"Libération" de Toumba Diakité : la Cour d’Appel a rendu son arrêt (exclusif)

Massacres du 28 sept 2009
Le commandant Toumba Diakité
Le commandant Toumba Diakité

CONAKRY-Inculpé dans le massacre du 28 septembre 2009, le commandant Toumba Diakité qui avait introduit un « référé pénal » à la Cour d’Appel en vue de sa libération vient d’être situé. Ce vendredi 15 février 2019, cette juridiction de seconde instance  a débouté l’ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, également inculpé dans le dossier du 28 septembre.

« La libération de notre client n’a pas été autorisée. Sinon eux-mêmes (les juges, ndlr)  sont d’accord que le mandat de dépôt n’a pas été renouvelé. Or, en matière criminelle, après chaque six mois de détention (cinq jours avant le 6ème mois, ndlr), le juge d’instruction doit appeler les parties en débat contradictoires pour notifier la prolongation du mandat de détention ou la mise en liberté. Faute de quoi, la loi dit que la détention devient arbitraire, pour cela il faut nécessairement le libérer. Ils ont eu peur pour leur tête sinon sincèrement, il n’y a pas de raisons valables pour ne pas libérer notre client », a confié en exclusivité à Africaguinee l’un des avocats de Toumba Diakité.

Suspect « clef » des évènements du stade de Conakry en 2009, ce béret rouge avait fui la Guinée après avoir tiré sur le chef de la junte le 3 décembre 2009 suite à une rixe qui a mal tourné. En 2015, il a été arrêté à Dakar, la capitale sénégalaise avant d’être extradé  vers Conakry. Depuis, le commandant Toumba Diakité mène sa vie à la maison centrale de Conakry sous haute protection.

Ce militaire aguerri aux arts martiaux a été inculpé par la justice guinéenne pour les crimes commis au stade, le 28 septembre en 2009. Plus de 150 civils ont été tués ce jour, une centaine de femmes violées et de nombreux portés disparus  selon une enquête de l’ONU. Une dizaine de civils et de militaires ont été inculpés dans cette affaire. Parmi eux, l'ex Chef de la junte Moussa Dadis Camara qui vit en exil forcé au Burkina Faso.

Tous ces inculpés ont été renvoyés devant le tribunal criminel pour leur jugement. Sauf que depuis la clôture de l’enquête, il n’y a pas eu d’avancées significatives pour la tenue du procès alors que près d’une décennie après  les faits, les victimes sont toujours dans l’attente de  justice. La date du procès qui se tiendra dans une salle de Cinéma n’est pas fixée. Et d’autres inculpés -non des moindres- occupent toujours de hautes fonctions dans l’administration.

Une nouvelle bataille devant la Cour Suprême?

Toumba Diakité n’entend pas baisser les armes dans sa quête de liberté. Après le délibéré intervenu ce vendredi, ses avocats ont annoncé leur intention de saisir la Cour Suprême pour obtenir la libération de leur client, victime selon eux, de détention arbitraire.

«  Nous irons devant la Cour Suprême qui regorge de magistrats qui n’ont de compte à rendre à personne. On ne peut pas les sanctionner pour avoir dit le Droit. On peut espérer sur ce plan là », nous a confié ce proche du commandant Toumba, indiquant que parallèlement à cette action, ils vont saisir la Cour de justice de la CEDEAO.

Dossier à suivre…

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Vendredi 15 Février 2019 à 19:19