Alternance, âge, candidature indépendante, Senat: Bah Oury parle…
CONAKRY– Alors qu’il donnait le “coup d’envoi” de la campagne de vulgarisation du projet de nouvelle Constitution à Conakry, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a levé le voile sur les innovations clés de ce texte qui sera soumis à référendum le 21 septembre. Selon le chef du Gouvernement, ce projet porté par le Général Mamadi Doumbouya va de jeter les bases d’une stabilité durable et de garantir les droits fondamentaux des citoyens guinéens.
Accès à l’éducation
Au cœur de ce projet constitutionnel se trouve les droits des citoyens, explique Amadou Oury Bah. Selon lui, la nouvelle Constitution obligera l’État à garantir l’accès à l’éducation jusqu’à 17 ans, au logement et à la santé pour tous.
« Désormais, tous les enfants de la République devront être à l’école jusqu’à l’âge de 17 ans. L’État est obligé et sera obligé de faire en sorte que tous les enfants de la République aillent à l’école. L’État sera également obligé de faire en sorte que la question du logement soit un droit. L’État sera obligé de faire également que la santé soit un droit », a déclaré le chef du Gouvernement.
Une “avancée majeure”, signalée par le Premier ministre, est la possibilité pour tout citoyen de porter plainte contre l’État en cas de non-respect de ses droits constitutionnels. Bah Oury a également insisté sur l’égalité de tous les citoyens, sans discrimination basée sur l’origine, le lieu de naissance, l’appartenance ethnique ou religieuse.
« Quelqu’un dont les droits constitutionnels ne seront pas respectés aura les droits constitutionnels de porter plainte contre l’État guinéen. […] Tous les citoyens de la République de Guinée sont égaux en droits et en devoirs. Aucun citoyen de la République ne devrait subir des discriminations de par ses origines, de par son lieu de naissance et de par son appartenance ethnique ou religieuse. Et ça, c’est très important », affirme-t-il.
Sénat et équilibre des pouvoirs
Pour assurer une gouvernance “équilibrée” et “inclusive”, Bah Oury explique que le projet de Constitution prévoit l’instauration d’un Sénat. Cette chambre aura pour mission de garantir que l’ensemble des composantes du territoire guinéen soit représenté dans les prises de décisions.
« Dans ce projet constitutionnel également, des dispositions sont prises pour assurer que l’exercice du pouvoir se fasse en conformité avec les principes et avec l’équilibre. Cela veut dire que quiconque n’aura pas la totalité du pouvoir. Les pouvoirs sont équilibrés. Et l’ensemble des territoires seront représentés dans les prises de décisions. D’où la nécessité d’avoir un Sénat où ce sont les représentants des territoires qui vont siéger, qui vont être représentés dignement par des hommes et des femmes de qualité pour assurer qu’aucune parcelle du territoire ne se sent exclue des prises de positions majeures engageant le pays tout entier », révèle Bah Oury.
Candidatures indépendantes
Une autre innovation du texte, est l’introduction des candidatures indépendantes pour toutes les élections nationales. Cette mesure vise à rompre avec la « dictature des partis » et à permettre à des personnalités talentueuses, non affiliées à des partis politiques, de se présenter, détaille Bah Oury.
« Sur le plan politique, par le passé, c’est simplement des partis qui présentaient des candidatures. C’était parfois la dictature des partis si il n’y a pas d’autres moyens pour permettre à des femmes et des hommes de talent d’être candidats. Et la société civile pendant des années et des années a sollicité qu’il y ait des candidatures indépendantes. Ce projet constitutionnel consacre la possibilité d’avoir des candidats indépendants au niveau de toutes les élections nationales des députés et autres. Ça c’est une avancée majeure par rapport aux revendications de toutes les structures de la société civile. »
Alternance au pouvoir
Selon le chef du Gouvernement, ‘’conscient des troubles passés’’ liés aux tentatives de maintien au pouvoir, le projet de Constitution consacre l’alternance comme un principe intangible. A en croire Bah Oury, le texte introduit des dispositions qui rendent impossibles les contournements de la loi pour briguer des mandats supplémentaires au-delà des deux mandats requis.
« Nous savons également que ce qui nous a causé du tort par le passé c’est la volonté de se cramponner au pouvoir pendant longtemps. Le projet constitutionnel a consacré des intangibilités de telle sorte qu’il ne puisse pas y avoir de moyens, comme on l’a connu par le passé, de contourner la loi et dire qu’on va avoir un mandat supplémentaire au-delà des deux mandats requis. Ça c’est pour avoir la paix, la stabilité et la possibilité d’avoir un changement et l’alternance de manière régulière sans pour autant qu’on se jette des pierres, qu’on brûle des pneus ou qu’on s’entretue », a-t-il martelé.
Droit de pétition
Le Premier ministre a aussi annoncé l’introduction du droit de pétition, un mécanisme qu’il qualifie d’inédit dans les Constitutions africaines. Ce droit permettra à la population d’exercer un contrôle direct, sans être « emprisonnée par des partis politiques ». « La population a aussi, pour ne pas être emprisonnée par des partis politiques ou par des structures qui détiennent une partie du pouvoir, le droit de pétition. Ça, dans aucune constitution à ma connaissance en Afrique, le droit de pétition n’existe. Donc le projet constitutionnel de la République de Guinée constitue une avancée majeure pour renforcer les mécanismes de la démocratie dans notre manière de gouverner », a-t-il soutenu.
Et d’ajouter : « Dans beaucoup de structures qui s’organisent pour conquérir le pouvoir, des fois, il y a des personnes, 10 ans, 15 ans, 20 ans, 30 ans, ce sont toujours les mêmes. Et chacun d’entre nous atteindra, tôt ou tard, son seuil d’incompétence. Donc il faut savoir qu’on est, à un moment donné, en possibilité de répondre à des attentes, mais quelques années plus tard, avec des enfants qui naissent, avec des sociétés qui évoluent, avec des changements très rapides dans le monde, on est dépassé. Donc il faut accepter l’alternance comme un mécanisme naturel permettant à la société de continuer d’avancer dans le progrès« .
Le peuple, seul garant de la Constitution
Amadou Oury Bah appelle le peuple guinéen à s’approprier ce texte. « Le seul rempart, le seul contre-pouvoir le plus efficace pour empêcher le retournement de situation, c’est le peuple de Guinée. Donc, peuple de Guinée, ce qu’on attend de toi, c’est de faire en sorte que ce texte constitutionnel, qui est une synthèse de toutes les leçons que nous avons tirées de notre expérience, bonne et heureuse, puisse être comprise par tout le monde », a lancé le Chef du Gouvernement guinéen.
A suivre !
Boubacar 1 DIALLO
Pour Africaguinee.com
Créé le 23 juillet 2025 17:44Nous vous proposons aussi
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étiquettes: Bah Oury, Constitution guinéenne, Guinée, Mamadi Doumbouya, Transition









