Aménagement urbain, conflits fonciers : Mory Condé veut « couper » le mal à la racine…

N’ZÉRÉKORÉ- Un pas important a été franchi ce vendredi 7 février 2025, dans le cadre du processus d’élaboration de la politique foncière nationale, un projet chapeauté par le Ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire, chargé de la récupération des domaines spoliés de l’Etat.

En marge de l’immersion gouvernementale en cours dans la région forestière, le département dirigé par Mory Condé a organisé du 6 au 7 février 2025 à N’Zérékoré, un atelier de présentation et d’amendement de la politique foncière nationale. La clôture des travaux a été présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, en présence de plusieurs membres du Gouvernement, a constaté sur place Africaguinee.com.

Pour Mory Condé, la question foncière est au cœur de tous les enjeux de développement socio-économique de la Guinée. D’où l’importance de doter le pays d’une politique nationale foncière, qui va régler définitivement les problèmes liés aux conflits fonciers.

« Face aux défis de la sécurisation des terres, à la gestion durable de l’espace et à la prévention des conflits, le gouvernement s’est lancé le défi de doter notre pays d’une politique foncière nationale, ambitieuse, inclusive et adaptée aux réalités du terrain. D’où le présent atelier qui réunit les différents acteurs, à savoir le ministère des services déconcentrés, le ministère des mines, du ministère de l’agriculture, du ministère de l’industrie, du ministère de l’environnement et du ministère de l’urbanisme et de l’habitat », a fait savoir Mory Condé.

Le Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire ajoute que la vision de son département est d’arriver à assurer une gouvernance foncière responsable, assurant à tous un accès équitable et sécurisé à la terre et un cadre de vie assaini contribuant à garantir un bien-être pour les générations présentes et futures.

« Cet objectif s’inscrit en droite ligne de la vision du chef de l’Etat dans le cadre du programme de développement socio-économique durable responsable Simandou 2040 pour une Guinée émergente et prospère, conformant aux engagements pris par nos pays au sein des organisations régionales, sous-régionales et internationales. Durant deux jours, ces acteurs ici réunis ont fait la revue de l’avant-projet des politiques nationales. A l’issue de l’adoption de ce document de politique foncière nationale, le ministère de l’urbanisme accompagnera le ministère de l’agriculture pour l’élaboration de la politique foncière agricole, le ministère des mines pour l’élaboration de la politique foncière minière, le ministère de l’environnement pour l’élaboration de la politique foncière environnementale, le ministère de l’industrie pour l’élaboration de la politique foncière industrielle », a détaillé M. Condé.

L’adoption de ce document permettra au ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire d’avoir une vision claire entre le foncier urbain et le foncier agricole ou industriel. « Une fois que cette politique adoptée par l’ensemble des acteurs concernés et présenté à un conseil interministériel, ces questions seront de lointains souvenirs dans notre pays et cela permettra désormais à nos juridictions de pouvoir travailler de manière beaucoup plus efficace dans la gestion des dossiers relatifs aux questions foncières », a précisé Mory Condé.

De son côté, l’expert qui a conduit cet atelier a souligné que grâce à cette politique foncière nationale en cours de préparation, la Guinée va instaurer la reconnaissance de la légitimité du foncier.

« Nous sommes une société, nous avons des traditions. Chacun doit être fier de ses traditions, de ses cultures. Nos traditions veulent que depuis nos arrières-arrière-grands-pères, nous soyons là, sur ce terrain. Il n’y a aucun papier, mais personne ne conteste notre politique. Toutes les générations qui se sont suivies reconnaissent que cette parcelle de terrain appartient à la famille X. Et aujourd’hui, on voudrait que celui qui n’a pas un bout de papier, qu’on appelle titre foncier, sur cette parcelle-là ne soit pas reconnu comme étant propriétaire, alors que ce sont nos coutumes. Comment est-ce qu’il faut concilier la légalité et la légitimité ? Et c’est là une avancée fondamentale dont la politique foncière nationale parle en proposant les formules dans l’intérêt supérieur de tous, en légitimant, en formalisant la légitimité », a expliqué Kerfala Touré.

Pour sa part, le Premier ministre Amadou Oury Bah a indiqué que la question foncière est à la base de la plupart des conflits dans le monde. C’est pourquoi selon lui, négliger la question foncière, c’est préparer des déstabilisations futures.

« Il est très important d’anticiper, c’est-à-dire de préparer le pays de la manière la plus rationnelle, la plus méthodique à un aménagement du territoire de telle sorte que toutes les activités puissent s’y tenir de manière harmonieuse pour le développement urbain, agricole, industriel. Il faut faire en sorte de penser la Guinée dans 40 ans pour que cela puisse être possible et pour que tout le monde et toutes les activités puissent cohabiter sans conflits. C’est une gageure extrêmement importante, d’où la nécessité de réunir des experts pour y travailler, pour préparer le pays à des approches permettant de préserver l’avenir », a expliqué Amadou Oury Bah.

Oumar Bady Diallo

Envoyé spécial d’Africaguinee.com à N’Zérékoré

Tel : (00224) 666 134 023

Créé le 8 février 2025 12:00

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