Accord signé entre le Slecg et le Gouvernement: Le camp de Pépé Balamou rejette le protocole
CONAKRY- La signature, ce mardi 2 décembre 2025, d’un protocole d’accord entre le gouvernement et le SLECG était censée apaiser la crise qui secoue le système éducatif guinéen. Mais loin de calmer les esprits, le document ravive les tensions. Michel Pépé Balamou, l’un des responsables syndicaux à l’origine du mouvement de grève, rejette catégoriquement cet accord qu’il qualifie de « protocole d’accord bancal et exclusif ».
Selon lui, la racine du conflit reste inchangée : la non-signature du statut particulier de l’éducation, pourtant au centre des négociations depuis mars 2025. « Nous avions clairement averti que sans signature, il n’y aurait ni examens nationaux ni ouverture des classes », rappelle-t-il.
Une commission mixte — gouvernement, trois départements de l’éducation et intersyndicale — avait été mise en place en septembre pour finaliser ce statut, a-t-il ajouté. « Tout a été fait dans un consensus total », insiste le syndicaliste, indiquant que le document validé ne tient plus compte du contenu de ce travail.

Michel Pépé Ballamou pointe aussi des « zones d’ombre » dans les primes annoncées. Il cite notamment la prime de craie (125 000 GNF) et la prime de préparation (100 000 GNF), fusionnées ou remplacées, dit-il, par une prime unique de 500 000 GNF, “sans aucune précision”.
Aussi poursuit-il, les dates de paiement indiquées — février et juillet 2026 — aboutissent à un total incohérent de 800 000 GNF. « C’est de l’amateurisme, de la précipitation », accuse-t-il.
Michel Pépé Balamou dénonce ce qu’il qualifie d’exclusion des cadres — directeurs, proviseurs, DPE, DCE — du bénéfice des primes. « Un syndicat ne doit ni supprimer ni diminuer les acquis », proteste-t-il.
Sur la question des enseignants contractuels, l’accord évoque un concours, sans date précise, ouvert à tous, avec seulement une hypothétique priorité accordée aux contractuels. Pépé Ballamou voit dans cette contradiction un « arrangement interne entre complices pour endormir les enseignants ».
Il dénonce aussi la posture du SLECG : « Soumah dit que la grève n’est pas suivie, mais il demande aux enseignants de reprendre les cours. C’est contradictoire ».

Michel Pépé Balla assure que seuls les secrétaires généraux de la FSPE et du SNE peuvent lever le mot d’ordre de grève, pas le SLECG. Il appelle les enseignants à considérer l’accord comme « nul et non avenu » et à rester mobilisés autour de leurs revendications : signature et application du statut particulier, intégration des contractuels, déblocage des salaires, paiement des arriérés, prime de fonction pour tous les cadres, respect des 11 points du mémorandum du 1er septembre.
Faute d’ouverture d’un nouveau cadre de négociation directe avec son groupe, Michel Pépé Ballamou annonce une escalade : « À partir de lundi, nous allons durcir le ton, et la grève sera illimitée. Ni Kadiatou Bah ni Soumah ne peuvent stopper un mouvement qu’ils n’ont pas déclenché ».
Pour lui, une seule solution s’offre : Que le gouvernement engage un dialogue franc avec ceux qu’il considère comme les « vrais interlocuteurs des enseignants ».
Sayon Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 2 décembre 2025 14:18Nous vous proposons aussi
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