De 350 millions à 2,5 milliards de dollars d’ici 2040: Dr Karamo Kaba dévoile les revenus attendus du Projet Simandou
CONAKRY – Les revenus que l’État guinéen pourrait tirer du projet minier Simandou devraient connaître une forte progression au cours des prochaines années. Selon le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, ils sont estimés à 350 millions de dollars en 2026 et pourraient atteindre 2,5 milliards de dollars à l’horizon 2040.
Combiné au programme présidentiel de Mamadi Doumbouya, le projet Simandou représente une opportunité majeure pour l’économie guinéenne, a souligné le gouverneur de la BCRG, en mettant en avant les perspectives de croissance des revenus miniers et les défis liés à leur gestion.
« Nous avons un projet et un programme structurants, Simandou, qui constituent une réelle opportunité pour notre pays », a-t-il déclaré.
Selon Dr Karamo Kaba, les retombées financières de ce projet devraient augmenter progressivement. « En 2026, nous attendons environ 350 millions de dollars de revenus issus de ce projet », a-t-il annoncé.
Ces recettes devraient ensuite croître pour atteindre environ 1,5 milliard de dollars par an pour l’État guinéen. « Nous atteindrons les alentours de 2,5 milliards de dollars d’ici 2040 », a-t-il ajouté.
Pour mesurer l’ampleur de ces perspectives, le gouverneur de la BCRG a établi une comparaison avec les revenus générés par les autres projets miniers en activité dans le pays. Selon lui, ceux-ci rapportent actuellement environ 500 millions de dollars à l’État.
« Par conséquent, le projet Simandou, à lui seul, dès sa première année, rapportera autant que tous les autres projets miniers réunis aujourd’hui au pays. C’est un élément capital à garder en mémoire », a souligné Dr Karamo Kaba ce mercredi en marge de la clôture de la 5ème du forum économique et commercial entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre.
Gestion des flux financiers et maîtrise de l’inflation
L’afflux de revenus attendu du projet Simandou représente également un défi pour les autorités monétaires. Le gouverneur de la BCRG a insisté sur la nécessité de gérer rigoureusement ces ressources afin d’éviter d’éventuelles pressions inflationnistes.
« Si nous ne gérons pas bien cet afflux de liquidités, cela peut déboucher sur de l’inflation. Notre rôle au niveau de la Banque centrale est précisément de veiller à la stabilité des prix », a-t-il expliqué.
Selon son analyse, l’inflation en Guinée est en grande partie importée. Le taux d’inflation global est ainsi passé de 3 % à 6 %.
« Toutefois, l’inflation sous-jacente (cœur) se situe à environ 1 %. Cela signifie que si l’on exclut les éléments volatils, l’énergie et l’alimentation, il n’y a pas d’inflation interne en Guinée », a-t-il précisé.
Dans ce contexte, une hausse systématique des taux directeurs risquerait de pénaliser les agents économiques, alors que les pressions inflationnistes proviennent principalement de facteurs externes, notamment les tensions géopolitiques, le coût de l’énergie et des produits alimentaires ainsi que les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
« Nous avons donc maintenu notre taux directeur à 9,50 %, tout en restant vigilants : si l’afflux de liquidités génère des pressions inflationnistes, nous n’hésiterons pas à utiliser des mesures de stérilisation pour maintenir l’inflation sous contrôle », a indiqué le gouverneur.
Politique de change : renforcer les réserves et sécuriser les recettes
La stratégie monétaire de la BCRG repose également sur la stabilité du franc guinéen, un enjeu important pour attirer les investisseurs étrangers. Ces derniers doivent notamment pouvoir rapatrier leurs revenus dans des conditions satisfaisantes, selon Dr Karamo Kaba.
Le gouverneur a, par ailleurs, mis en avant la progression des réserves de change de la Guinée.
« Nos réserves sont passées en un an de 1,5 milliard de dollars à 4,5 milliards de dollars, ce qui couvre aujourd’hui environ cinq mois d’importations de biens et services. Nous ambitionnons d’aller au-delà à court terme », a-t-il déclaré.
La Banque centrale entend également veiller au respect des dispositions relatives au rapatriement des recettes d’exportation.
« Nous sommes particulièrement vigilants sur l’application de l’instruction exigeant le rapatriement de 50 % des recettes d’exportation pour renforcer notre position », a précisé Dr Karamo Kaba.
Diversification de l’économie et réformes financières
Malgré les perspectives de revenus liées à Simandou, le gouverneur de la BCRG estime que la Guinée restera une économie à dominante minière. Il appelle toutefois à mettre à profit les ressources générées par ce secteur pour accélérer la diversification économique.
« Toutefois, nous devons nous appuyer sur la force du secteur minier pour diversifier l’économie, les crédits alloués à l’agriculture restant aujourd’hui très faibles, à peine 3 % », a-t-il souligné.
Pour moderniser le système financier et remédier aux difficultés rencontrées par le passé, plusieurs réformes ont également été engagées, selon le gouverneur.
Parmi celles-ci figure la digitalisation des paiements. Dr Karamo Kaba a notamment cité la mise en place récente de Nimba Pay, présentée comme un outil destiné à fluidifier les transactions et à prévenir les pénuries de liquidités enregistrées par le passé.
La BCRG mise également sur la désintermédiation financière, qui vise à permettre aux entreprises d’accéder à des financements au-delà du système bancaire traditionnel, notamment à travers les marchés de titres en cours de mise en place.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 21 octobre 2026 18:50Nous vous proposons aussi
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