Racket et bavures policières en Guinée : Des citoyens interpellent le gouvernement…

Insécurité

CONAKRY- En dépit de quelques avancées notables enregistrées dans la réforme engagée par les autorités guinéennes dans le secteur des Forces de Défense et de Sécurité, certaines pratiques néfastes persistent encore. Les citoyens continuent de se plaindre des exactions qu’ils subissent en longueur de journée de la part des services de sécurité. Une situation qui devrait davantage attirer l’attention du Gouvernement.

L’air désespéré, Barry Abdoulaye affirme avoir été victime d’une arnaque sur la route de Donka. « Aujourd’hui, des policiers m’ont arrêté et verbalisé. Ils m’ont soutiré 100.000 francs guinéens, pour la seule raison que mon véhicule a des vitres fumées. Mais au même moment je voyais d’autres véhicules qui ont des vitres fumées circuler à longueur de journée, même des VA (véhicules administratifs, Ndlr », s’est plaint ce citoyen interrogé par notre reporter.  

Encore sous le choc, Mara Abdoulaye croisé à la gare routière de Madina dénonce le laxisme des services de sécurité. Il dit avoir échappé de justesse à la mort lors d’une attaque dont il a été victime.

« En novembre dernier, j’ai été victime d’une attaque armée des coupeurs de route à Labota dans Kindia, non loin d’une gendarmerie. Les bandits armés ont tué une personne dans mon véhicule et blessé quatre autres. Les agents de sécurité sont complices, parce qu’ils ne font pas leur travail. Et rien n’a été fait jusqu’à présent », a accusé ce conducteur de taxi Conakry- Siguiri.

Mariam Diallo habitant à Bambéto, dénonce le comportement des services de sécurité lors des manifestations politiques. Selon elle, les policiers « volent et brutalisent » la population civile.

« Lors des violentes manifestations ici, les agents de la police rentrent jusque dans les maisons, pour arrêter des gens. Si tu les croises sur ton passage, ils retirent ton téléphone et tout ce que tu as. J’ai été victime une fois », a regretté Mariama Diallo.  

Ibrahima Kalil Traoré architecte de formation, estime que la corruption est même entretenue par l’Etat qu’il invite à prendre des mesures coercitives contre les Hommes en uniforme indélicats.

 « Il y a des gens qui n’ont pas de dossiers de leur voiture ni permis de conduire qui circulent à Conakry, parce qu’ils sont encouragés par les policiers.  Il suffit juste d’avoir cinq mille francs guinéens. Quelques fois, ces policiers quémandent 1000 francs guinéens aux  chauffeurs. C’est du n’importe quoi. L’Etat doit prendre des mesures concrètes », a interpellé Monsieur Traoré.

A son arrivée au Pouvoir en 2010, le président Alpha Condé a engagé un vaste programme de réforme du Secteur de Sécurité. Si une avancée non négligeable a été enregistrée, beaucoup restent à faire encore.

Le Ministère de la sécurité et de la protection civile s'est doté d'un tableau de bord sur la sécurité publique, sous financement de l’Union européenne à travers le PARSS (Programme d’Appui à la Réforme du Secteur de la Sécurité). Il vise à regrouper un ensemble d’indicateurs et de statistiques portant sur les infractions portées à la connaissance des services de police et sur l’activité policière sur la voie publique.     

 

BAH Aissatou

Pour africaguinee.com

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Créé le Mercredi 28 septembre 2016 à 11:56