Conakry : Un imam frôle la mort dans une attaque armée à son domicile…

Insécurité
Elhadj Mamadou Bello Diallo
Elhadj Mamadou Bello Diallo

CONAKRY- L’insécurité  bat son plein dans capitale guinéenne Conakry ! Dans la nuit du vendredi  à Samedi 04 février 2017, Elhadj Mamadou Bello Diallo, premier imam de la mosquée du quartier Kobaya, secteur 1 cité chinoya, a été victime d’une attaque armée à son domicile.

Selon la victime les assaillants portaient des tenues de police de la CMIS (compagnie mobile d’intervention et de sécurité) avec gilets pare-balles. Entouré de sa famille et de ses proches, encore sous le choc, Elhadj Bello Diallo explique les circonstances de cette attaque.  

« Vers 2heures 30 du matin un groupe d’hommes armés sont venus défoncer la porte de la Cour. Quand j’ai entendu le bruit, je suis descendu. Je ne pouvais pas imaginer que c’était des bandits. Quand je suis arrivé à la rentrée principale, j’ai vu un groupe se diriger vers moi. Ils m’ont dit qu’ils sont venus pour m’éliminer. Je leur ai répondu que c’est Dieu seul qui peut m’éliminer. Après quelqu’un m’a cogné avec son fusil, ils m’ont blessé au front et m’ont intimé de les amener directement dans ma chambre pour sortir l’argent et leur donner. Sinon ils vont éliminer tous mes enfants. Je leur ai dit que je n’ai pas d’argent. Ils m'ont forcé à les conduire dans ma chambre, ils ont dépouillé, cassé, saccagé les armoires, le lit en cherchant l’argent.

D’autres sont partis dans les autres chambres où ils ont tout cassé. Dans la chambre de ma femme, là aussi ils ont renversé le lit, ils ont tout démoli en cherchant ce qu’il n’y en a pas. Ils ont pris des ordinateurs, des téléphones, des bijoux, des habits non utilisés.

Nous étions en train de préparer le mariage d’un de mes enfants, nous avions acheté la valise, ils l’ont emporté telle qu’elle est. Ils ont pris des roulettes, des sacs à dos…ils ont récupérer la clef de ma voiture, mon téléphone. Ils m’ont terrassé, j’étais à terre, quelqu’un a mis son pied sur ma tête, je saignais. Un d’entre eux a pointé son fusil sur la tête de mon enfant en disant que si je ne sors pas l’argent, ils vont l’éliminer. J’ai dit à mon fils de se coucher mais on ne peut pas leur donner ce que nous n’avons pas. Pendant ce temps d’autres pillaient les autres chambres.

Un de mes enfants qui était à la Minière a été alerté par sa maman qui était cachée quelque part dans la maison. Ce dernier s’est vite dirigé à Hamdallaye où il a pris deux Pickups de gendarmes ils sont arrivés vers 4 heures. Dès que les assaillants ont entendu les bruits de ces pickups, ceux qu’ils avaient postés aux alentours dehors, ont commencé à tirer. Ceux qui étaient à l’intérieur dès qu’ils ont entendu les tirs dehors, ils se sont précipités pour sortir en courant. Quand les tirs ont commencé, les gendarmes qui étaient venus se sont repliés », a expliqué à notre rédaction la victime entourée de ses proches encore sous le choc.   

Les assaillants courent dans la nature. Les gendarmes n’ont pas pu mettre main sur un d'entre eux. Elhadj Mamadou Bello Diallo indique que l’un des malfrats était habillé en caftan et portait une cagoule. Ils parlaient Poular, Soussou, Malinké et français, rapporte l’imam, confiant qu’il n’a jamais reçu de menace à son lieu de travail ou dans son voisinage. Il lance un appelle aux autortés pour protéger la population. 

« Je remercie Allah parce que c’est lui seul qui nous a sauvé. Je suis le seul qui a été blessé. Les objets qu’ils pris, Dieu peut nous donner plus que ça encore. Mais je demande à l’autorité de faire tout pour protéger la population. Nous n’avons pas des moyens pour nous protéger. Personne n’est épargné aujourd’hui. C’est difficile de vivre dans un pays où il n’y a pas de sécurité. Je demande à l’Etat guinéen de faire tout pour sécuriser la population», lance M. Diallo.

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

 

Créé le Samedi 04 Février 2017 à 17:10