Répression d'opposants anti-3ème mandat: Qu'en pense Bah Oury'

Débat sur le référendum constitutionnel
Bah Oury
Bah Oury

CONAKRY-Les violences survenues ce dimanche 16 juin en marge du lancement du mouvement "Amouanfé" au siège de la maison des associations et ONGs de Guinée fait réagir la classe politique. Condamnant cette expédition punitive opérée par les forces de police, Bah Oury du Renouveau qui avait pris part à cette cérémonie, parle d’une provocation grossière. 

« C’est condamnable et c’est déplorable parce que le siège de la maison des associations et des ONG de Guinée, c’est comme une chancellerie. Ils doivent bénéficier dans leurs locaux d’une certaine forme, je ne dirai pas d’extraterritorialité, mais d’un certain espace de liberté pour leur permettre de s’organiser et d’inviter qui ils souhaitent pour parler des choses communes à tous les guinéens. Donc, envoyer des agents des forces de l’ordre pour jeter des grenades lacrymogènes à l’intérieur de cette cour, c’est une provocation grossière de la part de ceux qui ont pris la responsabilité de donner cette instruction aux forces de l’ordre. C’est très dommage et ça ne permettra pas de créer un climat de confiance indispensable entre les gouvernés et les gouvernants », a réagi Bah Oury, interrogé par Africaguinee.com.

Plusieurs personnes qui prenaient part à cette cérémonie de lancement du mouvement Amoulanfé sont sorties ave des blessures légères quand la police a attaqué les locaux de la maison des associations sis à Yimbaya. Le leader du mouvement le Renouveau salue le courage de la population qui a pris la défense des locataires de la maison des associations. Selon lui, ceci est un excellent indicateur. 

« La population a pris la défense des locataires de la maison des associations. Je pense que ça aussi est une indication sur l’adhésion de la population aux idées de liberté et de démocratie qui sont développées et qui ont été défendues à l’intérieur de cette enceinte. C’est un excellent baromètre pour montrer que les populations guinéennes savent ce qu’elles veulent à l’heure actuelle », se réjouit-il. 

En Guinée, les opposants au projet de la nouvelle constitution ont souvent été victimes d’exactions et de répressions lorsqu’ils ont voulu s’exprimer. L’attaque visant la maison des associations n’est pas la seule. Des violences similaires visant notamment des opposants au troisième mandat sont constatés çà et là dans le pays.  Bah Oury dit déplorer cette situation qui selon lui concourt à la détérioration du climat de paix en Guinée. 

« Je déplore la détérioration du climat qui prévaut dans notre pays. Si des responsables de premier plan demandent d’aller traquer, débusquer des gens qui ne pensent de la manière qu’eux,  jusqu’à leur dernier retranchement, c’est une dérive qui pourrait amener à des explosions de violences qui ne seraient pas dans l’intérêt aussi bien de ceux qui dirigent actuellement que de la Guinée toute entière. La stabilité de la Guinée est une nécessité absolue. Donc, la retenue, la pondération, le respect des principes démocratiques doivent être de mise à tous  les niveaux, quelque soit les bords où l’on se place », préconise l’opposant.

A suivre…

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Lundi 17 juin 2019 à 16:57

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