Le Contrôleur Général de Police "Baffoé" se fâche : « Je vais porter plainte… »

Guinée

CONAKRY- Qui a envoyé la jeune dame Ami Traoré « espionner » les leaders du Front national pour la défense de la Constitution ? Accusé par cette jeune dame dans cette opération « d’espionnage », le Contrôleur Général de Police Ansoumane Camara « Baffoé » a livré sa part de vérité. Il s’est confié à notre rédaction en toute exclusivité…

 

AFRICAGUINEE.COM : Une dame de nom de « Ami Traoré » vous accuse de l’avoir envoyé pour espionner le FNDC.  Qu’en dites-vous ?

ANSOUMANE CAMARA « Bafoé »: Heureusement vous-mêmes vous dites madame Ami, si vous m’aviez dit que c’est le brigadier-chef ou le lieutenant ou n’importe quelle grade, j’aurai eu des craintes. Mais heureusement vous-mêmes vous saviez déjà que c’est une dame qui est civile. Celle-là, je ne la connais ni d’Adam ni d’Eve, je ne l’ai jamais vu, peut-être qu’elle me connait. Elle fait partie, il paraitrait d’un certain effectif que la fonction publique a mis à la disposition du ministère de la sécurité. Elle n’est pas encore fonctionnaire de police mais elle est fonctionnaire de l’Etat affectée au ministère de la sécurité en tant qu’administratrice. 

Donc, je n’ai aucun intérêt à l’envoyer espionner quelqu’un. Je n’ai jamais géré un service de renseignement dans ma vie, je n’ai jamais travaillé avec un civil, je n’ai jamais eu un personnel en civil, je ne vois pas dans quel intérêt je vais infiltrer ou exfiltrer le FNDC pendant que la réunion que le FNDC tient c’est à ciel libre devant la presse et la porte n’est pas fermée, c’est public. Donc, pour quelle raison je vais envoyer un espion ? Je suis informé à travers les médias ou les réseaux sociaux de leurs conclusions. Eux-mêmes, ils sortent ils font des déclarations. Je ne sais pas quel intérêt aurais-je à aller les écouter ou les infiltrer pendant qu’individuellement je peux appeler n’importe qui d’entre eux. J’ai le numéro de Koundouno, j’ai les numéros de beaucoup d’entre eux, je peux les appeler. Mais je n’appelle pas parce que leur réunion ne m’intéresse pas, c’est la société civile. Ils sont libres de dire et faire ce qu’ils veulent. 

Elle se déclare agent de police, je vous informe qu’elle n’est pas policière. Est agent de police une femme ou un homme qui est admis au concours d’entrée à l’école nationale de police, qui a suivi une formation commune de base et une formation professionnelle. A ce que je sache, pour le moment, elle ne répond à aucun de ces critères. Donc elle n’est pas agent de police. Je vois dans la vidéo, elle dit qu’elle est de l’OPROGEM, qu’elle est de la DPJ. Or, le directeur de la DPJ lui aussi dément, celle de l’OPROGEM la dément. Elle dit dans la vidéo qu’elle est en mission de Fabou et de moi. Or, je ne la connais pas, Fabou ne la connait pas. Donc je suis désolé. Il y a longtemps que j’ai commencé à  travailler, mais je n’ai jamais infiltré. Là où ils font la réunion je connais, je peux m’y rendre, en tant que citoyen. Donc au lieu d’envoyer quelqu’un, pourquoi moi-même je n’irais pas. Donc je suis désolé, je démens ces accusations. C’est ce qui fait que j’ai dit que je vais porter plainte contre elle.

Dans les heures qui ont suivi son arrestation il y a eu une descente musclée de la police au même endroit. Il y a eu des arrestations. N’est-ce pas une circonstance assez troublante ? 

S’il y a eu une descente dans cet endroit, ceux qui étaient là-bas, les agents qui se sont rendus là-bas, certainement ont été identifiés. En tout cas, moi à ce que je sache, cette descente tout ce que vous dites-là, je ne savais même pas si le FDNC avait une réunion au siège du PADES. C’est des gens qui ont téléchargé la vidéo et me l’ont envoyée. Je voudrais quand même préciser : moi l’image que j’ai vue, je ne connais pas cette femme, mais la femme est une couche sensible, la femme est à protéger, la femme n’est pas à humilier. La façon dont on l’a humiliée, interviewée (…), c’est comme si on prend un rebelle ou un malfrat et qu’on l’interroge. Ce n’est pas bon comme image. Ce n’est même pas bon pour le FNDC aussi qui est là pour protéger les intérêts des citoyens et leurs biens dans le bien de la protection de l’être humain. 

En dépit du fait que j’ai dit que je ne suis pas d’accord avec ce qu’elle a fait, mais elle ne mérite pas le sort aussi que ces journalistes ou ces soi-disant membres du FNDC l’ont fait en l’exposant sur les réseaux sociaux. 

Elle a pourtant félicité le FNDC qui l’a épargné d’un lynchage ? 

La position dans laquelle elle était, elle ne pouvait dire que ça. Mais maintenant-là, elle peut porter plainte. Elle a passé toute la journée à l’hôpital parce qu’il paraitrait qu’elle a été battue, elle a été molestée. Mais il fallait dire ça là-bas pour que les gens la protège, c’était sa stratégie. Mais si les gens l’ont protégé contre les coups et le lynchage, il fallait aussi lui éviter les projecteurs des médias et des réseaux sociaux. Elle serait restée comme une personne anonyme. On ne devait pas exposer son visage et le son. Je suis désolé, la façon dont on l’a traité, ce n’est pas digne.

Ce n’est pas pour faire un parallèle mais on voit des situations similaires assez fréquemment à la  RTG, des gens qui sont arrêtés par la police qu’on expose ouvertement à la télévision…

Je suis désolé ! Je n’ai jamais exposé une femme. Vous ne savez pas ce qui se passe parce que vous aimez faire la comparaison. Je n’ai jamais exposé une femme. Je sais que la femme est une couche sensible, on a dans nos manifestations des enfants de 10 ans de 12 ans, on n’a jamais exposé un enfant à la télévision. Parce qu’on sait que ce sont des couches très fragiles. Mais les malfrats qui portent des armes ou autres, d’accord. D’ailleurs je ne sais pas pourquoi vous aimez faire la comparaison. Arrêtez de faire la comparaison entre tout ce qui est de l’Etat. Vous pensez que ce qu’ils font est légal ?

 

Entretien réalisé par Oumar Bady Diallo 

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112

Créé le Samedi 28 mars 2020 à 14:44

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