Affaire Mohamed Lamine Bangoura : la défense dénonce un dossier “sans preuves”, l’État évoque des aveux

L’ancien président de la Cour constitutionnelle a été entendu ce lundi 23 février sur les faits qui lui sont reprochés, notamment détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité. Les avocats de l’État et ceux de la partie civile ont réagi aux explications apportées par Mohamed Lamine Bangoura sur l’origine de l’acquisition de certains de ses biens.

Pour Facinet Soumah, avocat de l’ancien président de la Cour constitutionnelle, les poursuivants de son client manquent d’arguments et de preuves.

« Vous avez constaté que les poursuivants tâtonnent. Vous avez vu à combien de reprises le procureur ne maîtrise pas ce dossier. Nous allons démontrer à la Cour que M. Bangoura n’a rien fait de pénal lorsqu’il était président de la Cour constitutionnelle. C’est quelqu’un qui a travaillé avant d’occuper ces fonctions et qui avait déjà des biens, une richesse acquise avant. C’est un dossier dans lequel on ne peut trouver aucun élément matériel, il n’y a pas de preuves, et nous le démontrerons. Regardez, le parquet s’appesantit sur le contrat de location, alors que le montant payé dans le cadre de ce contrat n’est jamais parvenu sur le compte de la Cour constitutionnelle, ni sur le compte personnel de M. Bangoura. Il peut justifier tout ce qu’il possède comme richesse », a indiqué l’avocat.

De son côté, Me Pépé Antoine, avocat de l’État dans ce dossier, souligne que, dans son récit, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a fait des aveux :

« Il a reconnu que la Cour recevait une subvention trimestrielle de 1,2 milliard de francs guinéens. Il a également reconnu que, lors des scrutins électoraux, la Cour percevait des montants compris entre 3 et 5 milliards de francs guinéens, et que la subvention annuelle s’élevait à 20 milliards », a-t-il affirmé.

L’avocat de l’État annonce : « Nous allons demander des explications sur l’utilisation de ces fonds. Il existe des biens identifiés appartenant au Dr Mohamed Lamine Bangoura, dont un immeuble à Dakar, évalué à plus de 400 millions de francs CFA selon son notaire, ainsi qu’un autre à Nongo, estimé à plus de 3 milliards de francs guinéens. La Cour examinera si les montants perçus au titre de salaires et indemnités suffisent à expliquer l’origine licite de l’acquisition de ces biens. Nous avons plusieurs questions à poser aux prévenus lors de la prochaine audience, avec la permission de la Cour », a-t-il promis au sortir de cette audience.

Ce dossier judiciaire impliquant l’ancien président de la Cour constitutionnelle a été renvoyé au 2 mars pour la suite des débats.

Nous y reviendrons.

 

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

 

Créé le 24 février 2026 08:22

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