Regain de tension en Guinée: le ton monte encore chez Alpha Condé!

Tension en Guinée
Alpha Condé, Président de la République de Guinée
Alpha Condé, Président de la République de Guinée

CONAKRY-Le ton monte de nouveau à Conakry ! Entre le Pouvoir du président Alpha Condé et ses adversaires réunis au sein du front national pour la Défense de la Constitution (FNDC), le "corps à corps" semble désormais inévitable alors que le pays est plongée dans une crise sanitaire d’une ampleur inédite.  

La tension est montée d’un cran depuis jeudi dernier lorsque le FNDC par voix de Sékou Koundouno a annoncé dans les medias la reprise des manifestations après le jeûne du mois de ramadan qui prend fin ce samedi 23 mai en Guinée. La réplique des autorités ne s’est pas fait attendre.

Hier vendredi, les services de police ont employé un ton martial pour avertir les opposants, indiquant qu’aucun trouble à l’ordre public ne sera toléré. Ils accusent le FNDC de provoquer des affrontements avec les forces de sécurité et occasionner de nouvelles victimes, à l’image de ce qui s’est passé à Coyah, Dubréka et Kamsar, et ternir ainsi l’image du Gouvernement aux yeux de l’opinion nationale et internationale.

La police a annoncé que des dispositions proportionnelles à la menace sont mises en place par les unités territoriales et par les services spécialisés de maintien et de rétablissement de l’ordre public.  « Il y a lieu de préciser aussi, qu’en plus des dispositions de la Loi 009 sur le maintien de l’ordre public, du Code pénal et du Code de Santé publique, les mesures d’urgence sanitaire renforcées et additionnelles seront appliquées sans complaisance. Les fauteurs de troubles ainsi que les commanditaires seront recherchés, traqués et traduits devant les Tribunaux conformément à la Loi », a déclaré le porte-parole de la police nationale Mamadou Camara.

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Du berger à la bergère, la réponse du FNDC a été sans équivoque. Rappelant que plus de 200 militants et sympathisants du FNDC sont illégalement emprisonnés au mépris de toute considération sanitaire et humanitaire, les adversaires du président Condé trouvent que « cette attitude du Gouvernement guinéen est absurde et ridicule quand on sait que la crise sanitaire que nous peinons à endiguer a été provoquée et entretenue par le Gouvernement afin de servir d'instrument politique contre les opposants au projet de 3ème mandat en Guinée ».

Dans leur déclaration, les opposants soulignent que la réaction des autorités « est la preuve de l'incohérence et de l'irresponsabilité notoire du Gouvernement qui se sert du covid-19 pour tenter de nous imposer un coup d'Etat constitutionnel et de neutraliser le FNDC avant l'annonce de la candidature de M. Alpha Condé pour un troisième mandat illégal ».  Le FNDC accuse aussi pour sa part le Gouvernement de profiter de cette pandémie pour « tuer, kidnapper et emprisonner des leaders et militants du FNDC ».

« Le Gouvernement a volontairement propagé le coronavirus dans les principales prisons du pays dans le seul but d'éliminer des citoyens opposés au coup d’Etat constitutionnel. Le Gouvernement irresponsable et sanguinaire de M. Alpha Condé a violé toutes les mesures d'urgence sanitaire et de distanciation sociale au nom desquelles il a sauvagement tué des citoyens à Coyah, Dubreka et Kamsar pour instaurer la terreur avant la fin de la pandémie. Le FNDC réitère son appel à se préparer à la reprise des manifestations dès après la fête de Ramadan pour exiger la libération de tous nos militants kidnappés et volontairement exposés à la contamination au Covid-19 dans les prisons », a lancé le FNDC dans une déclaration.

Pour l’heure la confrontation est médiatique. Mais il est fort à craindre qu’elle se transporte dans la rue dans les prochains jours. Bien malin ce qui prédira avec exactitude ce que cela pourrait engendrer comme conséquences.   

A suivre…

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Samedi 23 mai 2020 à 11:01