Abdoulaye Bah accuse : « Alpha Condé a beaucoup œuvré pour affaiblir la CEDEAO… »

CONAKRY-La dernière sortie de la CEDEAO (Communauté Économiques des États de l’Afrique de l’Ouest) sur la transition en cours en Guinée suscite une levée de boucliers chez certains politiques qui n’ont pas hésité à tirer à boulets rouge sur l’institution régionale. C’est le cas de Abdoulaye Bah, membre du bureau politique de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). L’ancien président de la délégation spéciale de Kindia prédit la mort future de la CEDEAO. Il a répondu aux questions d’un journaliste d’Africaguinee.com.

AFRICAGUINEE.COM : Les chefs d’Etat de la Cedeao se sont félicités des ‘’progrès réalisés’’ en Guinée dans le cadre de la conduite de la Transition. Quelle est votre réaction ?

ABDOULAYE BAH : Nous avons tous suivi ce communiqué de la CEDEAO qui nous a extrêmement surpris dans la mesure où rien n’est fait en Guinée, susceptible de faire objet de félicitations et d’encouragements par rapport à la gestion de la transition. Les Guinéens ne savent pas sur quelle base cette CEDEAO s’est fondée pour se réjouir des « progrès réalisés » ou des efforts relatifs à la conduite de la transition. Sincèrement les gens ne sont pas tout rassurés.

Mais selon moi, cela illustre d’emblée, je dirai même la mort future de la CEDEAO. La CEDEAO s’est tirée une balle dans le pied depuis quelques années, car elle était infiltrée par des fonctionnaires des Etats qui violent les principes de l’Etat de droit. La Guinée en est un, Alpha Condé a beaucoup œuvré pour affaiblir la CEDEAO à travers la corruption et l’envoi de fonctionnaires au sein de l’institution pour l’affaiblir.

Je crois qu’en Guinée on ne peut pas compter sur la CEDEAO pour mener la lutte légitime pour instaurer un Etat de droit réel et une démocratie réelle. D’ailleurs, toutes les luttes progressistes et pour les valeurs dans les nations, historiquement ont été menées sur le plan intérieur. Donc les Guinéens que nous sommes, que ce soit la classe politique, la bonne société civile, les bons syndicats, les bons citoyens doivent prendre la mesure de la situation dans notre pays et s’organiser en conséquence pour pouvoir faire face à cette dictature qui est en train de s’installer dans notre pays.

Lorsque vous coupez la langue aux citoyens, lorsque vous privez les citoyens de la liberté de s’exprimer sur les affaires nationales, lorsque vous fermez des médias de façon flagrante, extraordinaire, illégale et arbitraire, je pense que c’est des signaux qui montrent que si on ne s’organise pas, demain on n’aura que nos yeux pour pleurer.

A vous entendre c’est comme si comprenez le Mali Niger et Burkina Faso qui ont quitté la CEDEAO pour créer l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ?

Oui, je leur donne raison. Personnellement, je l’avais dit dans notre lutte contre le 3ème mandat. Nous avions dénoncé le laxisme, le suivisme et la fuite de la CEDEAO vis-à-vis de ses responsabilités en Guinée. D’ailleurs, la sortie de ces trois Etats est la suite logique de la déliquescence et l’irresponsabilité de la CEDEAO. Attendons-nous demain à ce d’autres pays quittent parce que la CEDEAO ne peut pas faire l’affaire de la démocratie et de l’Etat de droit. Les fonctionnaires qui y sont et même certains chefs d’Etat n’ont pas le gabarit réel pour défendre le droit. Et quand une organisation quelle qu’elle soit arrive à ce stade, attendez à sa mort certaine et future.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 10 juillet 2024 11:10

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: , , ,