Koundara : le mauvais état de la route vers Kandika fait chuter les recettes douanières

KOUNDARA – La dégradation de la route nationale N°9, reliant Koundara au poste frontalier de Kandika, à la frontière avec la Guinée-Bissau, affecte lourdement les activités économiques et la mobilisation des recettes douanières. Depuis plus de vingt jours, de nombreux camions sont immobilisés sur cet axe en raison de la boue, perturbant les échanges commerciaux et pénalisant les opérateurs économiques.

Longue d’environ 42 kilomètres, cette route transfrontalière est aujourd’hui fortement dégradée. Les fortes pluies enregistrées ces dernières semaines ont considérablement endommagé la chaussée, rendant la circulation extrêmement difficile, voire impossible par endroits.

Cette situation perturbe toute la chaîne logistique. Transporteurs, commerçants et autres acteurs économiques subissent de plein fouet les conséquences de cette paralysie, qui affecte également les activités de l’administration douanière.

« Cela affecte négativement la mobilisation et la sécurisation des recettes », déplore le colonel Amara Camara, directeur préfectoral des douanes de Koundara, cité par la RTG.

Évoquant l’impact des pluies sur les recettes douanières, il a expliqué : « Nous avons constaté que la baisse des recettes est passée de 110 % à 15 %. C’est une marge différentielle très élevée. À chaque fois que la pluie est abondante, l’administration des douanes perd en recettes. »

Un corridor économique stratégique menacé

La route reliant Koundara à Kandika constitue un axe stratégique pour les échanges commerciaux entre la Guinée et la Guinée-Bissau. Sa dégradation menace non seulement les activités économiques locales, mais aussi la fluidité des échanges transfrontaliers et la mobilisation des recettes publiques.

L’importance économique des frontières de Koundara avait également été soulignée par le ministre des Transports de l’époque, alors porte-parole du gouvernement, lors d’une conférence de presse organisée en juillet dernier. Ousmane  Gaoual Diallo avait déclaré que « les recettes les plus importantes pour l’État après le port de Conakry sont générées par les frontières de Koundara ».

Face à cette situation préoccupante, le préfet de Koundara, Charles Kolipé Lamah, lance un appel pressant aux autorités nationales en faveur d’une intervention urgente.

« Je lance un message pressant au gouvernement, en passant par monsieur le ministre des Infrastructures, afin de venir en aide à cette population », a plaidé l’autorité préfectorale.

Selon des sources locales, les derniers travaux de reprofilage de cet axe routier remonteraient à plusieurs décennies. Une situation qui renforce les préoccupations des usagers et des acteurs économiques, dans l’attente d’une réhabilitation durable de cette liaison frontalière.

Ahmed Tounkara

Pour Africaguinee.com

Créé le 17 octobre 2026 09:37

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