Massacres du 28 septembre 2009 en Guinée : Vers une saisine de la Cour Pénale Internationale ?

Justice

CONAKRY- La Fédération Internationale des Droits de l’Homme a haussé le ton ce vendredi face au “retard“ accusé dans le traitement du dossier lié aux massacres du 28 septembre 2009, a appris Africaguinee.com.

Cinq après les massacres du 28 septembre 2009, les victimes attendent toujours justice. Face à la lenteur « insupportable » de l’instruction, la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH) qui est partie civile dans cette affaire, menace de porter le dossier en dehors de la Guinée.

‘’Seulement huit personnes inculpées dont un gendarme pour viol’’, s’étonne  Souhayr Belhassen en conférence  de Presse, ce vendredi à Conakry. Alors que plus 400 victimes ont été entendues par le pool des juges d’instruction dans cette affaire de grave violation des droits de l’Homme.

 ‘’Nous trouvons que cette procédure a été extrêmement lente pendant ces quatre années. C’est insupportable ce procès qui traine en longueur’’, ajoute la présidente d’honneur de la FIDH.

Selon elle, les avancées deviennent nécessaires et urgentes pour que la Cour Pénale International  n’intervienne pas. ‘’C’est inéluctable de juger les massacres du 28 septembre en Guinée. C’est très important que la justice soit rendue aux victimes de ces massacres’’, insiste-t-elle.

Puis de mettre en garde : ‘’si des actes judiciaires forts et des  résultats tangibles ne sont pas enregistrés dans les prochains mois pour clôturer les instructions en cours, la Cour Pénale Internationale se saisira prochainement du dossier et jugera les présumés responsables en dehors de la  Guinée’’, prévient la présidente d’honneur de la  FIDH.

Depuis 2010, la FIDH et l’Organisation guinéenne pour la défense des droits de l’Homme  et du Citoyen (OGDH) se sont constituées parties civiles dans le dossier judicaire des massacres du 28 septembre 2009. A ce jour, elles ont accompagné près de 400 victimes devant les juges d’instructions. Mais en quatre années de procédure, seulement huit personnes ont été inculpées pour des faits présumés être commis par plusieurs dizaines d’éléments des Forces de l’ordre. Parmi ces inculpés figurent le colonel Moussa Thiegboro Camara, le Colonel Claude Pivi alias Coplan, tous occupants de hautes fonctions à ce jour dans l’administration guinéenne.

Pour rappel, le 28 septembre 2009, des milliers de manifestants pacifiques se sont rassemblés au stade de Conakry sur appel de l’opposition politique. Pour protester contre le régime militaire dirigé à l’époque par le capitaine Moussa Dadis Camara. Des  bérets rouge de la garde présidentielle ont alors encerclé le stade et ont ouvert le feu sur les manifestants. Au moins 157 personnes ont été tuées, une centaine de femmes violées, 84 personnes portées disparues dans ces massacres, selon une enquête de l’ONU.

 Nous y reviendrons !

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Vendredi 13 juin 2014 à 22:34