Algassimou Diallo transféré à Macenta: Ce qu’exigent ses avocats…
CONAKRY – Le dossier de l’ancien avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo, continue de polluer l’actualité judiciaire. Alors que les conseils de l’ancien magistrat avaient donné l’alerte samedi sur son extraction de la maison d’arrêt de Coyah pour une “destination inconnue”, la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de la Réinsertion a soutenu ce dimanche 6 septembre 2026 qu’il a été transféré à la maison d’arrêt et de correction de Macenta. Cette mesure est intervenue dans le cadre d’une « gestion administrative », les autorités judiciaires. Une explication qui est loin de convaincre la défense.
Inculpé et écroué le 27 août dernier pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, discrimination et participation à une association de malfaiteurs », Algassimou Diallo se trouve désormais au cœur d’une vive controverse juridique.
Un transfèrement dans « des conditions opaques »
Ce dimanche 6 septembre 2026, les conseils d’Algassimou Diallo ont affirmé avoir appris sa localisation par le biais des réseaux sociaux. « Le Collectif des Avocats de Monsieur Algassimou DIALLO a appris, par une publication de la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de la Réinsertion diffusée sur les réseaux sociaux, que son client a été transféré le 5 septembre 2026 à la maison d’arrêt de Macenta », déplorent-ils.
Les conseils de l’ex procureur révèle que « ni la famille ni les conseils n’ont reçu la moindre notification » et que les autorités judiciaires interrogées la veille disaient « n’en rien savoir ».
Cette situation suscite de vive inquiétudes quant au sort du mis en cause. « Cette annonce ne dissipe pas les inquiétudes de la famille et des conseils quant à la vie, à la sécurité et à l’intégrité physique de Monsieur DIALLO. Nul ne l’a vu ni entendu depuis l’audience du 4 septembre 2026, à laquelle il est apparu en bonne santé, et aucun élément ne permet à ce jour de vérifier qu’il se trouve effectivement à Macenta », souligne le texte.
Une violation de la procédure pénale et un obstacle à la justice
Sur le plan légal, la défense conteste la décision administrative, rappelant que « l’accusé se trouve désormais à plus de sept cents kilomètres du siège de la juridiction devant laquelle il doit comparaître », à l’approche d’une échéance cruciale : ce mardi 8 septembre, les chambres réunies de la Cour suprême doivent se prononcer à Conakry sur une demande de renvoi.
Pour le collectif, la « gestion administrative » avancée par le directeur national de l’Administration pénitentiaire, Mamadou Gando Bah, ne saurait prévaloir sur le droit. S’appuyant sur les dispositions du Code de procédure pénale, le communiqué rappelle que « la détention provisoire est subie dans une maison d’arrêt près de chaque juridiction (article 1048), que les ordres des magistrats de l’instruction et du jugement s’exécutent dans les maisons d’arrêt (article 1049) et que toutes facilités sont accordées aux inculpés pour l’exercice de leur défense (article 1050) ».
« Un inculpé détenu relève de l’autorité judiciaire, non de l’administration », martèlent les avocats.
Les exigences formulées par la défense
Face à ces “irrégularités” dénoncées, le collectif d’avocats formule des demandes claires et immédiates à l’endroit des autorités. Premièrement que la présence d’Algassimou Diallo à Macenta soit établie « par la production d’un extrait du registre d’écrou et par une visite de sa famille et de ses conseils leur permettant de s’assurer de son état ».
Le retour immédiat à Conakry
Deuxièmement, que le « fondement légal du transfèrement soit communiqué à la défense » et troisièmement que l’ancien magistrat soit ramené sans délai afin de pouvoir « comparaître le 8 septembre 2026 » devant la Cour suprême.
Dossier à suivre!
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Créé le 6 septembre 2026 20:30Nous vous proposons aussi
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