Lusaka : ouverture de la cinquième conférence des Ministres africains en charge des faits d’état civil…

Afrique

LUSAKA- La capitale zambienne accueille depuis ce lundi 14 octobre 2019 la cinquième conférence des Ministres africains responsables de l’enregistrement des faits d’état civil. 

Avec pour thème « Des systèmes innovants d’enregistrement des faits d’état civil et d’établissement des statistiques de l’état civil : fondement pour la gestion de l’identité juridique », cette rencontre a pour objectif de fournir des orientations stratégiques et politiques sur les voies menant à des systèmes de gestion globaux, novateurs et intégrés des registres d’état civil et des statistiques de l’état civil. 

En Afrique, plus de 500 millions de personnes n’ont pas d’identité juridique. 

Tour à tour, les différents partenaires, notamment la Banque Africaine de Développement, se sont engagés à accompagner les pays africains pour une meilleure gestion de l’enregistrement des faits d’état civil. 

« La BAD s’engage à appuyer les pays africains dans le cadre des CRVS (…). Notre objectif est d’aider l’Afrique à avoir des enregistrements des états civils et des données fiables », a indiqué le vice-président de la BAD, Khaled Shérif.

L’identité juridique est un droit humain fondamental. La Banque Mondiale a estimé à plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde, dont la moitié en Afrique, qui n’ont pas de preuve d’identité juridique. 

Professeur Victor de la Commission de l’Union Africaine a d’ailleurs mis un accent particulier sur la réunion de Lusaka qui selon lui est cruciale. 

« Cette réunion de hauts fonctionnaires est très cruciale dans la mesure où elle engagera des délibérations techniques qui conduiront à la préparation de projets de déclarations et de recommandations sur l’importance des systèmes de gestion CRVS et intégrés, innovants et intégrés en Afrique, qui seront examinés par nos ministres qui fournira des orientations stratégiques et politiques », dira le Pr Victor Harisson.

Selon lui, les données d’état civil sont essentielles pour un processus d’intégration fonctionnel centré sur l’individu. Rappelant que l’Afrique est déjà engagée dans une zone de libre échange, le Pr Victor Harisson a souligné que son institution en collaboration avec la CEA et d’autres partenaires, a déjà élaboré une stratégie globale de transformation numérique pour l’Afrique. L’un des objectifs de cette stratégie est de veiller à ce que l’identité juridique universelle en tant que partie intégrante du système d’enregistrement des actes d’état civil soit atteinte d’ici 2030. 

« Les États membres de l'UA sont également encouragés à enregistrer toutes les naissances, tous les mariages et autres événements marquants sur leur territoire, sans discrimination et quel que soit le statut juridique de la personne concernée (réfugiés, personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays, apatrides, etc.) », a indiqué le Commissaire en charge des Affaires Économiques de la Commission de l’Union Africaine.

Prenant la parole à cette rencontre, le Directeur du centre africain de statistiques a souligné l’engagement que « nous entrons dans une nouvelle ère où le principe fondamental est que les systèmes d'enregistrement des faits d'état civil devraient servir de base à l'identification des individus tout au long de leur vie par le biais d'un enregistrement universel des événements de la vie, des naissances aux décès ».

Olivier Chinganya de la CEA a également souligné la nécessité de renforcer les processus de gestion des données CRVS et ID dans tous les Etats membres. Selon lui, l’identification numérique pourrait être très bénéfique pour le continent africain. 

« Les systèmes d'enregistrement de l'état civil et de gestion des identités nationales intégrés et interopérables constituent l'identité juridique fondamentale nécessaire à la preuve des registres d'identité fonctionnels multiples », a-t-il souligné.

. Ainsi, nos systèmes d'enregistrement des faits d'état civil devraient être accessibles, inclusifs et intégratifs. "

A rappeler que les travaux de cette conférence se poursuivront jusqu’au 18 octobre prochain.

 

SOUARE Mamadou Hassimiou

Journaliste CEA-Afrique de l’ouest (Guinée)

Depuis Lusaka 

Créé le Lundi 14 octobre 2019 à 20:10

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