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Exactions policières à Wanindara : des images et témoignages chocs…

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Violences à Conakry
Une victime des exactions dans le quartier Wanidara à Conakry-Africaguinee.com
Une victime des exactions dans le quartier Wanidara à Conakry-Africaguinee.com

CANAKRY-Suite à la mort du policier lynché à Wanindara, les forces de l’ordre ont opéré une véritable expédition punitive sur certains citoyens de ce quartier martyrisé par la mort tragique de deux jeunes. Les représailles ont laissé des traces indélébiles. Certains citoyens ont fui leurs habitations de peur d’être violentés.

Pillages, vols, brigandages, les policiers se sont livrés à toute sorte d’exactions sur des habitants de Wanindara. Ce quartier situé en haute banlieue de la capitale guinéenne ont connu toutes sortes d’abus. Ils accusent la police guinéenne d’être à l’origine de ces violences depuis la mort de l’un des leurs hier jeudi 8 novembre 2018. Ces sont des citoyens terrorisés que nous avons interrogés. Des maisons saccagées leur contenu emporté, des boutiques vandalisées, des motos brûlées, des voitures caillassées et des personnes blesseés. Le tableau est presqu'indescriptible par les victimes.

Kadiata Bah habitante de Wanindara, est l’une des victimes. Selon elle, tous ses biens ont été volés hier 8 novembre 2018 par les forces de l’ordre habillées en tenue noire. Les larmes aux yeux, elle explique dans quelles circonstances les forces de l’ordre sont rentrées dans sa cours.

« Le matin dès mon retour du marché j’ai trouvé des mouvements et on a fermé le portail de notre cour et on est resté dedans. Ensuite, les forces de l’ordre qui sont habillés en tenue noire sont venues avec leur chef taper fort la porte et nous sommes tous rentrer dans la maison. Après ils ont cassé le portail de la cour, ensuite la porte du salon et nous sommes rentrés aussi dans les chambres encore ils ont cassés les portes des chambres (pleure), et on est rentré sous les lits, leur chef nous a fait sortir. Moi personnellement il m’a tiré par le sein pour me faire sortir. Ils nous ont frappé tous. Après ils ont pris tout ce qu’on a dans la maison, les habits, l’argent, les bols, les valises, des documents, même la nourriture qui se trouvait dans le congélateur, ils avaient emporté. (Pleure). Nous les habitants de Carrefour-marché ils nous ont terrorisé. Ils ont dit hier qu’ils vont tuer tous les habitants de Wanindara parce que nous sommes des rebelles. Ils criaient tirez ! Tirez ! Tirez ! Ce sont des rebelles qui sont là, tuez-les ! On ne les pardonnera jamais » a-t-elle témoigné en larmes.

Fatoumata Diariou Baldé est aussi habitante du quartier Wanindara. Elle explique la scène et affirme que sa famille a tout perdu dans la maison. « On était dehors quand les policiers sont venus, on a eu peur et nous sommes rentées au salon. Ils ont cassé toutes les portes, nous nous étions sous les lits et les tables. Dès qu’ils sont rentrés ils nous ont fait sortir ils disaient tirez-les et moi je ne voyais que la mort. Ils ont pris les valises l’argents et nos habits. Ils ont cassé tout ce qui était dans la maison, les ordinateurs étaient au salon, le bureautique et les portatifs, la télévision, l’armoire, tout, ils ont tout cassé. Ils ont dit comme nous sommes restés là jusqu’à ce que leur ami a été tué et nous aussi ils vont nous tuer. Quand ils ont fini de prendre ce qu’ils voulaient prendre ils ont tiré le gaz lacrymogène dans la maison. Actuellement ma maman est paniquée elle n’a pas pu rester ici, elle est partie se réfugier chez mon oncle et ma belle-sœur avait 600 euros et moi aussi mon transport de la semaine, ils ont tout pris », a expliqué cette victime.

Kadiatou Diallo fait partie des victimes, elle revient à son tour dans quelles circonstances les policiers sont rentrés dans sa maison. « Hier les policiers sont rentrés dans notre cours, au moment où ils sont rentrés nous nous étions au salon. On les regardait par la fenêtre, ils ont cassé le portail de notre cours après on a fui pour aller rentrer dans la douche pour se cacher de dedans. Après ils sont venus au salon et ils ont brisé les vitres de la fenêtre et ils ont tiré le gaz lacrymogène dans la maison. Après ils sont repartis », a-t-elle aussi expliqué.

Ousmane Diallo a eu toutes ces deux motos brûlées devant lui. Lui aussi, accuse les policiers. « Nous sommes des victimes. Hier, les policiers sont rentrés dans notre cours, il y avait deux motos qui sont garés ici, ils ont fait sortir derrière la cours et ils ont brûlé. Ils ont brisé toutes les vitres des fenêtres », a-t-il témoigné cet habitant de Wanindara.

Cet autre vieux qui est malade n’a pas échappé à ces exactions. Monsieur Bah accuse général Bafoé d’être responsable de ces violences contre les populations.

« Hier, je faisais les ablutions au dehors ici lorsqu’ils sont venus casser la porte de la cours après j’ai fui pour rentrer à la maison. Je leur ai dit ce sont des malades qui sont couchés ici et ils ont jeté des cailloux sur la porte. Après ils sont partis vers la fenêtre et ils ont jeté le gaz lacrymogène dans la maison et ma maman étais couchée dedans elle est malade. Moi je suis diabétique, lorsque je leur dit que c’est des malades qui sont là, ils ont répondu après ils ont parlé le poular cassez tous. Ma maman vient du village elle est malade. Franchement c’est Bafoé qui est à la tête de tout ça, c’est lui qui était là hier au carrefour vers 15h 30. Nous on ne les pardonnera jamais, ils nous ont fatigué, on n’arrive pas à ouvrir les portes, ils ont gâté les cadenas. C’est ce matin-là qu’on a réparé le portail de la cours. On ne les pardonnera pas » a aussi témoigné cette victime.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

 

Créé le Vendredi 09 novembre 2018 à 15:45