Le Premier ministre Amadou Oury Bah parle : « Pourquoi l’architecture gouvernementale a changé… »
CONAKRY- Le Premier ministre vient de dévoiler les raisons de la modification de l’architecture du gouvernement. Alors que les guinéens sont dans l’attente de la composition de la nouvelle équipe ministérielle, Amadou Oury Bah a révélé que cette réforme s’inscrit dans une dynamique profonde de transformation de l’État et de la société guinéenne.
Selon le chef du Gouvernement, le réaménagement de l’ossature gouvernementale ne constitue pas un simple exercice administratif, mais plutôt l’aboutissement d’un processus de changement sociologique et institutionnel amorcé depuis plusieurs années, notamment à partir de 2019. « Le changement qui s’opère en Guinée est un changement beaucoup plus profond que de simples restructurations gouvernementales », a-t-il souligné, rappelant que les aspirations de la population à une gouvernance plus équitable et plus inclusive avaient longtemps été ignorées.
Pour Amadou Oury Bah, l’incapacité des anciennes autorités à accompagner ces dynamiques de transformation a conduit à un blocage politique et institutionnel, dont les événements du 5 septembre 2021 ont été, selon lui, ‘‘une réponse pratique et pragmatique’’.
Le Chef du gouvernement met en avant une vision d’une Guinée « plus réconciliée, plus fraternelle et plus ouverte à la modernité », où l’État agit de manière équitable au bénéfice de tous les citoyens, aussi bien dans les grands centres urbains que dans les zones rurales longtemps marginalisées.
Le premier ministre affirme que l’exercice du pouvoir a mis en lumière de nombreuses insuffisances, notamment sur le plan organisationnel. Il évoque une administration peu réactive, des circuits administratifs et financiers excessivement lourds, des projets urgents dont la maturation peut prendre un à deux ans, ainsi que des chantiers lancés sans jamais être achevés. Autant de dysfonctionnements qui, selon lui, justifient la refonte de l’architecture gouvernementale.
« L’exercice du pouvoir au niveau gouvernemental a montré qu’il y avait beaucoup de défiance et de déficit sur le plan organisationnel, sur le plan de la capacité d’être proactif pour répondre avec célérité aux attentes. Par exemple, la nécessité de réduire complètement les délais par rapport à la mise en forme d’un projet, le circuit administratif financier excessivement lourd, un projet urgent qui prend un an et demi, deux ans, des chantiers qui démarrent, qui ne se terminent jamais.
Ça, c’est extrêmement pénible et des constats avaient établi qu’il y avait beaucoup d’éparpillement des centres de décision au lieu d’avoir une cohérence dans le cheminement du processus de décision. D’où la nécessité de mettre ensemble certains ministères (…). Nos compatriotes, la mentalité qui a toujours prévalu en Guinée, un ministère devient comme une forteresse. Or, un gouvernement, c’est l’ensemble des ministères et pour que le gouvernement fonctionne, pour que le gouvernement soit efficace, il faut qu’il y ait la transversalité entre tous les compartiments de ce gouvernement.
Donc, il faudrait que les ministères se parlent, que les ministères communiquent et malheureusement, la tendance naturelle qui a prévalu pendant de longues décennies parce que vous savez, les habitudes, on ne les change pas du jour au lendemain. On a déploré des évolutions en silo au lieu de développer un esprit d’équipe, un esprit de collégialité pour tirer profit de toutes les synergies qui auraient pu être possibles. Les changements de l’architecture gouvernementale tendent à apporter une amélioration à ce niveau-là », a détaillé Bah Oury, invité sur GMD TV.
Par ailleurs, le Premier Ministre place la digitalisation de l’administration au cœur de cette réforme. Pour lui, la transformation numérique n’est plus une option mais une obligation. « C’est aussi un exercice, on examinera à l’épreuve des faits ce qu’il en sera. Mais au-delà de cela, il y a les systèmes d’information qui vont évoluer. La question de la digitalisation de l’administration n’est plus un choix, c’est une obligation. D’où la nécessité de ce point de vue d’aller dans le sens d’une véritable transformation de nos pratiques afin de permettre une célérité, une traçabilité, une capacité de communiquer sans que ça ne nuise à la nécessité de la transparence », a conclu Amadou Oury Bah.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 30 janvier 2026 14:33Nous vous proposons aussi
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