Labé : la mairie mise à l’index…

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LABE-Les citoyens des quartiers Doghora et Daka dans la commune urbaine de Labé renouent avec la psychose ! Ils craignent des inondations aux conséquences souvent désastreuses en saison des pluies. Certains habitants de ces quartiers accusent cette année encore la mairie d’avoir permis la construction des boutiques et magasins au bord de la rivière. La réalisation de ces infrastructures empêcherait les eaux de ruissellement d’avoir une issue pendant les périodes de crue. Quant à la commune, elle estime que les risques d’inondations sont écartés avec le curage des caniveaux.

Mamadou  Madiou Diallo, la soixantaine trouvée à son domicile non loin de la rivière Doghorawol a exprimé toute son inquiétude avec l’annonce des fortes pluies : «  nous avons vécu ici depuis plusieurs décennies mais la pluie n’avait jamais inondé nos concessions. C’est la construction des boutiques de l’autre côté de la rivière qui barre le lit du marigot, maintenant quand il y  a la crue, les eaux viennent directement dans nos maisons. Nous n’avons parlé mais nous n’avons obtenu aucune réponse satisfaisante de la part des autorités. Tout le monde a vu ces bâtiments poussés à la gare routière ici sans dire mot » a expliqué ce père de famille qui souhaite la construction d’un pont pour relier son quartier à celui de Daka

Au quartier Doghora et une partie des quartiers située dans le Bas fond, les citoyens vivent avec la peur dans le ventre. Amadou Tidiane Diallo s’inquiète : « chaque année nous sommes confrontés à ces inondations, cette année encore nous ferons face à ce phénomène, l’autorité doit nous aider pour nous sauver de ces dégâts habituels, tout le monde sait que les constructions en face sont les causes du calvaire que nous subissons à chaque saison des pluies. Nos clôtures cèdent nos biens se retrouvent dans l’eau. Nous souffrons. Nous ne dormons pas en saison pluvieuse parce que à tout moment, nous nous attendons à des marres d’eau dans nos maisons »

Cette dame déplore l’inertie des autorités et pointe du doigt les constructions anarchiques faites sur l’autre rive ou une gare routière est érigée depuis quelques années avec des boutiques et magasins : « c’est devenu une tradition nous enregistrons des pertes énormes de bien matériels. C’est une seule fois que j’ai vu les autorités ici suite à une inondation promettant de nous aider mais rien encore. Nous avons toujours le regard sur nos autorités afin qu’elles nous aident à  pallier définitivement à ce problème d’inondation qui perpétue depuis trois ans maintenant. Ces trois ans passées, nous n’avons pas connu la paix ici avec ces eaux. Les boutiques faites à la gare routière ici sont les principales causes», accuse t elle.

Au niveau des boutiques faites à coût des tonnes de bétons les occupants des lieux n’ont pas voulu s’exprimer à notre micro. L’unique occupant a confié hors micros que les boutiques n’ont rien à voir avec ces inondations.

La mairie de Labé régulièrement accusée d’être responsable de ces inondations pour avoir donné l’autorisation de construire les boutiques au bord de la rivière Doghorawol,  estime cette fois que les risques d’inondations sont écartés suite à un curage des caniveaux à travers la ville. Mamadou Doumbouya est le vice président de la délégation spéciale de Labé : « nous pensons que les risques d’inondations cette année sont écartés, le projet filets sociaux  en rapport avec la commune a curé les caniveaux et les lits des cours d’eau depuis le quartier Tata jusqu’à Donghora, il faut que les riverains empêchent tout citoyen de mettre les ordures dans les caniveaux et les cours d’eau », se défend-il.

 Répondant à l’accusation contre la commune concernant les boutiques incriminées ; le vice-président de la délégation réfute : « les places construites à Doghora n’ont rien à avoir avec le lit du marigot. Je pense que les techniciens de l’habitat avaient mené les études approfondies avant d’autoriser la construction de ces boutiques », a-t-il répondu.

En attendant, les populations riveraines  de cette rivière ont cessé de dormir sur leurs deux oreilles comme il est de coutume pendant toute la saison pluvieuse. Il arrive souvent qu’elles soient réveillées par des marres d’eau dans leur sommeil. L’on se rappelle il y a quelques années des habitations y compris une station-service situées sur long de ce cours d’eau ont été fortement inondées, entre le pont de Hoggo Mbouro, jonction avec le quartier Tata 1 jusqu’à la rentrée du quartier Doghol en passant par Doghora.

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mercredi 17 mai 2017 à 15:13