Amadou Oury Bah: « La stabilité d’un pays dépend de sa capacité à satisfaire les besoins de sa population »
CONAKRY- Alors que le contexte mondial est marqué par des crises économiques successives, Conakry accueille ce mardi 9 juin 2026, une rencontre stratégique axée sur la réflexion fiscale en Afrique.
Présidant cet évènement placé sous le thème « La Gestion des risques axée sur la mobilisation des recettes intérieures en contexte de crise », le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a fait un plaidoyer sur le civisme fiscal, la nature des relations entre l’État moderne et ses citoyens, et l’urgence d’intégrer le secteur informel.
Face à un parterre de dirigeants d’administrations fiscales et d’experts, le Chef du Gouvernement guinéen, a d’emblée balayé l’idée reçue selon laquelle la fiscalité serait un concept importé ou étranger aux traditions africaines. Pour le chef du gouvernement guinéen, lever l’impôt est le fondement même de la souveraineté et de la stabilité de toute nation à travers l’histoire.
« La stabilité d’un pays dépend de sa capacité à satisfaire les besoins de sa population. Et par quel pied un État peut-il satisfaire les besoins de sa population en levant des impôts ? Ça n’a pas commencé maintenant. Nos systèmes étatiques, il y a plusieurs siècles, étaient habitués à ça. D’où le fait de dire que les impôts ne sont pas qu’un aspect en dehors du mindset africain. », a déclaré Amadou Oury Bah.
Poursuivant son analyse, Amadou Oury Bah s’est interrogé sur un paradoxe frappant qui caractérise les sociétés africaines contemporaines. Alors que les citoyens font preuve d’une grande générosité et d’un engagement remarquable pour financer des projets de développement local via des structures communautaires, une certaine résistance persiste lorsqu’il s’agit de s’acquitter des obligations fiscales dues à l’État.

« Il y a une certaine incivilité fiscale, mais cette incivilité est négative puisque les populations, l’aide des impôts contribue à travers les associations de ressortissants à la construction des écoles et à la réfection des routes, à beaucoup d’activités communautaires, les populations se donnent pour le satisfaire. Mais pourquoi ils n’ont pas intégré le fait qu’en payant les impôts, cela pourrait se faire avec beaucoup plus d’efficacité, avec une meilleure organisation ? C’est un point qui est extrêmement important », a relevé le Premier ministre.
Réconcilier le citoyen avec l’État moderne
Pour Bah Oury, la clé de la mobilisation des recettes réside dans la capacité de l’État moderne à briser la barrière de méfiance qui l’isole encore d’une partie de la population. Il appelle à une transformation des mentalités et attend des recommandations fortes de cette 39ème conférence du CREDAF, notamment sur la problématique cruciale de la transition de l’économie informelle vers le secteur formel.
« Est-ce que la population voit l’État en dehors d’elle ? Notre besoin est de savoir qu’il faut que l’État intègre les mentalités des populations pour que les populations se retrouvent à travers les actes de l’État moderne. Il y a des pays qui ont fait des progrès. L’informel, posons-nous des questions et comme vous êtes ensemble pendant quatre jours, le gouvernement de la République de Guinée serait très heureux d’avoir des recommandations et des sujets permettant à ce qu’on puisse accroître notre capacité de mobilisation des recettes qui s’approchent en intégrant le plus largement possible le secteur informel dans le formel », a-t-il lancé.
Nous y reviendrons !
Dansa Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 9 juin 2026 13:36









