Confidences de Bah Oury à la barre : « le doyen Saikou Yaya Barry m’a dit… »

Procès Mohamed Koula Diallo
Bah Oury
Bah Oury

CONAKRY- Bah Oury a comparu ce lundi 23 octobre 2017 dans le procès Mohamed Koula Diallo, journaliste tué le 5 février 2016 devant le siège de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée.

A la barre, l'ancien exilé politique, vert clair, mine bien soignée, vêtu d'une veste bleue ciel et d’une chemise blanche est resté droit dans ses bottes. Selon Bah Oury l’assassinat contre sa personne a été prémédité et soigneusement préparé. « Mohamed Koula Diallo était sur la trajectoire de la balle qui m’était destinée », jurait sans cesse l’ancien ministre qui considère Mohamed Koula comme une victime collatérale dans le complot qui le visait.

A la question d’un avocat de la défense de savoir qui l’a encouragé à se rendre au siège de l’UFDG le vendredi 05 février en dépit de son exclusion ; sans tergiverser affirme que c’est le doyen Saikou Yaya Barry.  

" Le 3 février je suis allé chez le doyen Saikou Yaya Barry qui était entouré de certains de ses conseillers. Il m'a dit Bah Oury va au siège (le 5 février, ndlr) pour saluer le bureau exécutif, ne soit pas accompagné par de nombreuses personnes. Le 04 Cellou et son clan se sont réunis pour prendre une décision m'excluant en catimini. J'ai appris la nouvelle par voie de presse",  a expliqué Bah Oury répondant à une question de maître Maky Touré. 

Le même jour a-t-il poursuivi à 20h, il dit être allé voir le doyen Saikou Yaya Barry pour lui demander des conseils face au nouveau contexte. « Il réitéré la même chose. Il m'a dit  va au siège comme je te l'ai demandé. Va saluer les membres du bureau exécutif », a insisté le politicien, martelant qu’il est le fondateur et vice-président de l'UFDG. A ce titre, après plus quatre années d’exil, il se rendait au siège pour saluer et remercier les membres du bureau exécutif pour ce qui a été fait durant son absence.

Plus loin, Bah Oury dira que la réunion préparatoire visant à le liquider a eu lieu le 04 après que la décision l’excluant du parti ait été prise. Il reconnaît cependant avoir compris cela plus tard. « Lorsque certains ont décidé de m'exclure, il y avait un groupe d'artiste qui était venus chez moi pour me dire voyons ensemble comment trouver une solution. C'est sur place qu'ils ont appris la décision d'exclusion. Après, ces derniers sont allés voir Cellou Dalein pour lui dire que ce n'est pas ce qui était convenu. C'est après ça que la réunion préparatoire visant l'assassinat prémédité contre ma personne s’est tenue », a-t-il soutenu.

Il a toutefois avoué qu’il n'était pas au courant de toutes ces réunions. C'est au fil des mois que les gens ont commencé à parler qu’il a su, a-t-il noté, ajoutant qu’il y eu aussi des faits concordants qui l’ont convaincu l'acte a été prémédité et qu’il y avait un guet-apens tendu contre sa personne le 05 février. « Je ne pouvais jamais m'imaginer que des gens avec lesquels j'ai travaillé, dont certains que j'ai sauvé au stade de 28 septembre, j'ai fait beaucoup de choses allaient organiser l'assassinat de Bah Oury », s’exclame-t-il. 

En se rendant au siège de l’UFDG, Bah Oury a déclaré qu’il n’avait pas de garde de corps et qu’il n’était pas porteur d’une arme. « Étiez-vous armés? », lui questionne maître Salifou Béavogui. « Je ne porte pas d'armes, je n'en ai pas besoin », rétorque Bah Oury.  

A la question de savoir quelle disposition a-t-il pris avant de se rendre au siège, il a indiqué que la seule précaution qu’il a prise est celle dire de dire à Lamine Keita de ne pas l'accompagner.

« Je n'avais pas besoin de me protéger (...) Dieu m'a sauvé et malheureusement la balle qui m'était destinée a ôté la vie du journaliste Mohamed Koula », a regretté.  A la question de savoir qui lui a donné l'identité du porteur de l'arme, BAH Oury a dit qu'il ne répond pas. Il a cependant soutenu qu’il détient des preuves que certains avaient des armes ce jour-là et qu’il les apportera lorsque le tribunal jugera nécessaire, a tranché M. Bah soulignant qu’il n’a aucune responsabilité morale dans l’assassinat de Mohamed Koula Diallo.

« Est-ce que la gendarmerie de Hamdallaye vous avait appelé pour vous demander de ne pas aller au siège ? », demande maître Béa. « Non », répond Bah Oury. « Saviez-vous que l'UFDG a écrit à la mairie de Dixinn et à la gendarmerie de Hamdallaye  (…) ? » Face à cette question, Bah Oury a eu une lecture plutôt singulière. Selon lui, cela fait partie de la préméditation de tentative d'assassinat visant sur ma personne. Mais le scénario a été inversé.

« Ils voulaient que les forces de l’ordre soient là ce jour pour que je sois assassiné dans la confusion pour porter la responsabilités sur Alpha Condé, comme on avait porté la responsabilité de la mort Diallo Tély à Sékou Touré », a interprété l’ancien exilé politique, confiant de passage que pendant ses années d'exil, les amis d'avant sont devenus des ennemis jurés.

Les audiences doivent reprendre le 30 octobre 2017 avec la suite de la comparution d’Abdoulaye Diallo qui avait reçu un coup de poignard lors des affrontements devant le siège de l’UFDG le 05 février 2016.

A suivre…

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 24 octobre 2017 à 10:31

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