Agression portugaise de 1970 : Le Général Facinet Touré a-t-il «menti»?

Agression 1970

CONAKRY-Témoin de l’histoire politique de la Guinée, l’actuel Médiateur de la République est accusé d’avoir menti sur l’agression portugaise du 22 novembre 1970. Dans un journal de la place le Général Facinet Touré aurait qualifié cette attaque de « montage » et des « faux complots de Sékou ».

Des affirmations qui ont irrité le parti PDG-RDA qui a fait une mise au point sur cette page sombre de l’histoire de la Guinée. Nous vous proposons cette déclaration qui nous est parvenue à cet effet.

Monsieur le médiateur de la République, on ne saurait être plus cynique. Il est impensable qu’un homme de votre passé en vienne à de telles conclusions au soir de sa vie, c’est-à-dire tout juste avant celui devant lequel on ne ment pas, le Tout Puissant Allah.

En effet, nous l’affirmons devant le peuple de Guinée et le maintenons que personne ne connaît mieux le PDG aujourd’hui que vous, Général Facinet Touré :

a)- Vous êtes  l’homme qui a occupé les bureaux du président Ahmed Sékou Touré après sa mort et la prise du pouvoir par l’armée.

b)-Vous vous êtes saisi de ses archives personnelles

c)- Vous êtes  l’homme qui a présidé la commission d’enquête du CMRN chargée de faire la lumière sur les dossiers des complots en vue  de rédiger un livre blanc en réponse à ceux publiés par le PDG en son temps.

A ce titre vous avez hérité de toutes les archives du camp Boiro et de toutes les prisons du pays ainsi que les archives de la présidence de la République auxquelles vous avez rendu hommage par la qualité de la tenue.

Une commission comprenant d’éminentes personnalités dont des historiens, journalistes et intellectuels avisés de l’époque, avait été constituée sous votre haute présidence.

Le Peuple de Guinée était en droit d’en attendre beaucoup de cette commission. Mais malheureusement depuis lors, plus rien, silence absolu de 1984 à maintenant.

Non seulement le livre blanc n’est pas sorti, mais à  ce jour toutes les archives ci-dessus citées ont disparu.

Quelques extraits bien choisis sont souvent publiés par des journaux proches de vous comme le Lynx. D’autres se promènent entre les mains des anciens détenus.

Comment cela se peut-il dans un pays ?

Drame ou ironie du sort, après avoir retiré du circuit tous les documents gênants et accablants, films, cassettes et video-cassettes, manuscrits à charge, les principaux membres de la commission se sont mis à publier des livres pour dénoncer les traitements subis par eux ou leurs parents pendant leur détention au camp Boiro, grossissant à volonté les faits et déformant d’autres tout en se déclarant victimes innocentes ou expiatoires de règlements de comptes. Quelqu’un a dit que le ridicule ne tue pas.

Au lieu de dénombrer nommément et dates à l’appui les prisonniers et les publier puisqu’on les connaît, on se complaît à publier 50 000 morts que l’homme l’on attribue à Amnisty Internationale section Paris.  De deux choses l’une, on a fait cette opération mais le chiffre étant ce qu’il  est, on a préféré inventer et coller cela à une ONG internationale. On pense abuser qui ?

Après avoir pris les documents qui les confondent et la mort de beaucoup de témoins, on pense que le dossier est clos. Ils l’ont ouvert par ces actes sans le savoir. La vérité se saura parce que Dieu, le témoin implacable existe, ne leur en déplaise.

Le PDG se demande comment honnêtement on peut parler de réconciliation nationale sans savoir le contentieux réel, objet du différend, sans connaître la vérité sur les faits ?

L’opinion nationale, celle africaine et internationale pourraient-elles nous prendre au sérieux ?

La Guinée peut-elle tomber si bas après avoir indiqué la voie de la liberté vraie à ses frères et à les y aider ?

Un homme comme le Général Facinet Touré qui connaît trop sur le dossier peut-il traiter de faux ce qui est et dont il détient la confirmation ?

De qui veut-il se moquer ? Du peuple de Guinée ? En tout cas pas de Ahmed Sékou Touré qui est mort de sa belle mort ou du PDG qui a relevé le défit de l’histoire.

Tout le monde en convient, même ses ennemis inextinguibles.

L’agression du 22 novembre 1970 a été effectivement le point culminant de la guerre d’indépendance subie par la Guinée après le vote référendaire du 28 Septembre 1958.

Loin d’être un montage comme vous l’affirmez, elle a été bel et bien gérée par les Nations Unies représentées par une délégation de cinq nations, le jour même de l’acte ignoble, par l’OERS d’alors présidée par un ministre sénégalais, et l’OUA d’alors par un conseil Ministériel extraordinaire réuni à Lagos au Nigeria. Ces institutions internationales avaient fourni des résolutions connues du monde entier.

General Facinet Touré, vous devez savoir que le gouvernement français avait reconnu et regretté ces menées subversives contre la Guinée dans un communiqué franco-Guinéen publié à Paris, à Conakry et à New-york le 14 juillet 1975. Nous tenons à vous rappeler tous ces faits que vous connaissez parfaitement.

Vous –même dans votre passage dans l’émission de la RTG «  Archives de Guinée » vous avez avoué qu’une puissance étrangère vous a fourni le carburant pour mettre à bas le régime du PDG-RDA au lendemain du rappel à Dieu de Ahmed Sékou Touré, son leader inespéré.

Cela aussi est-il faux ?

 Le PDG le savait, mais il attendait le moment. C’est arrivé avec vos aveux publics.

Nous préparons notre riposte.

 

Prêt pour la Révolution!

 

 

                                                                                  Pour le BPN

       El Hadj Bakary Diawara

Secrétaire par Intérim

 

Créé le Dimanche 16 octobre 2016 à 17:05