Saisine de la CPI: le Gouvernement guinéen réplique, les avocats contre-attaquent…

Crimes et exactions en Guinée
Maître William Bourdon, la procureure de la CPI Fatou Bensouda et le président guinéen Alpha Condé
Maître William Bourdon, la procureure de la CPI Fatou Bensouda et le président guinéen Alpha Condé

PARIS-Les choses semblent s’accélérer à un rythme intéressant ! Après le signalement introduit le 29 avril dernier à la Cour Pénale Internationale par les avocats du FNDC, le gouvernement a lancé sa contrattaque à l’international. Les autorités guinéennes auraient informé la CPI et d’autres organisations internationales des « agissements du FNDC » en fournissant des dossiers compromettants, contenant notamment des enregistrements. Mais la contre-attaque des avocats du Front National pour la Défense de la Constition ne s'est pas faite attendre. 

« Les soussignés ont appris, par voie de presse, que le gouvernement guinéen aurait informé la CPI et d’autres organisations internationales des ‘’agissements du FNDC’’. Cette démarche, dont ils relèvent le caractère totalement invraisemblable, veut être une riposte au dépôt, le 29 avril 2020, d’un signalement auprès de la CPI en application de l’article 15 du Statut de Rome et dont il a été accusé bonne réception. Cette communication du gouvernement guinéen trahit une incontestable perte de sang-froid et en creux dit son inquiétude légitime face au caractère très sérieux et documenté du signalement fait par le FNDC. Il est aussi un terrible aveu d’impuissance des juridictions nationales », contrattaquent maîtres William BOURDON et Vincent BRENGARTH dans un communiqué publié ce samedi 9 mai 2020 à Paris.

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Les avocats du FNDC déplorent par ailleurs ce qui constitue, à leurs yeux,  une vaine tentative de criminalisation du FNDC. « Cette tentative, qui n’est malheureusement pas la première, doit s’analyser comme un écran de fumée pour retarder le débat judiciaire relatif aux nombreuses exactions commises. La démarche du gouvernement ne saurait tromper personne. Il est en effet habituel, pour des régimes pris dans une dérive autoritaire voire despotique, de non seulement être dans le déni de leurs responsabilités mais d’être dans un perpétuel tropisme pour la diabolisation de ceux qui portent les accusations » écrivent-ils dans leur communiqué.

Que contient la communication du Gouvernement ?

Les deux avocats ont donné des indices. Les soussignés s’interrogent sur la nature précise de cette communication, qui semble contenir des « enregistrements illégaux et par conséquent obtenus au mépris des droits les plus élémentaires ». Maitres William BOURDON et Vincent BRENGARTH se réservent le droit de prendre toute initiative judiciaire appropriée.

« Manifestement fragilisé par la dénonciation d’agissements d’une extrême gravité, le régime semble plus soucieux de persister dans la criminalisation de toutes les voix dissidentes plutôt que de répondre aux accusations dirigées contre lui. En toute hypothèse, une telle communication ne vient que renforcer la légitimité de la demande d’ouverture d’une enquête par le CPI, alors que l’Etat guinéen a indirectement confirmé sa volonté d’y prendre part par la diffusion d’informations ridicules sur le FNDC », soutiennent les avocats du FNDC.

Dossier à suivre…

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Créé le Samedi 09 mai 2020 à 18:22