Accès à l’eau, gaz domestique, hydrocarbures : les priorités affichées par Aboubacar Camara
CONAKRY- Nommé ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara a officiellement pris fonction ce 6 février 2026. Le nouveau ministre promet des réformes structurelles, une mobilisation accrue des financements nationaux et des résultats rapides dans des secteurs jugés vitaux pour les populations.
“Cette confiance n’est ni un privilège personnel ni une consécration : elle constitue une exigence. Elle m’oblige à une loyauté sans faille, à une rigueur constante et à la recherche de résultats tangibles au service exclusif du peuple guinéen”, a-t-il déclaré, avant de saluer l’engagement du Premier ministre, Chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, dont la méthode, la constance et la capacité de coordination confèrent à l’action publique sa cohérence et sa lisibilité.
“Les secteurs qui me sont confiés touchent à l’essence même de la dignité humaine. L’eau, l’assainissement et l’énergie ne sont pas de simples lignes budgétaires : ils constituent des droits fondamentaux, des leviers de justice sociale et des facteurs de stabilité nationale. Les attentes des populations sont légitimes ; nos réponses doivent être concrètes, rapides et durables”, a souligné Aboubacar Camara.
Dans le secteur de l’eau, déclare-t-il, “nous devons accélérer sans délai la mise en œuvre du quatrième projet Eau, consolider les acquis dans les sept capitales régionales et apporter des réponses adaptées à des villes comme Fria, Koubia et Beyla, qui ne peuvent rester en marge de l’effort national. Mais au-delà des projets, c’est la gouvernance même du secteur de l’eau qui doit évoluer”.
“Nous devons également repenser le financement du secteur de l’eau avec lucidité et pragmatisme. Pendant trop longtemps, nous avons perdu un temps précieux dans des mémorandums d’entente sans issue avec certains partenaires. Cette phase doit désormais être dépassée”, selon M. Camara.
Pour le ministre, il est temps d’ouvrir une nouvelle séquence fondée sur la mobilisation des capacités financières nationales. “Nous devons travailler étroitement avec les banques locales afin de structurer des mécanismes d’investissement domestiques, adossés à des garanties de l’État. Le développement du secteur de l’eau ne peut plus dépendre exclusivement de financements extérieurs incertains ; il doit aussi reposer sur la confiance dans notre propre système financier”, a-t-il indiqué.
Pour ce faire, il en a appelé, avec clarté et responsabilité, à la Société des Eaux de Guinée qui, selon lui, doit se retrouver avec elle-même pour sortir des sentiers battus, rompre avec les approches routinières et avancer avec une vision claire, structurée et strictement adossée à la mission que le Département lui aura confiée. “La performance, la redevabilité et la qualité du service ne sont plus négociables”, a-t-il insisté.
Dans cette même dynamique, a annoncé Aboubacar Camara, le Fonds hydraulique doit changer d’échelle. Les apports selon lui, doivent être renforcés, les mécanismes consolidés et les priorités mieux ciblées. Avec l’adoption du nouveau Code de l’eau, « nous sommes appelés à un véritable changement de paradigme : passer d’une logique de projets dispersés à une logique systémique, durable et équitable », a-t-il avancé.
“Le Fonds hydraulique demeure le bras opérationnel stratégique du Département dans le secteur de l’eau. Nous ne pouvons plus limiter son ambition à des interventions ponctuelles ou à la seule construction de forages domestiques. Désormais, il doit se préparer à exercer pleinement sa mission, mobiliser sa capacité d’intervention et contribuer à la réalisation d’infrastructures hydrauliques structurantes, dignes de l’ambition nationale”, a-t-il ajouté.
En zones rurales et périurbaines, malgré les efforts consentis, la réalité demeure préoccupante. Il existe encore des villages où des femmes parcourent plusieurs kilomètres pour accéder à l’eau potable. Cette situation n’est ni acceptable ni digne, a rappelé le ministre. Il ajoute que rien ne justifie que la Guinée ne parvienne pas à garantir cet accès essentiel. “Nous devons inverser cette réalité avec méthode, constance et détermination”.
Dans le secteur gazier…
L’usine de Konta doit être inaugurée sans délai afin de rendre effectif l’accès au gaz pour les familles. Selon Aboubacar Camara, grâce à la vision stratégique du Président de la République et au travail remarquable de la direction de FAP GAZ, la Guinée s’est dotée de l’une des plus importantes unités industrielles de la sous-région.
“Nous ne pouvons plus accepter qu’un produit dont nous encourageons l’utilisation pour préserver notre environnement puisse connaître des ruptures de stock. Le Fonds GAZ doit permettre la mise en place, sur l’ensemble du territoire national, de centres emplisseurs capables de sécuriser durablement l’approvisionnement du pays en gaz domestique”, a-t-il déclaré.

Dans le secteur des hydrocarbures, il annonce que son département doit également accélérer les efforts en matière de recherche et d’exploration. “Je le dis avec conviction : Dieu aime ce pays. Il ne peut pas nous priver de ressources pétrolières. Elles existent, quelque part dans notre sous-sol ou dans nos bassins. Notre responsabilité est de les chercher, de les comprendre et de révéler ce potentiel au service du développement national”, a-t-il déclaré.
En matière d’assainissement, l’action sera concrète, déterminée, mais toujours accompagnée d’un dialogue social responsable. Des pratiques contraires à l’intérêt collectif se sont installées pendant des décennies. “Nous faisons aujourd’hui face à un défi structurel national. Il nous faudra innover, engager des réformes courageuses et les déployer sur l’ensemble du territoire”, précise Aboubacar Camara.
Rien de tout cela ne sera possible sans les femmes et les hommes du ministère qu’il dirige. Le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures estime toutefois que l’innovation exige la formation. D’où la nécessité de se former pour mieux servir. Seul, on peut aller vite ; collectivement, nous irons plus loin.
“Sept années peuvent sembler longues, mais elles passent rapidement. Le niveau de confiance exprimé par le peuple à l’égard du Président est immense. Il nous appartient de préserver cette dynamique par notre engagement, notre discipline et nos résultats”, a-t-il ajouté, avant d’exprimer sa gratitude et ses remerciements à tous ses cadres, proches et collaborateurs.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 7 février 2026 10:30Nous vous proposons aussi
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étiquettes: Assainissement, Carburants, Eau









