Alsény Sall, porte-parole de l’OGDH : « Nous osons croire que le verdict du procès 28 septembre sera à la hauteur des attentes des victimes… »
CONAKRY- Jugés pour leur responsabilité présumée dans le massacre commis au stade du 28 septembre de Conakry en 2009, onze (11) anciens responsables militaires et civils de l’ex junte militaire dont entre autres -capitaine Moussa Dadis Camara, commandant Aboubacar ‘’Toumba’’ Diakité, Marcel Guilavogui, colonel Moussa Thiegboro, colonel Claude Pivi en cavale-, connaîtraient leur sort le 31 juillet 2024 devant le tribunal criminel de Dixinn.
Ouvert le 28 septembre 2022, le procès des événements douloureux du 28 septembre 2009 devrait prendre fin, sauf cas de force majeure, le 31 juillet 2024. Constituée partie civile, l’OGDH (organisation guinéenne de défense des droits de l’homme) a suivi ce jugement historique de près. Comment apprécie-t-elle le déroulement de ce procès qui aura duré à peu près 2 ans ? Quelles sont ses attentes ? Africaguinee.com a interrogé le responsable de communication de cette organisation de la société civile guinéenne, partie civile dans ce procès. Au micro de notre rédaction, Alseny SALL a donné l’avis de sa structure. (Interview)
AFRICAGUINEE.COM : Comment l’OGDH apprécie le déroulement du procès des événements du 28 septembre 2009 ?
ALSÉNY SALL : Concernant le déroulement du procès des évènements du 28 septembre 2009, nous disons qu’à ce stade, il y a quand même des motifs de satisfaction sur certains aspects. Comme vous le savez, ce procès historique s’inscrit dans la construction de la mémoire collective de ce pays car vous n’êtes pas sans savoir que beaucoup de gens doutaient de la capacité de l’État guinéen de pouvoir organiser un tel procès de crimes de masse qui a indigné au-delà de nos frontières. Comme pour dire que tout est question de volonté politique.
En quoi l’OGDH est-elle satisfaite de son déroulement ?
Est-ce que le procès a été à la hauteur de nos attentes ? Nous dirons que même s’il reste encore des zones d’ombres qui n’ont pu être élucidées malheureusement à travers ce procès à cause notamment de l’option prise par les accusés de nier systématiquement les faits sans apporter leur contribution à la manifestation de la vérité dans cette affaire, nous avons quand même salué le fait que ce procès se tienne en présence de tous les accusés. Certains pensaient que parmi les présumés auteurs des atrocités, il y en avait qui n’allaient jamais répondre de leurs actes en raison de leurs statuts ou des positions de force qu’ils occupent dans ce pays. Nous disons que force doit rester à la Loi, ce, en toute circonstance pour que vive l’état de droit garant de l’égalité des citoyens devant la Loi.
L’autre motif de satisfaction pour nous dans ce procès est le fait qu’il a permis aux victimes de venir se libérer de leurs fantômes qui les hantaient depuis ces évènements en venant témoigner à l’audience devant toutes les caméras ce qu’elles ont vécues et vues et demander justice pour toutes les victimes même celles parmi elles qui ont disparu ou qui sont mortes. Le troisième élément dont il faut également se féliciter c’est le fait que le procès a été médiatisé. Pour nous, cela est essentiel car au-delà du tribunal, l’opinion publique nationale et internationale s’est faite également une idée de ce massacre. Le fait que le procès a été public et médiatisé cela participe également à l’éducation aux droits de l’homme des citoyens et par ricochet au renforcement de l’État de droit.
Le verdict est attendu le 31 juillet prochain, alors quelles sont vos attentes ?
Concernant le verdict, nous osons croire qu’il sera à la hauteur des attentes des victimes et du peuple de Guinée qui attendent ce moment depuis plus de 13 ans maintenant pour qu’il n’y ait plus jamais ça en Guinée.
Quel message avez-vous à lancer aux victimes ?
Le premier message à passer aux victimes est de continuer à leur témoigner notre solidarité tout en les félicitant pour le combat qu’elles ont mené pour obtenir justice dans cette affaire. Nous leurs disons qu’elles ont joué pleinement leur rôle dans cette affaire et cela, la mémoire collective le retiendra.
Si jamais vous n’êtes pas satisfaits du verdict rendu qu’allez-vous faire ?
Est-ce que nous allons relever appel de la décision du tribunal ? Comme vous le savez nous travaillons avec un pool d’avocats nationaux et internationaux qu’il faut d’ailleurs remercier et féliciter pour l’énorme boulot abattu tout au long de ce périple pour la quête de justice pour les victimes. Du coup, ils seront là et nous déciderons avec eux de la suite à donner à cela.
Propos recueillis par Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Tél. : (00224) 666 134 023
Créé le 2 juillet 2024 10:57Nous vous proposons aussi
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