Loi sur l'usage des armes: Un instrument de plus pour "réprimer"les opposants ?

Maintien d'ordre en Guinée
Une équipe de la gendarmerie en opération, image d'archive
Une équipe de la gendarmerie en opération, image d'archive

CONAKRY- L’adoption par les députés de la loi portant sur l’usage des armes de guerre par la gendarmerie nationale suscite des inquiétudes. Les détracteurs de ladite Loi craignent de nouvelles bavures pouvant entrainer de nouveaux cas morts, alors que plus de cent personnes ont été tuées par balles depuis 2011 dans des manifestations à Conakry. Ces crimes ne sont pas toujours élucidés par la justice.

Désormais dans l’éventualité d’une attaque terroriste, d’une offensive lancée contre les militaires gendarmes en mission d’Etat, de vol à main armée et de désobéissance aux ordres d’arrêt par les conducteurs de véhicules, embarcations et autres moyens de transport (…), les « militaires gendarmes » passent par la loi relative à l’usage des armes par la gendarmerie nationale, afin que ce genre de situations soient mieux maitrisées. Elle vise aussi, apprend-on à protéger les agents de sécurité dans leurs missions de protection des personnes et leurs biens dans un environnement sécuritaire hostile. Bien que bien encadrée, l’adoption de cette Loi ne rassure pas certains observateurs qui voient d’ailleurs derrière celle-ci, un nouvel instrument de plus ajouté à l’arsenal répressif mobilisé contre les opposants au troisième mandat. Et en tout état de cause, le contexte de son adoption suscite des interrogations. D’autant plus que la défiance des opposants vis-à-vis du projet de nouvelle constitution monte crescendo.

Ousmane Gaoual Diallo, le vice-président de la commission Défense du parlement n’est pas rassuré par le vote de cette Loi. Pour lui, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), ne cautionne pas l’idée d’autoriser les gendarmes pour quoi que ce soit à faire usage de leurs armes. Il explique les raisons de sa réticence.

 ‘’L’armée guinéenne et la gendarmerie de façon générale ne sont pas encore des institutions républicaines. La possibilité de faire usage de son arme n’est possible que lorsque la personne prend en otage des gens et lorsque dans sa tentative de fuite, elle met des personnes en danger ou du gendarme lui-même. Dans ce cas c’est possible. Mais ce n’est pas dans n’importe qu’elle situation. Mais le type de comportements qui fait que nous ne pouvons pas cautionner que la gendarmerie puisse être autorisée à faire usage d’armes même dans le cas de légitime défense (…), c’est parce que les bavures sont légions dans notre pays. Et c’est parce que jamais on ne mène des enquêtes pour savoir si c’est justifié’’,  a déclaré Ousmane Gaoual.

La loi qui fait polémique est une loi ordinaire qui n’avait besoin que d’une majorité simple. Elle a été adoptée le 25 juin dernier par des députés essentiellement issus du parti au pouvoir, le RPG-arc-en-ciel.

« Nous sommes tout à fait réticents par rapport à cette disposition légale. Notre pays a longtemps souffert des brutalités et des violences de toutes sortes de la part des gendarmes, des militaires et des policiers. Il ne faut pas qu’on soit naïfs. Les bérets rouges, gendarmes, militaires et policiers ont tiré sur des civils ici, il n’y avait pas cette loi. Ce sont des institutions qui ont intégré la criminalité dans le mode de fonctionnement opérationnel et qui font que cette crainte soit toujours là, qu’elle soit une loi ou pas. Maintenant tout ça ne peut pas être impuni (…), les mouvements qui se profilent à l’horizon aucun militaire ou gendarme, même s’il est fou ne prendra une arme contre une volonté populaire exprimée’’ a prévenu, le vice-président de la commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale.

A suivre…

 

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 02 juillet 2019 à 14:03