Immigration: le Maroc victime collaratérale de la crise en Europe?

RABAT-Que faire face à l’afflux de candidats à l’immigration pour l’Europe? Depuis plusieurs années, un phénomène inédit est observé au Maroc: la sédentarisation des candidats à l’immigration venus de l’Afrique subsaharienne. Après la grave crise économique et financière qui touche l’Europe en particulier l’Espagne, beaucoup d’immigrés venus d’Afrique noire se sédentarisent  dans le royaume chérifien  dont les portes sont grandement ouvertes pour les jeunes immigrés qui n’ont généralement pas besoin de visa pour fouler le sol marocain.

Le Maroc qui garantit dans sa nouvelle constitution le principe de non discrimination, le droit de l’asile et l’égalité des droits entre nationaux et étrangers,  n’est pourtant pas préparé face à cet afflux d’immigrés dont la plupart choisissent de rester dans les grandes villes comme Casablanca et Marrakech. Faute de moyens adéquats (notamment le transport et le logement, Ndlr) pour accueillir ces immigrants, de nombreux conflits sont souvent signalés entre les autochtones marocains et les étrangers. Pour les jeunes étudiants venus d’Afrique subsaharienne, le problème d’emploi et de logement est devenu crucial dans ce pays pourtant réputé pour son hospitalité.
 
Le Maroc qui a ratifié plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme y compris les conventions sur les mineurs et les migrants, tente à ce jour tant que mal, de répondre à cette vague d’immigration. Sujet incontournable de la politique marocaine, plusieurs solutions sont envisagées pour réguler l’immigration dans ce pays dont la position stratégique avec l’Europe  attire des milliers d’immigrants. Récemment, un rapport intitulé [I] «Etrangers et droits de l’Homme au Maroc : Pour une politique d’asile et d’immigration radicalement nouvelle»[/I] a été  approuvé par Roi Mohammed VI. Ce rapport préconise l’élaboration d’une politique publique de protection des droits des immigrés et la régularisation exceptionnelle de certains immigrés en situation irrégulière en se basant, notamment, sur la durée de leur séjour au Maroc, le droit de vivre en famille, les conditions d’insertion dans la société marocaine et les accords d’établissement conclus entre le Maroc et les pays amis.

En attendant une reprise économique en Europe, les immigrés ont encore de beaux jours devant eux dans le royaume chérifien. Car depuis la crise de 2008, l’Espagne qui était une destination privilégiée des migrants est  toujours frappée par le chômage et une dégradation nette du pouvoir d’achat. Conséquence directe de ce phénomène, des ouvriers espagnols n’hésitent pas à traverser la méditerranée pour se rendre au Maroc .Une vague d’immigration nouvelle donc pour le Maroc dont la croissance économique est largement boostée par le tourisme, les travaux publics et l’immobilier. Selon les prévisions, l'économie marocaine  devrait croître de 4,4% en 2013.

A suivre…

Ismael Barry
     Pour Africaguinee.com

 

Créé le Mercredi 11 septembre 2013 à 23:34