Alpha Algasimou Barry de la FSPE prévient : “La grève n’est que suspendue…”

CONAKRY- La signature du statut particulier de l’éducation guinéenne, tarde à voir jour. Prévue au mois de février, elle n’a finalement pas eu lieu, d’ailleurs, aucune ouverture des négociations comme recommandée dans le protocole d’accord du 3 janvier 2026, n’a été faite. Face à cette lenteur, l’intersyndicale de l’éducation guinéenne s’impatiente. Le vendredi dernier, le président du Conseil national du dialogue social (CNDS) a rencontré les leaders syndicaux. Dans un entretien accordé à Africaguinee.com ce samedi 7 mars, Alpha Algasimou Barry, secrétaire général de la FSPE (Fédération syndicale des professionnels de l’éducation), est revenu sur les principaux sujets relatifs à la relance des négociations.

AFRICAGUINEE.COM : Vous avez été reçu par le président du CNDS, Dr Alia Camara, vendredi dernier. Qu’est-ce que vous vous êtes dit?

ALPHA ALGASSIMOU BARRY, Secrétaire général de la FSPE : Nous avons expliqué beaucoup de situations, l’inquiétude qui prévaut, et la lenteur. Nous ne souhaitons pas aller à un nouveau bras de fer avec le gouvernement. Mais s’ils nous mettent le dos au mur, nous serons obligés de prendre toutes les dispositions pour vraiment se faire entendre. Parce que nous n’allons pas continuer à attendre. Quand vous regardez le protocole, il est très clair : le couloir de négociation devrait reprendre au mois de février. Mais pour des raisons qu’ils ont évoquées (la lenteur dans la mise en place du nouveau gouvernement et la prise de service de certains, etc.). Il y a une tas d’arguments qu’ils nous ont brandi, et finalement, nous avons fermé les yeux par rapport au mois de février.

Mais quand le mois de mars a sonné, et nous constatons aussi que c’est encore cette même lenteur qui se dessine, alors il va falloir vraiment que nous prenions des dispositions. Nous ne sommes pas des va-t-en-guerre, mais on est acculé par la base. C’est vrai que les indemnités de préparation, pour la première tranche, ça a été respecté. Mais pour le reste maintenant, par rapport à l’engagement des contractuels, la remonté aussi des actes de nomination à travers décret ou décision des responsables des services centraux de l’éducation… Et jusqu’ici, aucun travail n’est fait par rapport à ça. Les gens attendent impatiemment.

Ensuite, par rapport au déblocage des salaires, nous avons vraiment répété ce retard-là, et nous l’avons signifié. Nous avons dit que la semaine à venir, s’ils ne prennent pas des dispositions par rapport à ça, nous allons nous retrouver pour voir quelle est la nouvelle ligne de conduite à suivre. Nous serons là-bas, parce que le programme qui est établi, certainement nous serons au CNDS le 27 du mois en cours.

Face à cette lenteur que vous dénoncez, aviez-vous donner une seconde chance à la médiation ?

Nous leur avons dit que nous leur accordons la semaine à venir, de tout faire. En tout cas, nous voulons que les lignes bougent. Parce que vous comprenez que quand ça continue comme ça, cela veut dire qu’ils sont en train d’être dans une logique de 100 jours du président Mamadi Doumbouya.

Vous savez, à un moment donné, ça a été évoqué ça et là. Nous avons dit de manière très clair, il ne faut pas qu’ils s’aventurent sur ce terrain. Nous voulons aller vite et bien. Ce que nous avons signé, la grève n’est que suspendue, c’est très clair. Donc, s’ils ne nous écoutent pas, s’ils ne veulent pas aller dans le sens de l’apaisement, nous allons prendre nos dispositions.

Par ailleurs, nous apprenons aussi que dans le cadre de la mise en œuvre du Protocole d’Accord signé entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation que vous représentez, des sous-commissions techniques de travail ont été mises en place. Qu’en est-il ?

Les sous-commission, c’est pour peaufiner le statut particulier de l’éducation. Parce que nous avons aussi là assez de problèmes. L’enseignement supérieur aujourd’hui qui veut se démarquer totalement du statut de l’éducation alors qu’on parle du statut de l’éducation nationale. Donc, on a tous ces soucis là. Mais quand les commissions seront mises en place, je crois que tout ça, on peut discuter pour aller en profondeur, vraiment régler une fois pour toute, la situation qui existe dans le statut particulier. Ensuite, les contractuels non retenus, c’est-à-dire c’est des jeunes qui ont souffert pendant des années et qui continuent à souffrir. Nous, on ne peut pas attendre.

Bientôt mi-mars, rien n’est mis en place. Donc, ça devient extrêmement difficile. Nous avons aussi évoqué la situation des primes des responsables de l’éducation. Et nous avons dit que les commissions doivent démarrer en même temps. Les travaux doivent démarrer en même temps pour qu’on puisse gagner en temps. Mais très malheureusement, nous constatons une lenteur. C’est pourquoi, nous avons dit notre intention, nous avons une bonne volonté d’accompagner le gouvernement, mais ils doivent nous aider à les aider.

Êtes-vous rassuré par les démarches du CNDS ?

À chaque fois que nous venons, ils cherchent en tout cas à nous rassurer. De toutes les façons, nous, nous attendons. Quoi qu’il en soit, nous n’allons pas d’un seul coup ébruiter quoi que ce soit. En tout cas, nous, nous avons dit jusqu’ici, nous avons confiance au CNDS. Et le CNDS doit prendre son bâton de pèlerin, parce qu’il est la courroie de transmission entre l’intersyndical de l’éducation et le gouvernement.

Il faut qu’il se bouge là. S’il y a cette lenteur continue, nous serons obligés maintenant d’aller à une vitesse supérieure.

 

Entretien réalisé par Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 mars 2026 10:40

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