Débat sur la Constitution: le Clergé clarifie sa position...

Crise politique en Guinée

NZEREKORE-L'Union du Clergé guinéen (UCG) vient d'interpeler le président Alpha Condé sur la crise politique qui mine la Guinée. Invitant le Chef de l'Etat à intervenir pour ramener la quiétude dans le pays, ces prêtres appellent aussi au respect de la "constitution en vigueur"

Plusieurs prêtes étaient en conclave du 22 au 26 janvier 2020 à Nzérékoré pour se pencher sur la crise politique qui mine la Guinée depuis plusieurs mois et qui a déjà fait de nombreuses victimes.

 Au terme de cette rencontre, l’Union du Clergé Guinéen UCG a adressé des messages à l’endroit de différents protagonistes impliqués dans cette crise. Dans leur déclaration, ces responsables religieux ont indiqué que la situation sociopolitique actuelle de la Guinée ne saurait laisser personne indifférent alors que les exactions injustifiées et autres abus de tous genres, ont provoqué la peur et la tristesse chez la population.

L'heure est grave...

‘’L’heure est grave. Les exactions injustifiées et abus de tous genres, les pertes en vies humaines et matérielles ont provoqué la peur et la tristesse chez la population. Nous relevons que : Notre démocratie est bafouée au profit du régionalisme, du népotisme, de l’ethnocentrisme, du favoritisme, de l’injustice et du clanisme. Les principes juridiques qui régissent notre nations (la constitution, le code électoral, le code civil, le code pénal…) sont foulés au pied au profit des accords subjectifs qui ne prennent pas en compte l’intérêt de la nation. Les violences et les crimes impunis sont en recrudescence. Le dialogue sincère et patriotique est quasi absent. Le système éducatif est entré dans une longue crise avec des grèves à répétition, qui affectent et compromettent gravement l’avenir des jeunes générations. Le tissu social est brisé, conséquence d’une politique exclusive et égoïste, régionaliste et ethnocentriste. Les biens publics et privés sont détruis, ce qui affectent l’environnement, la croissance économique et le développement de notre pays. L’instrumentalisation de la jeunesse pour des fins politiques est devenue monnaie courante. La permission de manifester accordée aux uns et interdite à d’autres, ce qui dénote une injustice dans la gestion des libertés civiques’’, ont-ils dénoncé avant de faire des recommandations.

Aux responsables religieux de toutes les confessions

 « En saluant tous les responsables religieux, nous rappelons que notre mission consiste à former les consciences pour sauvegarder la concorde, l’unité, les vertus morales, la paix etc. Aussi avons-nous l’impérieuse mission, devant Dieu et devant les Hommes, de dénoncer les exactions, les injustices, et les violences qui minent notre société », ont-ils lancé.

Aux institutions législatives et judicaires

 ‘’Vous êtes les gardiens de nos lois. Ce rôle exige courage et délicatesse, car la force et l’avenir en dépendent.  Veuillez donc à ne laisser aucune instruction vous manipuler pour des fins individualistes’’.

Aux gouvernants et hommes politiques

 « Nous  réitérons l’appel pressant que le Cardinal Robert SARAH a adressé aux responsables politiques guinéens le 08 décembre 2019 : ‘’ Le sang a trop longtemps coulé en Guinée. Le sang a trop abondamment coulé et profané notre patrie. Ça suffit’’. C’est pourquoi tout en nous inclinant devant la mémoire  des victimes des manifestations, nous souhaitons que justice soit faite. Nous condamnons aussi tous les propos discriminatoires qui incitent à la haine et à la violence, ainsi que la destruction des biens publics et privés. En cette période préélectorale particulièrement tendue, nous vous exhortons vous gouvernement à assurer la sécurité de la population, respecter la constitution en vigueur, observer le principe démocratique de l’alternance, à travers des élections libres et transparentes et la liberté de la commission nationale indépendante, privilégier le dialogue qui est tendu avec la société civile et presque impossible avec l’opposition ».

Aux leaders de l’opposition  

« Le multipartisme démocratique vous donne une place déterminante, dans les prises de décision pour l’avenir de la nation. Nous vous invitons à privilégier la sauvegarde du bien commun et à promouvoir le dialogue ».

 Au Chef de l’Etat

 ‘’ Garant de la souveraineté nationale, nous vous prions de briser le silence pour ramener la quiétude, l’harmonie et la réconciliation dans le pays afin de sortir de cette crise qui perdure et affecte l’unité nationale’’, pouvait-on lire dans la déclaration qui a été signée par le Père François SYLLA, président de l’Union du Clergé Guinéen, le Père Alexis Faya OUAMOUNO, secrétaire Général de l’Union et le Père Philippe N’POUNA, Père Félix Vital KAMANO, Père Richard KPOGHOMOU.

Cette réaction de ces religieux intervient alors que le professeur Alpha Condé demande à son gouvernement d’organiser des rencontres avec les responsables des confessions religieuses et les quatre coordinations régionales pour siéger autour de cette crise qui a longtemps perduré entrainant déjà plusieurs morts.

 

 SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél : 00224 628 80 17 43

Créé le Lundi 27 janvier 2020 à 10:39