Modernisation de l’État, croissance inclusive : « Nous avons aussi une responsabilité d’aider la Guinée », dit le chef de l’ONU à Conakry

CONAKRY-Face aux crises géopolitiques et climatiques contemporaines, le système des Nations Unies en Guinée a réaffirmé, par la voix de Diego Zorrilla, l’urgence de restaurer la confiance internationale à travers des actions concrètes et une réforme profonde des institutions mondiales.

Le diplomate s’exprimait à l’occasion Journée des Nations Unies, marquant l’anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte fondatrice de l’organisation, le 24 octobre 1945 célébrée, ce mercredi 28 octobre 2026.

La cérémonie, organisée au lac Gbassikolo, à Conakry, s’est tenue autour du thème : « Restaurer la confiance, gérer les transformations : une organisation des Nations Unies au service de tous ». Elle a réuni des membres du Gouvernement guinéen et de nombreux diplomates.

« Restaurer la confiance exige des actions »

Dans son intervention, Diego Zorrilla a rappelé que les Nations Unies demeurent une organisation au service de l’ensemble de l’humanité, malgré les crises qui fragilisent l’ordre international.

« Les Nations Unies sont une réalité qui appartient à toutes et à tous », a-t-il déclaré, soulignant l’importance des principes consacrés par la Charte fondatrice.

Évoquant les tensions géopolitiques, la multiplication des conflits meurtriers, les crises climatiques et les inégalités persistantes, le diplomate a interrogé la capacité de l’organisation à répondre aux défis contemporains.

« Est-ce que notre organisation, fondée en 1945 pour préserver la paix, promouvoir le développement et défendre les droits humains, est à même de relever les défis de notre temps ? », s’est-il interrogé.

Pour lui, restaurer la confiance dans les institutions internationales suppose des réformes concrètes, notamment au sein du Conseil de sécurité.

Diego Zorrilla a insisté sur la nécessité d’une représentation plus importante de l’Afrique dans cet organe, estimant que le poids démographique et politique du continent justifie une place renforcée dans les instances décisionnelles mondiales.

« L’Afrique, avec plus d’un quart des États membres et plus d’un milliard d’habitants, est unie à demander une représentation renforcée au sein du Conseil, et c’est aussi la voie de la Guinée », a-t-il affirmé.

Il a également évoqué les réformes internes engagées par les Nations Unies pour rendre leurs agences, fonds et programmes plus cohérents et plus efficaces. Selon lui, ces changements doivent permettre de mieux répondre aux besoins des populations, sans remettre en cause les principes fondamentaux de l’organisation.

« Les principes de la Charte demeurent d’une actualité remarquable », a-t-il souligné, citant la paix, la justice, les droits humains et le développement. Il a également fait référence à la Charte de Kouroukan Fouga, proclamée en 1236, comme témoignage des aspirations anciennes des sociétés ouest-africaines à des principes communs.

La contribution historique de la Guinée saluée

Le coordonnateur résident a rendu hommage au rôle historique de la Guinée dans l’émancipation africaine et la promotion du panafricanisme. Il a rappelé que le choix de l’indépendance en 1958 avait contribué à renforcer les aspirations des peuples africains à la souveraineté, à la dignité et à la liberté.

Il a notamment cité Diallo Telli, premier secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine, et Jeanne Martin Cissé, première femme à présider le Conseil de sécurité des Nations Unies, parmi les personnalités guinéennes ayant marqué la diplomatie internationale.

Diego Zorrilla a également salué la participation de la Guinée aux opérations de maintien de la paix et son engagement au sein des organisations régionales, notamment l’Union africaine, la CEDEAO et l’Union du fleuve Mano.

Sur le plan des droits humains, il a rappelé qu’en 2025, lors de son quatrième Examen périodique universel devant le Conseil des droits de l’homme, la Guinée avait accepté 246 des 257 recommandations formulées à son endroit. Il a salué l’adoption récente d’une stratégie nationale de suivi et de mise en œuvre des recommandations des mécanismes internationaux des droits de l’homme.

Le diplomate a aussi évoqué la présentation, en juillet, du troisième rapport volontaire national de la Guinée sur les Objectifs de développement durable devant le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC).

Croissance économique : « Les inégalités restent sévères »

Abordant la situation du pays, Diego Zorrilla a estimé que la Guinée traversait une période déterminante, marquée par des transformations institutionnelles et des perspectives économiques importantes, notamment avec le programme Simandou 2040.

Il a toutefois appelé à accorder une attention particulière aux conditions de vie des populations. Les données du recensement et de l’enquête démographique et de santé publiées en 2026 mettent en évidence, selon lui, un pays jeune, disposant d’un potentiel démographique important, mais confronté à des défis sociaux persistants.

« Elles montrent un pays jeune, un pays en croissance capable de profiter du dividende démographique, mais aussi un pays où les indicateurs sociaux restent très en deçà des attentes de la population, avec des inégalités sévères et où la croissance mérite d’être diversifiée », a-t-il relevé.

Pour le responsable onusien, la modernisation de l’État et la croissance économique doivent se traduire par une amélioration tangible du développement humain.

« Nous avons aussi une responsabilité générationnelle d’aider la Guinée sur les rails de la modernisation de l’État et de la croissance inclusive, pour accroître le développement humain sans laisser personne pour compte », a-t-il déclaré.

Le système des Nations Unies entend poursuivre son accompagnement du pays. Diego Zorrilla a indiqué que les 24 entités onusiennes présentes en Guinée mobilisaient environ 560 fonctionnaires à Conakry et dans le reste du territoire.

Leur action porte notamment sur le développement du capital humain, la diversification économique, la création d’emplois, l’inclusion sociale et la protection de l’environnement. Il a également mis l’accent sur la participation des femmes et des jeunes ainsi que sur le développement local.

À ce titre, il s’est félicité de l’approbation du Programme de développement local (PRODEL), inscrit dans le cadre de Simandou 2040 et élaboré avec la participation de plusieurs agences des Nations Unies.

« Face à ces réalités, les Nations Unies continueront d’être un partenaire fiable, engagé et à l’écoute des priorités de la République de Guinée », a-t-il assuré.

Nous y reviendrons !

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 29 octobre 2026 08:32

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