Labé : des chiens errants menacent la sécurité des citoyens…

Echos de nos régions

LABE-Le centre-ville de Labé est envahi par des chiens errants. Ces carnivores apparaissent le plus souvent la nuit. Craignant pour leur sécurité, plusieurs citoyens ont attiré l’attention de la commune et le service vétérinaire qui s’occupe de l’abattage des animaux errants qui représentent un danger. Mais la municipalité justifie son inaction par l’interdiction de l’utilisation des produits chimiques destinés à l’abattage des chiens errants.

 La ville de Labé enregistre une présence importante  de chiens errants au centre-urbain notamment au grand-marché et dans certains lieux publics . C’est une menace qui pèse sur la vie des citoyens surtout que ces chiens errant ne sont pas vaccinés. Il y a deux ans, une campagne d’abattage avait réussi  dans la ville. Mais, depuis, aucune autre initiative n’a été engagée dans ce sens. Les habitants de Labé se plaignent.

Dr Mamoudou Diawara, médecin vétérinaire explique : « En 2014, nous avions réussi une campagne d’abattage d’au moins une quarantaine de chiens et une dizaine chats. Mais les moyens à notre disposition ne nous ont pas permis d’aller jusqu’au bout. Aujourd’hui à l’hôpital des victimes de cas de morsures de chiens y sont conduites souvent, les éleveurs ont les mêmes problèmes concernant leurs bétails qui sont attaqués et les plaintes ne manquent pas dans les quartiers par rapport au chien », explique le médecin.

La mairie de Labé dirige le service d’assainissement, les décideurs disent être conscients du phénomène qui prend de l’ampleur avec ses multiples menaces, elle se défend en expliquant que les produits chimiques habituellement utilisés pour l’abattage est interdit.  

Mamadou Aliou Sampring est conseiller communal : « les chiens sont tellement nombreux dans la ville que ça dérange tout le monde. Nous avons peur de la menace de ces chiens à l’endroit de la population parce que les chiens errants ne sont pas vaccinés, donc le danger est là », consent ce travailleur de la commune, regrettant que la rencontre tenue au gouvernorat pour réunir les dispositions afin de les abattre n’a pas trouvé de consensus sur le mode à utiliser pour l’abattage.

« Il restait juste à trouver le produit utilisé habituellement pour tuer les chiens mais on nous fait savoir que ce produit dont j’ignore le nom est interdit par l’OMS suite au danger lié à son utilisation parce que les répercussions sont néfastes même pour l’homme qui pourrait aussi perdre la vie s’il est exposé », explique M. Sampirin.

Pourtant des citoyens avaient demandé à la commune d’utiliser des fusils de chasse contre les chiens a défaut du produit, mais cet aspect a été rejeté  l’autorité. « certains nous ont proposé de fusiller les chiens, mais nous avons trouvé que ce n’est pas une bonne chose de tirer au centre ville. Pour le moment nous sommes en train de chercher un autre moyen, des produits moins toxiques peut-être pour débarrasser la ville de ces chiens errants. Pour l’instant on n’a pas trouvé le produit sinon c’est un phénomène qui nous préoccupe » se justifie Aliou Sampiring Diallo

Docteur Mamadou Kalifa Diallo, du service vétérinaire de Labé, donne d’autres raisons qui justifient cette interdiction de l’usage du produit. Selon lui, « l’organisation mondiale de la santé l’interdit certes,  mais au niveau de l’élevage l’organisation internationale épizootique qui étudie l’effet secondaire des produits jetés dans la nature. Cette organisation en commun accord avec l’OMS qui a dit que la strikinine qu’on utilise n’est pas bonne surtout en saison hivernale, ce qui fait que tout le monde traine le pas vis-à-vis des chiens errants mais c’est dangereux », renseigne-t-il.

Docteur Kalifa condamne le fait que les gens adoptent des animaux domestiques sans les entretenir. « Pour élever un animal, il y a des principes. Il y a l’encadrement, la nourriture, le loger et le soigner en cas de maladies. Si un chien toute la journée vous le mettez à la chaine, c’est la nuit que vous le lâchez dans votre cour. Presque personne ne dirige son chien vers le service de l’élevage pour son traitement, d’ailleurs tous les chiens que vous voyez en ville avant ils étaient dans une famille, c’est le manque d’entretien qui les fait partir. En ville vers la boucherie, si  des chiens  abandonnés trouvent des os et autres, ils ne retourneront plus dans les familles. C’est comme ça que tout est parti, aujourd’hui ils se comptent par centaines, il faut sortir la nuit pour s’en rendre compte » a déploré ce cadre de l’élevage

Rencontrée au grand marché de Labé, une jeune femme vendeuse de condiments explique sa mésaventure avec ces chiens errants : «  il y a juste deux mois, aux environs de 19h au marché Yenguema, je m’apprêtais à rentrer chez moi, dans un coin obscur j’ai marché sur un chien qui m’a mordu la jambe. Il m’a fallu débourser plus de 700,000 gnf pour mes soins et ça pris du temps. Donc les autorités doivent se lever pour extraire de la ville ces chiens qui sont devenus une menace pour nous, même le simple fait de circuler près des condiments c’est un problème », alerte la dame.

Outre ces chiens errants, des vaches et des malades mentaux s’installent sans inquiétude aucune au niveau de certains points stratégiques de la ville, les grands carrefours, les ronds-points. Ce qui inquiète les habitants de la commune urbaine de Labé.

Alpha Ousmane Bah

Tel. (00224)657 41 09 69

 

 

 

Créé le Vendredi 11 novembre 2016 à 16:10