Mamadou Camara de la police : « Tout agent qui se rendrait coupable d’exactions… »

Interview
Mamadou Camara, Porte-Parole de la police nationale
Mamadou Camara, Porte-Parole de la police nationale

CONAKRY-Le Directeur Central de la Sécurité Publique vient de réagir suite aux graves accusations d’exactions qui sont portées contre les agents postés à Bomboly, dans le quartier Koloma, commune de Ratoma. Le porte-parole de la police nationale, Mamadou Camara rejette ces allégations de certains citoyens. Il prévient toutefois que si un agent s’est livré à des comportements répréhensibles sur le terrain, il subira la rigueur de la Loi. Ce haut responsable de la police qui s’est confié à notre rédaction, dresse également un bilan à mi-parcours des opérations des patrouilles mixtes (police-gendarmerie-militaire).

 

AFRICAGUINEE.COM : Des citoyens de Bomboly accusent vos agents déployés sur le terrain de graves exactions. Comment expliquez-vous ces comportements ?

MAMADOU CAMARA :Je m’inscris en faux contre toutes ces allégations. Les consignes sont très claires, nous sommes sur la route pour d’abord sécuriser les personnes et leurs biens, ensuite faciliter leur libre circulation, enfin empêcher tout trouble à l’ordre public de nature à porter atteinte à la liberté fondamentale des uns et des autres. Voilà les trois missions fondamentales pour lesquelles les gens sont sur le terrain. Tous les matins, il y a une équipe qui passe pour les briefer, les re-briefer. C’est la leçon qu’on répète à tout le monde, tous les jours. 

A notre connaissance, jusqu’aujourd’hui il n’y a jamais eu d’intervention de nos éléments dans les quartiers. Et quand il y a des cas de troubles, ce qu’ils font quand des personnes sont interpelées, c’est de les envoyer dans les commissariats ou dans les escadrons de gendarmerie. Parce qu’ils n’ont pas qualité d’entendre quelqu’un ou de dire à quelqu’un ce qu’il doit faire. Jusqu’à maintenant, il y a une équipe qui est constituée qui suit le mouvement des PA sur le terrain. C’est une équipe mixte au sein de laquelle, il y a les policiers, les gendarmes et les militaires. Donc, si les policiers se taisent sur un cas d’exaction, les gendarmes ou les militaires ne vont jamais se taire parce que quand il est révélé qu’une équipe s’est livrée à des comportements répréhensibles, c’est tout le PA qui va en pâtir. 

Donc jusque maintenant, en tant que Directeur Central de la Sécurité Publique qui coordonne l’activité de tous les Commissariats Centraux, je peux dire qu’aucun commissaire central ne m’a encore révélé qu’un PA a pris quelqu’un et le lui a déposé pour tel fait ou tel autre fait. Quand ils reçoivent un cas comme ça, ils m’informent et ils demandent la conduite à tenir. Donc, en résumé ce sont des allégations que nous ne pouvons pas accepter, ce sont des mensonges qu’on est en train d’attribuer à nos agents parce que nous les suivons. C’est une équipe mixte qui travaille sur le terrain. Ils sont là pour favoriser la circulation des personnes et leurs biens.

Les témoignages concordent tous sur les faits d’exactions. Est-ce que vos services vont tout de même mener des investigations beaucoup plus approfondies pour vérifier ces allégations et éventuellement sévir contre les agents qui se seraient mal comportés sur le terrain ? 

Si ces accusations sont avérées, les intéressés se livreront à la rigueur de la Loi. Parce qu’ils ne sont pas censés ignorer la Loi. Avant tout, ils sont citoyens bien qu’ils soient agents. Ils comparaîtront devant le conseil de discipline pour violation des consignes.  Si vous avez quelques citoyens qui ont été victimes de ces exactions, ils sont libres de se présenter, soit à l’Etat-major de la gendarmerie, soit au niveau de la Direction générale de la Police Nationale, ils seront reçus à bras ouverts afin qu’ils puissent être entendus et qu’on puisse remonter l’information. Nous sommes prêts à les recevoir, les écouter par rapport à leurs réclamations parce qu’on ne sait jamais tout ce qui se passe. Mais ça m’étonnerait qu’il y ait des situations comme ça sur le terrain, sans qu’on ne soit informé. Parce qu’on a infiltré même l’équipe qui travaille pour savoir exactement ce qui se passe. C’est pourquoi nous-mêmes, nous dormons difficilement la nuit parce qu’on est en train de suivre l’évolution de nos éléments sur le terrain pour que les trois missions qu’on leur a confiées soient accomplies dans de très bonnes conditions et qu’ils ne s’abattent pas sur des gens. Parce qu’ils sont là pour sécuriser les personnes et leurs biens.

Une semaine après le déploiement de ces dispositifs mixtes quel bilan à mi-parcours dresseriez-vous ? 

C’est très tôt de nous prononcer sur cette question, mais nous pensons que le bilan est positif. Comme vous le savez aujourd’hui, partout où ces PA ont été installés, il n’y avait pas pratiquement de vie dans ces zones. Mais aujourd’hui, la circulation est telle qu’il y a même des embouteillages qui se créent par endroit. Cela veut dire que tout le monde circule librement à ces endroits sans crainte. Nous pensons que si cela continue et que nous aussi nous continuions à parfaire nos opérations, les populations seront rassurées. Il y aura un climat de confiance qui sera créé entre la population et nos équipes. C’est ce que nous souhaitons d’ailleurs. Que les agents sur le terrain sachent qu’ils ont affaire à leurs parents, à leurs frères, à leurs mamans et que les citoyens sachent en retour qu’ils ont affaire avec leurs frères qui sont là pour les aider à faire évoluer leurs activités dans un environnement de sécurité. Donc à mi-parcours nous pensons que le bilan est positif. 

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 27 novembre 2018 à 18:17