Ousmane Gaoual : « J’ai été déçu par Alpha Condé… »

Opposition

CONAKRY-Le discours prononcé par le Président de la République à la veille du nouvel an, suscite des réactions chez les acteurs politiques. Pour Ousmane Gaoual Diallo député de l’opposition, l’adresse à la Nation d’Alpha Condé est en décalage absolue avec la réalité que les guinéens sont en train de vivre.

Le député uninominal de Gaoual qui a été interrogé par un journaliste d’Africaguinee.com a analysé le discours en trois parties. D’abord sur le bilan de la présidence en exercice de l'Union Africaine du chef de l'Etat guinéen, ensuite sur le plan Economique, enfin la Corruption.

Revenant sur le bilan de la présidence en exercice de l'Union Africaine du chef de l'Etat guinéen, le député Ousmane Gaoual Diallo affirme qu’Alpha Condé a saigné le budget national à cause de ses multiples déplacements. 

« Le seul intérêt qui a été obtenu pendant les 12 mois de la présidence en exercice de l'Union Africaine de Alpha Condé, ce sont les voyages en répétition. Donc ça a saigné le budget national à 350 mille euros au moins par déplacement du chef de l'Etat. Ce qui est très important, renvoyez ça à plus de 120 déplacements au cours de l'année. C'est énorme pour le budget national. Il a voyagé plus que l'ensemble des chefs d'États du G7. C'est-à-dire qu'aucun chef d'État des grands pays modernes n'a voyagé en 2017 comme Alpha Condé. Pour quel résultat ? Rien du tout. Les africains n'ont pas eu plus de visibilité sur la politique africaine. La crise, la traite négrière nouvelle version exercée en Libye est venue mettre à nue cette incapacité de l'Afrique d'avoir une voix entendue d'avoir une politique comprise. Le flux de l'immigration et les décès que ça occasionnent dans la méditerranée montrent aussi l'échec de la politique des pays africains notamment du sud du Sahara. La Guinée est particulièrement touchée par le phénomène migratoire. Si on voit les populations se déplacer en masse, cela n'a pas d'autres explications que l'échec politique, économique et sécuritaire dans notre pays », analyse le député uninominal de Gaoual. 

Sur le plan Economique, le conseiller politique de Cellou Dalein Diallo affirme que les 6% de croissance du pays en 2017 annoncé par le Président de la République n’ont pas eu d’effets sur  le panier de la ménagère guinéen.

« Sur le plan de l'économie nationale, on nous a parlé d'une croissance importante de 6%. Mais cette croissance de 6% ne s'est pas traduite dans le panier de la ménagère. Les guinéens n'ont pas eu un meilleur pouvoir d'achat. On a continué une baisse importante de pouvoir d'achat, on a continué à perdre notre économie. Cela s'illustre notamment par les manifestations très violentes qui ont secouée les villes comme Boké, Kérouané, Beyla et le mouvement syndical qui est venu couronner tout ça. Donc cela montre que les guinéens sont toujours impatients et attendent du pouvoir les dividendes de la politique économique de notre pays qui tardent à venir depuis 8 ans que Alpha Condé et le RPG ont eu une main mise sur l'économie » soutient Ousmane Gaoual Diallo.

Sur le plan de la Gouvernance, le député de l'UFDG a regretté le manque dit-il d'une politique efficace de la part du Gouvernement pour lutter contre la corruption qui gangrène l'administration guinéenne. 

« J'ai été très déçu en parlant du volet économie de n'avoir pas entendu le chef de l'Etat mettre son énergie dans la lutte contre la corruption et la prévarication des ressources financières de notre pays. Des exploitons sauvages de notre bauxite à Boké, l'enrichissement illicite des hauts cadres de l'Etat qui gèrent les régies financières est quelque chose de patent. Et puis, de plus en plus des hauts cadres croient que les recettes de l’Etat, au lieu de les déposer au trésor public, elles doivent être utilisées pour les propagandes du RPG. Donc la corruption est devenue de plus en plus amplifiée, complexée, généralisée dans notre pays. Donc c'est quelque chose de très grave », a fustigé le parlementaire.

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Jeudi 04 janvier 2018 à 14:55