Abdoul Sacko répond au Premier ministre : « Nous jouirons de nos droits sans enfreindre la loi… »

CONAKRY-Malgré les avertissements du Premier Ministre, les forces vives restent inflexibles. Droit dans ses bottes, ce bloc qui rassemble des coalitions politiques et des organisations de la société civile, maintient sa journée ville morte prévue le 12 août 2024 dans le grand Conakry.

Toutefois, le Coordinateur National des Forces Sociales, membre des Forces Vives se montre préoccupé par la dernière sortie du premier ministre, Bah Oury au sujet des manifestations en Guinée. Abdoul Sacko a répondu question d’Africaguinee.com.

AFRICAGUINEE.COM : Comment réagissez-vous aux propos du premier ministre Bah Oury sur instigateurs de violences lors des manifestations ?

ABDOUL SACKO : La sortie du Premier ministre est révélatrice d’une forme de maladie chronique dont souffre notre pays. C’est-à-dire que les gens semblent être du côté du droit et de la loi quand ils sont à l’état libre, mais une fois qu’ils ont la responsabilité et toute la possibilité d’exercer une autorité, ils passent totalement à côté de la plaque. Nous prions et nous souhaitons vraiment que sa volonté d’exprimer l’autorité de l’Etat soit dans le sens de la loi mais aussi de la légalité.

Nous, au niveau des forces vives, nous nous inscrivons totalement dans le respect de la loi et de la jouissance de nos droits reconnus par la loi y compris la charte promulguée par les autorités actuelles. Nous estimons que ce message du premier ministre doit être beaucoup plus adressé à l’Etat.

Voulez-vous dire que vous craignez des violences lors de vos manifestations ?  

Nous, nous appelons à une journée ville morte. Et la ville morte veut dire que chacun n’a qu’à rester chez soi et observer cette journée. Mais si toutefois le premier ministre a connaissance de la préparation d’autres situations, je pense qu’il en tirera l’entièreté de la responsabilité.

Mais cette mentalité de défiance et cette logique d’adversité à tout égard face aux défis de rassemblement des Guinéens nous préoccupe beaucoup. Et nous demandons réellement qu’est-ce qu’ils sont en train de faire ? Comment perçoivent-ils la gestion de l’Etat ? Est-ce qu’ils ont eux-mêmes cette notion dans son sens large qui consiste à travailler dans le strict respect des lois et des règlements et également dans le respect des droits ? Aujourd’hui cette mentalité de défiance nous préoccupe vraiment.

Maintenant c’est à l’Etat de jouer sa part de responsabilité, nous, nous jouons la nôtre qui consiste à informer, à alerter. Nous avons proposé des schémas de dialogue, des schémas de gestion de la transition. Donc, nous ne pouvons faire mieux.

Le reste revient maintenant à l’Etat de travailler à ce que chaque Guinéen puisse jouir de son droit en respectant ses devoirs. De notre côté, nous allons travailler dans les limites de la loi, nous allons jouir de nos droits sans pour autant enfreindre la loi de quelque manière que ce soit.

A suivre !

Entretien réalisé par Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 666 134 023

Créé le 10 août 2024 11:45

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