Insécurité à Conakry : la psychose gagne la population…

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COANKRY- L’insécurité a atteint un seuil inquiétant en Guinée !  Kidnappings, assassinats, vols à mains armées, viols sur mineurs…Le tableau est sombre et difficile à peindre. Les populations vivent avec la peur dans le ventre.

« C’est avec regret que nous constatons que la situation sécuritaire s’empire du jour au jour. A chaque fois que de nouvelles autorités viennent, on a de l’espoir, on pense qu’un changement va être réalisé. Mais ça devient pire. L’insécurité commence à être le quotidien du guinéen en particulier le guinéen de la capitale à Conakry ici. Alors on se demande quelle est la politique que les autorités là développent par ce qu’on ne voit pas l’impact sur la vie de la population », dénonce ce citoyen Elvis Ouokpan DORE.

Fatoumata BALDE étudiante elle, s’inquiète d’un nouveau phénomène que sont les kidnappings. Elle encourage le Gouvernement à mettre en place une unité d’élite chargée uniquement de stopper ce fléau.  « Si l’Etat mettait des agents en place uniquement pour cette affaire de kidnapping et investir beaucoup d’argent et sur tout faire appliquer la loi sur les criminels, cette pratique va cesser ».

Pour freiner ce fléau, Mamady TOURÉ invite l’Etat à instaurer un système où la police et les populations pourront travailler main dans la main.

 « Notre police a assez de problèmes, elle n’est pas équipée. (…) Il n’y a que l’Etat qui peut mettre les moyens à la disposition de la police pour qu’elle puisse efficacement lutter contre cette insécurité grimpante. Mais aussi, mettre en place un système qui va permettre aux citoyens de participer efficacement à aider la police à lutter contre l’insécurité. Il faut que les lanceurs d’alerte, les personnes qui fournissent des informations à la police soient protégée », suggèrent ce citoyen.

Interrogé sur les causes de l’insécurité galopante en Guinée, IDrissa condé, sociologue, enseignant-chercheur explique le phénomène par plusieurs facteurs. « Le problème de l’insécurité peut s’expliquer par plusieurs domaines : le chômage des jeunes diplômés, la pauvreté par endroit mais aussi par la démission des parents qui, il faut le noter avec les différentes mutations socioéconomiques sont en train de plus en plus de fuir leur responsabilités en terme d’éducation et de suivis des enfants. C’est ce qu’à mon avis explique en grande partie cette recrudescence du phénomène de la criminalité à Conakry. »

L’universitaire ajoute que l’impunité est un autre facteur assez important qui explique la recrudescence de la criminalité. « Quand un réfractaire, un malfrat ou quelqu’un qui a porté atteinte à la loi est arrêté, jugé, retenu dans la culpabilité, quand cette personne-là n’est pas sanctionnée à la dimension de la faute commise, ça crée un précèdent. Et ça peut amener ceux-là qui avaient l’intention de le faire et qui avaient peur de la loi de tenter cette forfaiture ».

 

Oumar Bady DIALLO

Pour Africaguinee.com

Créé le Mardi 19 décembre 2017 à 9:47