Marche civilo-militaire à Conakry: « Cela prouve que l’armée et la population sont très proches », selon le général Ibrahima Sory Bangoura
CONAKRY-À travers une marche civilo-militaire organisée ce samedi 31 octobre 2026, l’armée guinéenne s’est associée à la campagne de sensibilisation et de lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus. Cette mobilisation intervient à moins de 24 heures de la célébration du 68e anniversaire de la création des Forces armées guinéennes.
La marche a mobilisé des représentants de différents corps des forces de défense et de sécurité, aux côtés de nombreux civils. Elle s’est déroulée de l’esplanade du stade du 28-Septembre jusqu’au Parc urbain de Conakry, dans un esprit de solidarité entre les forces armées et les populations.

Une mobilisation inscrite dans la Semaine du soldat
Pour le chef d’état-major général des armées, le général Ibrahima Sory Bangoura, cette marche revêt un caractère particulier en raison de sa coïncidence avec la campagne Octobre Rose.
« Cela prouve à suffisance que l’armée et sa population sont très proches. C’est une marche de solidarité qui va dans le sens de l’objectif visé par le chef de l’État, qui veut toujours que sa population soit dans la cohésion », a-t-il déclaré, appelant à maintenir cet engagement au-delà du mois d’octobre.

De son côté, le directeur de l’Information et des Relations publiques des armées (DIRPA), Ansoumane Toumany Camara, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une série d’activités organisées à l’occasion de la Semaine du soldat.
Il a notamment évoqué les opérations d’assainissement menées à Conakry et à l’intérieur du pays, les consultations médicales gratuites dans les structures sanitaires des forces armées, ainsi que les séances de sensibilisation consacrées au cancer du sein dans les casernes et garnisons militaires.
Selon lui, ces activités traduisent la volonté de l’institution militaire de rester proche des populations et de contribuer à leur bien-être.

La Semaine du soldat doit prendre fin ce dimanche 1er novembre, date anniversaire de la création des Forces armées guinéennes, avec un concert prévu au camp Samory, à l’intention des civils, militaires et paramilitaires.
Présent à cette mobilisation, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Kaïté Sall, a souligné la portée symbolique de cette initiative, qui associe la clôture d’Octobre Rose à la Semaine nationale du soldat.

« Cette marche civilo-militaire porte un message fort, celui d’une nation unie autour de la santé et du bien-être de ses populations », a-t-il déclaré, saluant la présence des forces de défense et de sécurité aux côtés des femmes, des jeunes et des professionnels de santé.
Au-delà de cette mobilisation, le ministre a annoncé deux perspectives importantes dans la lutte contre les cancers féminins en Guinée. Il s’agit notamment de l’introduction du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) en 2027, pour prévenir le cancer du col de l’utérus, ainsi que de la poursuite du processus de finalisation du projet de construction d’un centre de cancérologie à Conakry.
« Nous voulons que chaque femme guinéenne puisse accéder à l’information, au dépistage précoce et à une prise en charge de qualité sur nos territoires, car le cancer détecté tôt offre de meilleures chances de guérison », a insisté Kaïté Sall.
L’OMS alerte sur l’ampleur des cancers féminins
La gravité de ces pathologies a également été rappelée par le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Guinée, le Dr Jean-Marie Kipela. Selon lui, la fin du mois d’Octobre Rose ne doit pas marquer un ralentissement des efforts de prévention et de prise en charge.
« Le cancer du sein ou du col de l’utérus n’a pas de trêve. Cet engagement doit se poursuivre tout au long de l’année », a-t-il prévenu.
Pour illustrer l’ampleur du problème, le représentant de l’OMS a indiqué qu’en 2024, environ 2,4 millions de femmes avaient été diagnostiquées d’un cancer du sein dans le monde, avec 694 000 décès. Concernant le cancer du col de l’utérus, il a évoqué environ 694 000 nouveaux cas et près de la moitié des femmes touchées décédées.
Il a également attiré l’attention sur la situation guinéenne, où environ dix femmes sont diagnostiquées d’un cancer du sein chaque jour, selon les chiffres qu’il a communiqués.

Pour inverser cette tendance, l’OMS préconise notamment le dépistage précoce, un diagnostic à des stades moins avancés et un accès effectif aux traitements. S’agissant du cancer du col de l’utérus, l’organisation recommande la vaccination des jeunes filles âgées de 9 à 14 ans contre le HPV, ainsi que le dépistage et le traitement des lésions précancéreuses.
Le Dr Jean-Marie Kipela a par ailleurs rappelé que l’OMS accompagne la Guinée dans la mise en œuvre de son plan stratégique de lutte contre le cancer, avec notamment l’intégration des interventions de prévention et de prise en charge dans les soins de santé primaires.
Nous y reviendrons !
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 31 octobre 2026 15:39Nous vous proposons aussi
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