Albanie, Belgique, Italie… Les mobilisations sociales s’intensifient dans les pays européens inspirés par la colère française
Le 17 octobre 2026 est une date marquante dans l’histoire des mobilisations sociales européennes. L’appel à se mobiliser en France, largement suivi dans le pays où entre 550.000 et 800.000 personnes ont manifesté, a inspiré les pays voisins du Vieux Continent. En Albanie, en Belgique ou encore en Italie, de grands défilés ont aussi été observés, selon l’AFP.
Dans ces pays, cela fait déjà plusieurs jours que des jeunes étudiants et lycéens descendent dans les rues et bloquent leurs établissements pour faire valoir leurs revendications, à l’instar du mouvement lycéen français qui a commencé au milieu du mois de septembre. Les acteurs de ces mobilisations réclament davantage de moyens pour étudier dans de meilleures conditions, afin de se garantir un avenir serein.
Cinquième jour de mobilisation en Albanie
Les revendications de la jeunesse ont depuis été rejointes par d’autres sphères de la société civile, qui soutiennent les jeunes et qui protestent aussi contre la vie chère. La plupart dénoncent l’inaction de leurs gouvernements respectifs.
À Tirana, la capitale de l’Albanie, les affrontements se sont poursuivis ce samedi pour une cinquième journée. Les manifestants exigent notamment la démission du chef du gouvernement albanais, Edi Rama, et dénoncent les conditions d’enseignement et les droits d’inscription universitaires.
100.000 manifestants en Italie selon un syndicat
Quelques centaines de personnes, certaines masquées, se sont rassemblées vers midi, samedi, devant le ministère de l’Éducation albanais et les actions de protestation se sont ensuite étendues à l’ensemble de la capitale. L’escalade de cette semaine intervient après des mois de manifestations antigouvernementales dans ce pays des Balkans, initialement déclenchées par un projet de complexe touristique controversé lié à la famille du président américain Donald Trump.
L’Italie a aussi été le théâtre d’une forte mobilisation sociale, à l’initiative du syndicat CGIL (Confédération générale italienne du travail). Selon le secrétaire général de l’organisation, Maurizio Landini, plus de 100.000 personnes ont défilé dans le pays ce samedi, rapporte le quotidien italien Corriere Della Serra.
En Belgique aussi, des centaines de personnes sont descendues dans les rues, à Bruxelles et à Liège, dans le sillage de la journée de mobilisation organisée en France contre la vie chère. Dans ce pays, les lycéens se mobilisent depuis début octobre dans plusieurs grandes villes pour protester notamment contre la hausse récente des frais d’inscription à l’université.
Des appels aux rassemblements circulant sur les réseaux sociaux ont fait converger plusieurs centaines de personnes dès la matinée vers la Gare Centrale de Bruxelles, sans qu’aucune autorisation de manifester n’ait été demandée. Un défilé a finalement été autorisé vers la Gare du Midi un peu plus tard.
Dans la plupart de ces villes, les manifestations se sont déroulées dans le calme. Les revendications des personnes mobilisées sont cristallisées par le manque de moyens. À l’échelle personnelle, avec l’augmentation du coût de la vie dû, notamment, au contexte international (la guerre en Iran menée par les États-Unis et Israël, par exemple, fait augmenter le prix du pétrole). Et à l’échelle nationale : les manifestants réclament des moyens pour les services publics, l’éducation en tête de file.
Des scènes de violence sont aussi à noter en marge des défilés. Les plus impressionnantes sont celles constatées en France et en Albanie. À Tirana, des manifestants ont lancé des pierres sur la police et incendié des poubelles, qu’ils ont utilisées pour ériger des barricades afin d’empêcher les forces de l’ordre d’avancer. Dans la soirée, des incendies ont été déclenchés dans plusieurs bâtiments, dont la Cour suprême et l’entrée de la Banque d’Albanie ainsi que des bureaux de poste.
Pour la première fois depuis le début de ces rassemblements, la police a utilisé des balles en caoutchouc à Tirana, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse. Trois personnes ont été soignées pour des blessures à la tête, à l’œil et à la jambe, apparemment causées par de telles balles, a témoigné une manifestante. La loi albanaise n’autorise la police à faire usage de balles en caoutchouc au cours de manifestations que dans des cas extrêmes.
En France, ce sont les bâtiments publics qui ont été pris pour cible. La mairie de la ville de Limoges a été incendiée, tout comme l’Office de tourisme de la ville de Lyon. À Paris comme dans la majorité des grandes villes du pays, de nombreux affrontements ont éclaté, ainsi que des pillages et des dégradations majeures. « 855 » personnes ont été interpellées dans la capitale selon les autorités locales, un « chiffre record ».
En Italie, c’est Milan qui a été le théâtre de violences en marge des manifestations. Sur la place du Duomo, les affrontements ont duré une bonne partie de la nuit. Le quotidien italien la Repubblica affirme que 40 personnes ont été hospitalisées et que, parmi les 60 personnes interpellées, beaucoup étaient jeunes.
À Bruxelles aussi, la police a dû faire usage de gaz lacrymogènes en fin d’après-midi, devant la Bourse en plein centre-ville, pour disperser des jeunes gens dont certains lançaient des projectiles, selon un journaliste de l’Agence France-Presse. À Liège, la police a aussi dû employer un canon à eau pour disperser des manifestants dans un secteur du centre-ville qui fut déjà le théâtre de violences et de dégradations il y a dix jours.
Ces manifestations, notamment en France, sont les plus importantes depuis la crise des Gilets jaunes de 2018-2019. Mais surtout, la reprise dans d’autres pays de cette colère sociale est un fait marquant. Dans d’autres pays européens, comme l’Allemagne ou la Grèce, des appels à la mobilisation émergent aussi.
AFP
Créé le 18 octobre 2026 09:08Nous vous proposons aussi
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