Affaire « coup d’Etat » et « recrutement de mercenaires » : Kalil Chérif extradé à Conakry ?
CONAKRY- C’est une information de dernière minute, rapportée par la presse locale libérienne. Ibrahim Kalil Chérif, arrêté au Libéria voisin en septembre dernier, pour des activités subversives visant à déstabiliser la Guinée, en connivence avec l’ancien Président Alpha Condé, aurait été remis aux autorités guinéennes. Fin septembre dernier, le Premier ministre Amadou Oury Bah avait annoncé son « extradition » sans citer son nom ni donner de date sur l’opération. Jusque-là, la justice guinéenne n’a pas encore communiqué autour de cette affaire.
Selon le site d’information « FrontPageAfrica », qui cite de sources sécuritaires libériennes, M. Cherif recrutait d’anciens combattants au Liberia pour déstabiliser la Guinée. « Ce que je sais, c’est que Chiref est un Guinéen qui recrutait d’anciens combattants au Liberia pour déstabiliser la Guinée. Nous avons des preuves de textos échangés avec lui et l’ancien président guinéen Alpha Condé depuis la Turquie, des photos, des enregistrements, etc. », a déclaré la source à FPA.
Kabineh Ja’neh, l’avocat du « suspect » accusé d’être de mèche avec Alpha Condé pour déstabiliser le régime de Conakry, dénonce auprès de la même source une extradition illégale, car son client est libérien de naissance.
« Il est né ici, à Crown Hill, à Monrovia, de deux parents mandingues libériens », a déclaré Ja’neh, qui précise que son grand-père était une figure religieuse respectée. « Les funérailles de l’imam Alhaji Mata-Saykou Sheriff ont été suivies ici à Monrovia par le président William V.S. Tubman pour honorer les contributions inestimables de l’imam à la construction de la nation. »
Même si Kalil Cherif a passé sa petite enfance en Guinée en raison du conflit civil au Liberia, cela n’invalide pas sa citoyenneté libérienne, selon son avocat. FrontPageAfrica mentionne toutefois avoir obtenu une copie du passeport de Kalil Cherif qui indique que son lieu de naissance est Lola, en Guinée.
Kabineh Ja’neh dénonce l’attitude des forces de sécurité (libérienns) qui selon lui, ont effectué une descente dans la propriété de son client il y a six semaines sans mandat, confisquant ses véhicules et son argent.
L’avocat ajoute que le 3 novembre 2024 (il y a moins de dix jours), une équipe de sécurité libérienne, dirigée par l’inspecteur général de police Gregory Coleman, est entrée de force dans la prison centrale de Monrovia et a « enlevé » Cherif sans autorisation du tribunal, le livrant aux autorités militaires guinéennes. Un acte qu’il juge « illégal » de la part de Monrovia.
« L’expulsion illégale de M. Chérif de la prison centrale de Monrovia a été ordonnée par de hauts responsables de la sécurité nationale du gouvernement Boakai. Cet acte est une démonstration concrète de l’anarchie et du mépris total de la loi sous l’administration Boakai », a déclaré Kabineh Ja’neh.
« Je veillerai à ce que M. Cherif soit libéré comme ordonné par le tribunal sans plus tarder. J’organiserai personnellement des manifestations publiques contre les agents de la sécurité nationale, car je suis désormais convaincu que les ordonnances du tribunal ne sont plus respectées sous l’administration actuelle. En conséquence, les manifestations contre les policiers continueront jusqu’à ce que les ordonnances du tribunal de libération de M. Chérif soient entièrement respectées », a-t-il promis.
Ibrahim Kalil Chérif a été arrêté à la frontière entre la Guinée et le Libera puis accusé de recruter des mercenaires pour renverser le régime du général Mamadi Doumbouya. Il aurait reçu 150 000 dollars de l’ancien président Alpha Condé pour mettre en œuvre ce plan en recrutant des mercenaires.
Il est accusé de « mercenariat, insurrection, facilitation criminelle, complot criminel, sollicitation criminelle et activités criminelles paramilitaires » . Le Gouvernement guinéen a promis de « traquer » toute personne qui tenterait de déstabiliser la Guinée. En septembre dernier, il avait prévenu que l’Etat guinéen dispose d’une panoplie d’instruments juridiques sur lesquels il peut accéder pour obtenir le respect de la loi.
« L’Etat peut aller chercher quelqu’un qui est en mal avec la loi pour le mettre devant ses responsabilités, partout dans le monde. Le professeur Alpha Condé n’est pas à l’abri de ça », avait averti le Général Amara Camara, porte-parole de la Présidence.
Affaire à suivre !
Africaguinee.com
Créé le 11 novembre 2024 15:09Nous vous proposons aussi
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