Troisième mandat: la "mise en garde" d'Issoufou vis-à-vis d'Alpha Condé…

Projet de changement constitutionnel
Alpha Condé, Président de la République de Guinée et Mahamadou Issoufou, président du Niger
Alpha Condé, Président de la République de Guinée et Mahamadou Issoufou, président du Niger

ABUJA-Le nouveau président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) n’est pas prêt à accepter les tripatouillages Constitutionnels dans la région ouest-africaine durant son mandat.

Elu par ses pairs pour une durée d’un an à la tête de la CEDEAO, Issoufou Mahamadou, le président nigérien a mis en garde les artisans des changements constitutionnels. Le successeur de Muhammadu Buhari à la tête l’organisation sous-régionale, inscrit la consolidation des institutions démocratiques  comme l’une de ses priorités phares alors qu’en Guinée, Alpha Condé est sur la voie de se tailler une nouvelle Constitution pour proroger son bail. Une manœuvre dénoncée par l’opposition et la société civile qui se battent pour le respect du texte en vigueur pour favoriser l’alternance à la tête du pays en 2020.  

« Nos pays disposent de constitutions les plus avancées, et nos processus électoraux sont de moins en moins objet de contestation. Sur ce point je voudrais rappeler que les processus électoraux conduits dans certains de nos états membres ont même conduit à des alternances », a indiqué M. Issoufou, citant l’exemple du Mali, du Ghana, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Nigéria, du Cap Vert et de la Gambie.

Le président nigérien arrivé au pouvoir à la même année (2010) qu’Alpha Condé a déclaré à maintes reprises qu’il ne briguera pas de troisième mandat. Il a promis de céder son fauteuil en 2020 après deux quinquennats. Alors qu’en Guinée, Alpha Condé est en route pour changer la constitution en vigueur sur laquelle il a prêté serment par deux reprises, le nouveau patron de la CEDAO avertit que l’urgence pour l’organisation ouest-africaine est celle de la "consolidation des institutions démocratiques".

« J’ai noté qu’en comparaison avec les autres régions du continent, notre région semble avoir une longueur d’avance en matière de respect des règles démocratiques. Nous disposons depuis 2001 d’un protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance fixant les principes constitutionnels communs à tous les Etats membres et réaffirmant que toute accession au pouvoir doit se faire à travers des élections libres, honnêtes, et transparentes. Des élections législatives et présidentielles seront organisées dans notre région en 2019 et 2020, nous devons veiller à ce qu’elles soient crédibles, transparentes et qu’elles ne donnent lieu à aucune contestation »,  a lancé le président Issoufou. Avec le soutien de ses pairs, il a promis de veiller à ce que Cedeao conserve son leadership en matière de consolidation des institutions démocratiques.

Alpha Condé et Mahamadou Issoufou sont tous membres de l’International Socialiste arrivés au pouvoir à la même année (2010). Selon des observateurs, ce message du président nigérien sonne comme un "avertissement" pour le dirigeant guinéen dont l’obsession pour un troisième mandat n’est plus à démontrer. La semaine dernière il a franchi un nouveau pas en prenant acte de la volonté affichée de son gouvernement à s’inscrire dans la dynamique du référendum pour une nouvelle constitution.

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Lundi 01 juillet 2019 à 20:11