Libye: Saïf al-Islam et Abdallah al-Senoussi vont être jugés cette semaine

TRIPOLI-Réclamés par la Cour pénale internationale (CPI), le fils de l’ex-dictateur et son ancien chef des renseignements pourraient, pourtant, être condamnés à mort dès jeudi…

Assassinats, pillage et sabotage, actes portant atteinte à l’union nationale, trafic de drogue, complicité dans l’incitation au viol, enlèvement, dilapidation des deniers publics… La liste des chefs d’accusation dont doivent répondre, jeudi 19 septembre à Tripoli (Libye), trente anciens proches de Mouammar Kadhafi n’en finit plus. Arrêtés lors de l’effondrement du régime, ils encourent tout simplement la peine de mort par pendaison.

Dans le box des accusés, ce sont surtout les cas de Saïf al-Islam et Abdallah al-Senoussi qui intéressent la communauté internationale. Le premier n’est autre que le fils de l’ancien guide de la révolution libyenne que l’on présentait comme son successeur désigné. Détenu dans le nord-ouest du pays par la brigade de Zintan, celui dont le prénom signifie «le glaive de l’islam»  est pourtant réclamé par la Cour pénale internationale (CPI) qui estime que «les conditions d’un procès équitable ne sont pas réunies».

«Il connaît bien des secrets…»

La communauté internationale pourrait bien faire pression sur les autorités libyennes afin qu’elles livrent Saïf al-Islam à La Haye (Pays-Bas). Mais elle ne le fait pas pour une raison toute simple si l’on en croit un fin connaisseur du dossier. «Cela arrangerait pas mal de monde qu’il ne sorte jamais de Libye et soit condamné à mort. Il connaît bien des secrets…» Début 2011, il avait, en effet, menacé de révéler le détail du financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy.

Moins célèbre que son illustre co-accusé, Aballah al-Senoussi est dans le même cas de figure. Ancien chef des services de renseignement de Kadhafi, Al-Senoussi serait l’un des protagonistes de l’affaire Amesys. Filiale de Bull, cette société informatique française est accusée d’avoir vendu au dictateur libyen un système d’écoute lui permettant d’espionner ses opposants dans tout le pays. L’affaire est en cours d’instruction au parquet de Paris.

Un courrier adressé à Laurent Fabius

«Comme pour Saïf al-Islam, la Libye a toujours refusé d’extrader Al-Senoussi vers la CPI, déplore Rachel Lindon, avocate française qui fait partie de son équipe de défense. Il risque donc d’être jugé sommairement et condamné à mort.» Début février, l’avocate avait carrément rédigé un courrier à l’attention de Laurent Fabius lui demandant d’intervenir dans ce dossier.

«Je n’ai jamais eu de réponse, regrette-t-elle. Quand il a été arrêté, Al-Senoussi aurait été interrogé par les services de plusieurs pays occidentaux, dont la France. Nous avions réclamé un compte-rendu de cet interrogatoire pour comprendre exactement la situation. Sans succès…» Le temps est désormais compté pour obtenir ces explications. Contacté par 20 Minutes, le Quai d’Orsay n’a pas souhaité donné suite à nos demandes d’informations sur ce dossier.

20minutes.fr

Créé le Jeudi 19 septembre 2013 à 19:57