Le camp de Cellou prévient Bouréma Condé : « on n’acceptera pas… »

Politique
Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG entouré de ses vice-présidents Aliou Condé (D) Fodé Oussou Fofana (G)
Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG entouré de ses vice-présidents Aliou Condé (D) Fodé Oussou Fofana (G)

CONAKRY-Faut-il craindre un nouveau "bras de fer" entre le parti de Cellou Dalein Diallo et le Pouvoir d’Alpha Condé ? Rien n’est moins sûr ! Alors que le Gouvernement n’a jours pas donné de calendrier pour la mise en place des conseils des quartiers et districts, l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) prévient qu’elle n’acceptera pas le statu quo. Aliou Condé le vice-président chargé des affaires politiques du parti s’est confié à notre rédaction.

AFRICAGUINEE.COM : La page de l’installation des exécutifs communaux et ruraux est pratiquement tournée. Mais pour parachever le processus, on doit procéder à l’installation des conseils de quartiers et districts. Où en est-on ?

ALIOU CONDE : On a entendu le ministre (Bouréma Condé), répondant à une question d’un élu,  dire qu’on a fait plus d’un an pour la mise en place des exécutifs locaux, les quartiers il faut les laisser comme tel. Et qu’il faut travailler avec ce que  les élus ont trouvé en place. C’est ce qui nous écœure et nous révolte. Comment le ministre peut-il dire de mettre la loi de côté et de travailler avec ce que l’administration a fait ? C’est ça le problème. On a une Loi qui est claire. Qu’elle soit votée par Paul ou par Pierre, elle a été votée par l’assemblée nationale, elle s’impose à tout le monde. Pour ces exécutifs communaux, nous avons dit à monsieur le ministre que ce n’est pas tout le monde qui domine le code électoral, ce n’est pas tout le monde qui domine le code des collectivités. Il est bon qu’en comité de suivi qu’on se retrouve, qu’on fasse des directives qui seront distribuées à tous les conseillers, à toute l’administration territoriale pour que les acteurs concernés par ce processus aient la même lecture de la chose. Et que les exécutifs puissent être mis en place sans anicroche (…) Mais il n’y a pas de volonté de transparence.

En ce qui concerne les quartiers c’est la même chose. S’ils veulent, on peut s’assoir, expliquer aux gens comment ça se fait et faire de la sensibilisation sur le terrain. Expliquer aussi aux populations ce que dit la Loi. Cette fois-ci, il s’agit de désignation, il n’y a pas d’élection. La loi dit que 15 jours après l’installation du maire, sur la base des résultats des élections locales, chaque liste en fonction des résultats qu’elle a obtenue désignera le nombre de conseillers au prorata de ses résultats. La liste arrivée en tête désigne le chef de quartier, la maire fait ensuite un arrêté de nomination. Est-ce que c’est un travail difficile ? Or, maintenir le statu quo est synonyme de laisser le RPG dirigé seul à la base. Nous ne pourrons pas l’accepter. Donc, c’est le refus de mettre en place les conseils de quartiers et districts qui va amener une nouvelle crise (…) si on veut le bonheur et la quiétude dans ce pays, il faut travailler avec les textes de Loi.

Voulez-vous dire que  jusqu’à présent vous n’avez pas été saisis par le Gouvernement pour la mise en place des conseils de quartiers et districts ?

Pas encore ! Le ministre a dit qu’on ne va rentrer dans cette dynamique, on va laisser les gens trouver en place. Imaginez ! Ratoma où nous avons gagné tous les quartiers. Mais tous les chefs de quartiers qui sont là sont désignés par le Pouvoir. Comment voulez-vous qu’il y ait une bonne collaboration entre eux et le maire ? Ça ne peut pas aller parce que  le chef de quartier sait qu’il tient sa légitimité du pouvoir exécutif et non du maire. On crée des distorsions où ça ne devrait pas être. Il faut que les guinéens soient suffisamment informés de cette situation. Le Gouvernement ne veut pas la quiétude. Après tout ce qu’on a connu comme déboires, je pense qu’il est temps d’arrêter et qu’on regarde en face le pays et essayer de créer une culture d’apaisement. Cet apaisement ne peut pas passer sans le respect de la Loi.

Qu’est-ce que l’UFDG envisage ?

Nous attendons quelques jours pour voir. Si le Gouvernement ne nous interpelle pas, nous allons l’interpeler. Ce qui est certain, nous ne laisserons pas les choses se faire. On s’est battu pour ça. Le point 2 a fait beaucoup de débats. On peut ne pas être d’accord. La plus part des gens qui n’étaient pas d’accord avec le point 2 disaient que si on applique cette loi, c’est l’UFDG et le RPG qui vont nommer les chefs de quartiers. Mais quand vous regardez aussi les résultats des communales : le RPG a 183 maires, l’UFDG a 120 maires. Si vous faites l’addition, ça fait déjà 303 maires. Ça veut dire que c’est eux qui sont sur le terrain. Donc, forcément c’est eux qui vont nommer aussi les gens des quartiers. Pourquoi veut-on que ça soit l’administration qui nomme alors que le code électoral dit que ce sont les listes qui vont désigner ?  C’est de ça qu’il s’agit.  Si on laisse, c’est comme si les 342 communes sont dirigées par le pouvoir. On sait que le Pouvoir nomme ses auxiliaires à la base. Nous ne pouvons pas accepter. En fait le pouvoir, tout son problème, c’est comment couper l’herbe sous le pied de l’UFDG. On ne peut pas l’accepter.

Interview réalisée par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Mardi 26 Février 2019 à 14:28