CENI, ils ont quand-même fait prêter serment à celui-là qui avait été désigné par une organisation qui n’est pas habilité à le faire. C’est un anachronisme. Pour nous qu’il y ait des charges inventées de toutes pièces pour accuser nos militants, ce n’est pas une première. Nous avons vu dans le passé des faux coups d’Etat simulés pour arrêter des gens et les torturer. Certains sont morts suite à ces tortures. Cela ne change pas et c’est fait par le pouvoir pour éliminer des militants gênants. Nous connaissons ces méthodes-là (…), c’est pourquoi je ne vois pas pourquoi les Foniké Mengué et les autres jeunes arrêtés ont à voir avec les histoires de prétendues atrocités commises par les gens comme si on ne connaissait pas les jeunes qui sont à l’origine de ces crimes commis à Nzérékoré. Tout le monde les connait et le pouvoir aussi les connait (…), même les assassins de Dubréka tout le monde les connait. Mais aucune arrestation n’a été faite, cela prouve à suffisance que la justice est à plusieurs vitesse et c’est la justice du président et non celle pour le peuple.

D’où votre souhait de vous tourner vers les juridictions internationales ?

Je pense que même le pouvoir de son côté a accrédité cette idée parce qu’elle-même dit que sa justice ne correspond pasà ces propres besoins et donc il s’est tourné aussi vers cette justice international. Nous pensons et nous souhaitons qu’elle s’implique de plus parce que quelque chose de beaucoup plus grave se prépare en Guinée. Le pouvoir s’apprête à massacrer par centaine de personnes des guinéens parce que Alpha Condé est décidé vaille que vaille à imposer la dictature au peuple de Guinée quelque soit sa résistance. Là-dessus je pense qu’ils veulent tuer des guinéens et cela se fera. Il faut que la communauté soit alertée  le plus rapidement que possible.

 

Interview réalisée par Diallo Boubacar 1

Pour Africguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

 

Créé le Vendredi 29 mai 2020 à 11:08